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ANALYSE - La panique libertarienne face à la volonté de l’État français d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs est injustifiée. Il est urgent de sauver les générations futures d’une drogue qui leur pourrit le cerveau.
L’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs pave-t-elle la voie à un enfer dystopique et totalitaire où il faudrait désormais un « pass numérique » pour s’exprimer sur les réseaux sociaux ? C’est ce que certains redoutent, notamment à droite, après que l’Assemblée nationale a voté un texte instaurant une limite d’âge sur les réseaux sociaux à la quasi-unanimité.
Rappelons d’abord à quelle urgence répond ce texte : la mise en péril du cerveau de nos jeunes par des applications dont l’objectif premier est de créer une dépendance et qui ont des conséquences sociales et sanitaires dramatiques. Les travaux du journaliste américain Jonathan Haidt auteur de Génération anxieuse l’ont bien montré : à partir de 2010 et de la généralisation des réseaux sociaux, quelque chose a changé dans la santé mentale des jeunes. Les troubles anxieux et dépressifs ont explosé : +145 % de cas de dépression majeure chez les adolescentes américaines depuis 2010 ; +161 % pour les jeunes hommes ; +140 % chez les jeunes adultes de 18 à 35 ans depuis 2010. Les quatre dégâts fondamentaux causés par le smartphone sont : la privation sociale (les jeunes voient moins physiquement leurs amis), le manque de sommeil (en moyenne, les adolescents dorment 7 h, ce qui n’est pas assez pour la construction de leur cerveau), la fragmentation de l’attention et l’addiction. « Les jeunes de la génération Z sont les premiers de l’histoire à traverser la puberté avec…


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