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Alors que la mobilisation lycéenne s’accompagne d’un nombre grandissant de violences et de dégradations, le gouvernement accuse LFI d’être à l’origine du mouvement. Les insoumis dénoncent une stratégie du bouc émissaire et renvoient l’exécutif à ses responsabilités.
Jean-Michel Lahire - Aujourd'hui à 21:10 | mis à jour aujourd'hui à 21:17 - Temps de lecture :
Haro sur La France insoumise (LFI). Pris par surprise par un mouvement lycéen que personne n’avait anticipé, le bloc central et la droite ont accusé ce jeudi le parti de Jean-Luc Mélenchon de souffler sur les braises, quand ce n’est pas d’avoir orchestré ce que le gouvernement qualifie désormais de « violences urbaines ». À l’issue d’une cellule de crise, Matignon a dénoncé « une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultragauche », assurant que les services de renseignement partageaient la même analyse.
« J’aurai aussi vu ça dans ma vie : le premier mouvement de masse convoqué par télépathie. Puisqu’il n’y a ni tract, ni discours, ni appel […] du moindre insoumis à se mettre en mouvement dans un lycée », a ironisé Jean-Luc Mélenchon, alors que Manuel Bompard accusait le gouvernement de sombrer « dans le complotisme et dans l’infantilisation des lycéens ». « Ce mouvement spontané est né d’une exaspération face à des conditions d‘éducation absolument indignes, conséquence des politiques gouvernementales. Le véritable responsable se trouve donc à Matignon », a ajouté le coordinateur de La France insoumise.
Du député Louis Boyard à Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, plusieurs élus insoumis sont allés ces derniers jours à la rencontre des lycéens mobilisés pour appuyer leurs revendications et parfois s’interposer entre les jeunes et les forces de l’ordre - un soutien interprété par le gouvernement, la droite et l’extrême droite comme un encouragement à la violence, alors que se multiplient depuis trois jours les images de dégradations commises en marge des blocages. « Il ne s’agit plus aujourd’hui de contestations lycéennes. Il s’agit d’émeutes organisées par des professionnels et encadrées par des députés de La France insoumise », a dénoncé au Rassemblement national (RN) Marine Le Pen. Même son de cloche chez Les Républicains (LR), dont le président Bruno Retailleau a même réclamé la dissolution du parti.
Du député Louis Boyard au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko (ici sur la photo), plusieurs élus insoumis sont allés ces derniers jours à la rencontre des lycéens mobilisés Photo Sipa/Frederic Munsch
Appels à la retenue à gauche
À gauche, ce sont surtout les images de violences policières qui ont fait réagir les responsables politiques, unanimes à appeler à l’apaisement et à la retenue. Le Défenseur des droits a ouvert ce jeudi une enquête à la suite des graves blessures infligées lundi à un mineur à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), compatibles avec un tir de LBD selon le procureur. « Il est cruel que des mobilisations qui réclament des moyens pour le service public et de bonnes conditions d‘étude se voient opposer de la violence d’État. Cette répression totalement disproportionnée doit cesser et des discussions sérieuses être engagées », a fustigé l’écologiste Marine Tondelier, rappelant que manifester est un droit. « La colère lycéenne et le malaise dans l’éducation nationale ne se régleront pas à coups de matraques, de tir de LBD et en laissant dégénérer la situation », a renchéri Olivier Faure, invitant le gouvernement à recevoir en urgence les syndicats lycéens et les enseignants pour « apporter des réponses ».
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait annoncé mercredi l’ouverture prochaine d’une « plateforme de concertation » avec les lycéens. Il a demandé ce jeudi que les cours soient assurés à distance dans tous les établissements où « des dégradations ou des blocus empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité ».


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