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Cela fait deux ans en septembre que le gouvernement a reconnu que la violence entre partenaires intimes est une épidémie en Nouvelle-Écosse. Les intervenants du milieu, ainsi que le gouvernement, s’entendent pour dire qu’il faut poursuivre les efforts.
Le projet de loi pour reconnaître officiellement l’épidémie avait été adopté à l’unanimité par les députés de la province le 12 septembre 2024.
Cela faisait suite à une recommandation de la Commission des pertes massives après la tuerie d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse.
Je pense que c'était nécessaire. Je pense que c'est un pas important dans la bonne direction, mais je ne veux pas que nous en restions là, affirme Kylee Nunn, gestionnaire de programmes à la Société Elizabeth Fry.
Cet organisme a pour mandat de briser les cycles de criminalisation et de venir en aide à ceux qui sont en situation de vulnérabilité ou qui sont criminalisés.

Kylee Nunn affirme qu'il faut miser davantage sur la prévention de la violence conjugale et fondée sur le genre.
Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet
Kylee Nunn affirme qu’un nombre important de femmes qui viennent cogner aux portes de l’organisme sont des victimes de violence fondée sur le genre.
Au niveau de la société, il existe encore beaucoup d'attitudes négatives, à l'égard du sujet de la violence liée au genre. Cela continue d'être considéré, vous savez, comme quelque chose d'assez anodin et non comme un problème grave par de nombreuses personnes au sein de nos communautés, déplore Kylee Nunn.
Madeline Lamboley, titulaire de la Chaire de recherche du Canada - violence sexuelle, prévention et intervention et professeure à l’Université de Moncton, affirme que la sensibilisation est le nerf de la guerre, surtout à l’époque actuelle.
On le voit avec les réseaux sociaux en ce moment où il y a beaucoup de théories masculinistes, ça déborde. On le sait, ça prend 20 minutes pour qu'un jeune garçon soit exposé à des discours masculinistes. Donc, il faut vraiment renverser la vapeur, dit-elle. Il faut [les] sensibiliser au fait qu'on a besoin d'avoir des relations saines et égalitaires.
Des mesures concrètes
Entre octobre 2024 et mars 2025, sept femmes et un homme ont été tués lors d’incidents de violence entre partenaires intimes, selon le gouvernement de la Nouvelle-Écosse.
C'est un problème qui touche l'ensemble de la société. C'est certainement le cas ici, en Nouvelle-Écosse. Ce problème y est disproportionné et exacerbé, indique Leah Martin, ministre chargée du Conseil consultatif sur le statut de la femme.
Ce problème n'est pas apparu du jour au lendemain et ne sera pas résolu du jour au lendemain, mais nous continuerons bien sûr à y travailler.
Elle rappelle certaines mesures prises au cours des dernières années par son gouvernement, qui a légiféré pour que les personnes qui fuient une situation de violence familiale ou conjugale puissent prendre cinq jours de congé payé, donc deux jours de plus qu’auparavant.
Le gouvernement progressiste-conservateur a aussi renforcé la durée maximale des ordonnances de protection d’urgence et adopté un amendement de la loi sur la location résidentielle pour obliger un propriétaire à conclure un nouveau bail aux mêmes conditions et à changer les serrures si un locataire met fin au bail en raison de violence conjugale.
Ça fait aussi un an que la province a établi une table ronde avec des survivants ainsi que des intervenants du milieu afin que leur expérience puisse guider le gouvernement.

La ministre Leah Martin le 25 septembre 2026.
Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez
La ministre Leah Martin reconnaît qu’il reste du travail à faire, notamment au niveau de la prévention.
Grâce à un investissement de 115 millions $ actuellement alloué à l’échelle du gouvernement, nous nous efforçons de mettre en œuvre des mesures de prévention par le biais de l'éducation, dit-elle.
C'est important qu'on reconnaisse les investissements, affirme Ann de Ste Croix, directrice de l’Association des maisons de transition de la Nouvelle-Écosse. Mais en même temps, déclarer une épidémie crée une responsabilité de poursuivre le travail. Alors il faut vraiment regarder si les personnes obtiennent de l'aide à temps, si elles peuvent trouver un logement sécuritaire et si les différents services travaillent bien ensemble.

Ann de Ste Croix, directrice de l’Association des maisons de transition de la Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Paul Légère
Je dirais oui, on voit de bons changements, mais il reste toujours du travail, dit-elle.
Kylee Nunn abonde dans le même sens.
Tant que nous ne serons pas en mesure de consacrer davantage d'efforts, de moyens financiers et de soutien à la prévention et aux initiatives en la matière, j'ai le sentiment que nous continuerons à constater une augmentation du nombre de cas et des problèmes liés à la violence fondée sur le genre dans nos communautés, conclut-elle.


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