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Washington a averti jeudi l'Europe qu'il était « dans son intérêt » d'agir de concert avec les États-Unis sur la question de la disponibilité des carburants.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 20:26 | mis à jour aujourd'hui à 22:00 - Temps de lecture :
Washington a averti ce jeudi l'Europe qu'il était « dans son intérêt » d'agir de concert avec les États-Unis sur la question de la disponibilité des carburants, Bruxelles rétorquant que des restrictions sur l'export de gazole seraient « une mauvaise surprise ». « Il est dans l'intérêt de l'Europe de travailler avec les États-Unis au moment où nous explorons de multiples pistes pour doper l'offre de produits raffinés et réduire les coûts pour les consommateurs », a déclaré un responsable américain.
D'après des informations de presse, le gouvernement Trump voudrait que des pays européens, notamment la France et l'Allemagne, mettent sur le marché du diesel (gazole) prélevé sur leurs réserves stratégiques, pour tenter de contenir l'envolée du prix de ce carburant. Il menacerait d'interdire l'exportation de gazole américain dans le cas contraire. Barrer la route aux livraisons de ce carburant utilisé notamment dans le transport et l'agriculture serait une « mauvaise surprise », a réagi le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic. S'exprimant en marge du G20 Commerce organisé aux États-Unis, il a prévenu des « conséquences très lourdes » pour l'économie européenne qu'aurait une telle interdiction, sans toutefois confirmer que Washington avait bien formulé une telle menace. Le haut responsable a souligné que les prix élevés à la pompe étaient « un sujet sensible pour les citoyens des deux côtés de l'Atlantique », appelant lui aussi à « travailler ensemble pour faire baisser les prix ».
D'après des informations de presse, le gouvernement Trump voudrait que des pays européens, notamment la France et l'Allemagne, mettent sur le marché du diesel (gazole) prélevé sur leurs réserves stratégiques. Photo Sipa/Syspeo
Réunion du G7
« Vous entendrez bientôt des annonces de nos amis européens à propos de nouvelles quantités de diesel qui vont arriver sur le marché et vont faire nettement baisser les prix », avait assuré le veille le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, à la Maison Blanche. Interrogée sur une éventuelle exigence de Washington sur les stocks stratégiques, assortie d'une menace concernant les exportations américaines, la présidence française s'est bornée à répondre qu'une telle demande n'avait pas été « formulée » lors de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Emmanuel Macron la semaine dernière en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
Le chef de l'État français doit par ailleurs organiser « prochainement une réunion par visioconférence des dirigeants du G7 » pour évoquer notamment « la coordination sur la libération des stocks au niveau du G7 en lien avec l'Agence internationale de l'énergie », a souligné l'Élysée. Emmanuel Macron avait annoncé le 18 septembre son intention de réunir le G7 sur ce sujet. Cette réunion est envisagée d'ici la mi-octobre. En station-service, le prix du gazole dans l'Union européenne a atteint un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre, selon une compilation des données nationales publiées jeudi par la Commission européenne. Son coût a grimpé jusqu'à 6,53 dollars le gallon (3,78 litres) aux États-Unis fin septembre, un plus haut historique, selon les données de l'association automobile américaine.
La Maison Blanche cherche par tous les moyens à contenir cette flambée, causée par une perturbation de l'offre de ce carburant du fait de la guerre au Moyen-Orient et du conflit en Ukraine. Le président Trump - qui s'en est pris à Kiev pour ses attaques contre les raffineries russes - s'était brièvement dit favorable à une interdiction temporaire des exportations de diesel américaines, réclamée par certains élus de son camp. Il n'a pas redit récemment son soutien à une telle mesure, jugée risquée par certains de ses conseillers, mais n'a pas non plus levé explicitement la menace.
Une réunion de coordination des pays de l'UE vendredi matin
Par ailleurs, la Commission européenne organise une réunion vendredi matin avec les pays membres de l'UE afin de coordonner leur réponse face à l'envolée des prix de l'énergie, a indiqué une porte-parole de l'exécutif européen jeudi soir. Bruxelles n'a pas précisé si la réunion de vendredi visait spécifiquement à répondre à la demande américaine.
Emmanuel Macron avait annoncé le 18 septembre son intention de réunir un G7 sur l'énergie, afin notamment de « reconsidérer les options de libération potentielle de stocks stratégiques ». Cette réunion est envisagée d'ici la mi-octobre. Jeudi, le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, a échangé avec les autorités françaises, allemandes, italiennes, irlandaises, mais aussi britanniques à propos des prix du gazole. « Le marché du diesel est actuellement très tendu, ce qui se traduit par des prix élevés pour les consommateurs du monde entier », souligne la Commission européenne.
Bruxelles « travaille en étroite coordination avec les États membres de l’UE » afin « d’étudier les mesures appropriées pour remédier à ces prix élevés », a ajouté la porte-parole, Anna-Kaisa Itkonen.
« Ces discussions associeront également l’Agence internationale de l'énergie, qui avait coordonné une action collective » de libération de stocks stratégiques de pétrole en mars dernier, a rappelé la Commission.


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