NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Choisir une destination ne se résume pas toujours au prix du billet ou à la météo. Pour certains voyageurs racisés ou queers, il faut aussi évaluer l’accueil et la sécurité auxquels ils peuvent s’attendre.
Je vais là où je serai bien accueillie en tant que femme noire.
Voilà ce que la sœur d’Abby Doumbouya, une Française d’origine sénégalaise établie à Toronto, lui répète chaque fois qu’elles discutent de voyage. Cette dernière ne choisirait pas non plus une destination sans consulter d’abord sa sœur ou, au besoin, s’inspire des expériences et conseils de voyageuses afro-descendantes sur Instagram.
Cela peut paraître fou de devoir se renseigner sur ça en 2026, mais j’ai envie d’aller dans un pays où je suis bien accueillie.
Abby, qui a parcouru presque tous les continents, y a vécu des expériences très différentes. À Phuket, en Thaïlande, des commerçantes, peu habituées à voir une femme afro-descendante, l’ont abordée pour l’interroger sur ses origines et lui ont demandé si elles pouvaient toucher sa peau.
Son partenaire blanc, témoin de la scène, était un peu décontenancé de les voir venir vers elle.

Abby Doumbouya garde de bons souvenirs de ses vacances à Phuket, en Thaïlande, où des commerçantes intriguées par la couleur de sa peau l’ont abordé avec gentillesse.
Photo : Avec l’autorisation d’Abby Doumbouya
Celle-ci en garde un bon souvenir. Ça a été hyper enrichissant parce qu’elles étaient vraiment gentilles, raconte-t-elle. J’ai aimé leur expliquer que mes parents venaient d’Afrique. Je leur parlais un petit peu de moi et de ma culture.
Mais au Monténégro, l’attention qu’on lui a portée lui a laissé une impression bien différente. Sur une plage, plusieurs hommes lui demandent de se prendre en photo avec elle.
Depuis, Abby porte une attention particulière aux premières réactions lorsqu’elle arrive quelque part.
Si on est un peu perçu comme une bête de foire et que tout le monde nous regarde, ça se sent [et] c’est surtout les personnes avec qui je voyage qui le ressentent plus.
Mes amis blancs n’ont pas forcément l’habitude de ce regard-là, observe-t-elle. C’est vraiment eux qui ressentent le plus le poids et la pression de ces regards extérieurs.

Sur les plages du Monténégro, plusieurs hommes ont approché Abby Doumbouya pour lui demander de prendre une photo avec eux. Une situation qu’elle ne souhaite pas revivre. (Photo d’archives)
Photo : Reuters / Stevo Vasiljevic
Abby affirme ne pas changer fondamentalement son comportement, mais reconnaît certains réflexes de protection. Je reste discrète, je me fonds dans la masse, explique-t-elle. Après son séjour au Monténégro, elle a également porté davantage attention aux vêtements qu’elle porte afin d’éviter de nouvelles demandes de photos.
Elle refuse néanmoins que ces précautions prennent toute la place. Je veux juste profiter. Je suis là pour passer du bon temps, insiste-t-elle.
L’idéal pour une identité, un risque pour une autre
Phoenyx Ahmed se définit comme une personne queer, trans non binaire, musulmane, Sud-Asiatique et réfugiée au Canada. Je suis aussi une personne grosse et cela compte beaucoup quand je voyage, ajoute-t-iel.
Le pronom iel, formé à partir des pronoms il et elle, est employé dans ce texte afin de refléter l’identité de genre de Phoenyx Ahmed. L’accord des adjectifs et des participes passés est au masculin (ou au féminin) selon la préférence exprimée par Phoenyx.
L’influence de ces identités sur ses préparatifs se manifeste de manière variée.

Queer, non binaire, musulman et sud-asiatique, Pheonyx Ahmed avoue devoir prendre en compte plusieurs de ses identités pour planifier ses voyages.
Photo : Avec l’autorisation de Pheonyx Ahmed
En raison de mes différentes identités, je dois, au strict minimum, rechercher s’il y a de l’islamophobie ou de la xénophobie dans le pays où je vais, s’il y a de l’homophobie et si l’endroit est réellement accueillant envers les personnes queers, explique Phoenyx.
Je m’adapte en fonction de ce qui représente la plus grande menace pour ma sécurité.
Sur papier, Berlin avait tout pour rassurer Phoenyx. La ville revenait régulièrement parmi les destinations accueillantes envers les personnes queers. Pourtant, à l’entrée d’un club, le videur lui aurait d’abord refusé l’accès.
Mon groupe arrive et le videur me demande : "Tu es avec eux?"J’ai dit oui et il m’a répondu : "D’accord, tu peux entrer", raconte Phoenyx, qui voyageait avec des amis blancs.

Si Berlin est normalement une ville reconnue pour son accueil envers la communauté LGBTQ+, l’expérience de Pheonyx Ahmed prouve que celle-ci peut être différente si vous êtes une personne racisée. (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / Agence France-Presse / MICHELE TANTUSSI
À l’intérieur, le personnel lui aurait demandé de retirer non seulement son pantalon, mais aussi tous ses sous-vêtements, pour respecter le code vestimentaire.
La demande ne l’inquiète pas immédiatement, puisqu’elle correspond à l’ambiance du club. Quelques minutes plus tard, Phoenyx constate toutefois être la seule personne de son groupe à recevoir cette consigne.
Pour moi, c’était une tactique d’humiliation. Voir tout le monde entrer habillé et être la seule personne racisée et intégralement dévêtue, c’était profondément humiliant.
Le personnel l’aurait ensuite littéralement jeté·e dehors, sous prétexte qu’iel était trop ivre — ce qu’iel conteste —, sans lui permettre de se rhabiller, avant de lui lancer ses vêtements.

2:26
Un événement de la fierté
Photo : Getty Images / Vladimir Vladimirov
Mes amis, surtout blancs, me disent : "Berlin, c’est incroyable!" Mais quand tu y vas en tant que personne racisée, tu peux vivre l’expérience totalement opposée, confirme-t-iel.
Pour préparer ses voyages, Phoenyx — qui voyage souvent seul — consulte surtout les réseaux sociaux, comme Reddit, et recherche des lieux recommandés par des personnes à la fois queers et racisées, mais ces témoignages ne permettent pas de tout prévoir.
Même si quelqu’un partage 70 % de ces facteurs avec moi — si la personne est queer, musulmane et non binaire, par exemple — et qu’elle affirme qu’un endroit était vraiment sécuritaire, je peux arriver et être traité·e différemment en raison d’une autre facette de mon identité. Mon expérience peut donc être totalement différente.
Voyager avec un bagage
C’est ça, le racisme : je suis en train de regarder tous les restaurants et les clubs où je peux aller avant même de faire ma liste d’endroits à visiter.
Avant un voyage au Portugal en 2023, Bryen Akueson a publié cette phrase dans une story privée sur Snapchat. Le Québécois d’origine ivoirienne voulait ainsi montrer à ses proches une étape de ses préparatifs à laquelle plusieurs d’entre eux n’ont jamais eu à penser.
Ce dernier consulte toujours les forums et les réseaux sociaux afin de vérifier l’accueil réservé aux groupes racisés et le contexte social de sa destination. Il vérifie surtout les expériences rapportées dans les restaurants et les clubs. Je regarde s’il y a déjà eu des situations racistes ou si plusieurs avis reviennent là-dessus, explique-t-il.

Avant son voyage au Portugal en 2023, Bryen Akueson avoue avoir fait la liste des restaurants et des clubs où il pouvait se rendre sans problème avant d’avoir fait la liste des endroits à y visiter.
Photo : Avec l’autorisation de Bryen Akueson
En voyage, il porte aussi une attention particulière à ses vêtements. Il lui arrive aussi de commander une voiture plus luxueuse sur les applications de transport, comme Uber et Lyft. C’est une façon de montrer qu’on a des moyens, qu’on peut se faire respecter, croit-il.
Bryen, qui a grandi un milieu majoritairement blanc, a adopté des réflexes pour se protéger, même s’il aimerait aujourd’hui s’en défaire.
Ça ne me dérange pas qu’on me voie comme un homme noir, parce que c’est ce que je suis. Ce qui me dérange, c’est tout le bagage qui vient avec.
Les personnes noires viennent dans une multitude de facettes, rappelle-t-il. J’aimerais qu’on nous accorde la possibilité d’avoir chacun notre intériorité, nos complexités et d’être notre propre personne.
Les expériences rapportées par ses proches le rendent hésitant à visiter certains pays d’Europe de l’Est. Il aimerait également découvrir l’Asie centrale, mais trouve peu d’informations sur l’accueil réservé aux voyageurs afro-descendants.

Pour Bryen Akueson, Dubaï aux Émirats arables unis s’est avéré une excellente destination, malgré les craintes de son père. (Photo d’archives)
Photo : iStock / Aerial Perspective Works
Je ne trouve aucune information sur la manière dont les personnes noires sont traitées là-bas. Ce sont des endroits où je préfère ne pas prendre le risque, indique-t-il.
Contre toute attente, Dubaï, aux Émirats arabes unis, lui a réservé la surprise inverse. Malgré les réticences initiales de son père, la famille y est retournée plusieurs fois après un premier séjour. C’est l’endroit où je me suis senti le plus en sécurité et le plus respecté, affirme Bryen.
En 2023, certains de ses proches jugeaient pourtant qu’il exagérait lorsqu’il était question de ses recherches. Trois ans plus tard, il continue à vérifier les restaurants et les clubs avant chaque départ.
C’est quelque chose de plus que nous avons à faire. Ce n’est pas pour nous placer en victimes, assure-t-il. Prenez le temps de vous mettre à la place de quelqu’un d’autre et de ne pas minimiser nos expériences.


1 week_ago
36



























.jpg)






French (CA)