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Environnement Canada cessera la diffusion de ses bulletins Radiométéo

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Environnement et Changement climatique Canada mettra fin à son réseau national Radiométéo dès le 16 mars 2026. L'agence fédérale justifie l'abandon de ce service par l'expansion de la couverture cellulaire et des données satellites.

Ce service, qui diffuse en continu des prévisions automatisées, sert actuellement à 90 % de la population canadienne. Le réseau, né en 1976 et modernisé en 2004, coûte annuellement 4 millions de dollars ; sa désactivation finale nécessitera un investissement de 2,5 millions sur deux ans.

Obtenir des renseignements météo en temps réel est aujourd'hui bien plus simple qu'au lancement du réseau Radio-Météo, il y a 50 ans.

La technologie soutenant ces deux plateformes est devenue obsolète, a justifié un porte-parole d’Environnement Canada.

Ce dernier invoque l’explosion des coûts et des défis de maintenance pour expliquer cet arrêt.

En prévision de la déconnexion permanente de Radiométéo, l'agence invite désormais les Canadiens à utiliser l'application mobile MétéoCAN.

Toutefois, les navigateurs pourront continuer de compter sur la Garde côtière canadienne, qui a confirmé le maintien de ses propres bulletins radio maritimes pour les plaisanciers et les transporteurs commerciaux.

Outre Radiométéo, Environnement Canada débranchera également son service téléphonique Bonjour Météo, lancé en 2021.

Un service de sauvetage

Au-delà de la portée du réseau cellulaire, de nombreux excursionnistes disent ne plus pouvoir se passer de Radiométéo.

En 2023, Roger et Susanne Couture en ont fait l'expérience durant une traversée de plusieurs jours en canot dans la baie Georgienne.

À mi-chemin, un changement de direction du vent et la formation de nuages à l'ouest ont alerté Roger sur l'imminence d'un changement des conditions.

La baie Georgienne, au coeur des Grands Lacs

La baie Georgienne se situe au coeur des Grands Lacs. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Bien qu’ils aient consulté les prévisions avant le départ, Roger Couture a insisté pour emporter une radio-météo. Cet ancien guide de canoë sait d'expérience que le temps peut basculer en un instant.

Sur les Grands lacs, la prudence est de mise, confie-t-il.

Nos craintes se sont confirmées : une perturbation approchait, et elle s'annonçait violente.

Les canoéistes ont rapidement levé le camp pour entamer une traversée de sept heures vers leur point d'attache. Lorsqu'ils ont enfin atteint la côte près de Killarney vers 21 h, les vents violents et la pluie s'abattaient déjà sur la région.

Roger Couture souligne qu'ils étaient privés de réseau cellulaire durant la majeure partie du trajet.

Il explique que même si les communications par satellite deviennent de plus en plus courantes, elles nécessitent encore largement des appareils coûteux et des forfaits de services mensuels.

Les fournisseurs de services mobiles canadiens commencent à déployer la technologie Direct-to-Cell, permettant de connecter les téléphones portables directement par satellite.

La société Rogers l'a mis à l'essai l'été dernier, exploitant les capacités des téléphones intelligents existants pour éliminer le besoin d'un appareil satellite séparé.

De son côté, Bell a franchi une étape majeure en octobre 2025 avec un premier appel vocal réussi, visant un lancement commercial en 2026.

Telus poursuit également ses tests intensifs pour généraliser cette connectivité.

Des inquiétudes ne manquent pas

Le capitaine Seann O’Donoughue, président du comité de navigation de l’International Ship Masters’ Association, regroupant des capitaines et officiers de marine marchande certifiés, s'inquiète du retrait progressif du service Radiométéo d’Environnement Canada.

Selon lui, cet abandon laisse craindre une éventuelle disparition des prévisions maritimes spécialisées.

Aucune source météorologique ne peut peindre un tableau complet à elle seule, explique-t-il.

En mer, il est crucial de connaître le temps présent, mais surtout d'anticiper les changements des jours à venir.

De son côté, Sean O’Hare, commodore du Little Current Yacht Club, observe que de nombreux plaisanciers privilégient désormais l'internet par satellite et les applications mobiles.

Bien qu'il reconnaisse que les zones sans couverture cellulaire se fassent plus rares, il précise : une fois sur l'eau, la vue est dégagée et la réception est généralement excellente.

Quant aux secteurs plus isolés, comme Temagami, la perte des tours Radiométéo pourrait être compensée par d'autres services de radiodiffusion, notamment Radio-Canada.

Selon des données de 2010, le réseau s'appuie sur 185 émetteurs, incluant des sites clés dans le Nord-Est de l’Ontario, comme Sudbury, North Bay et Timmins, ainsi que quatre stations couvrant le parc Algonquin.

Avec les informations de Warren Schlote de CBC

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