En Pologne, les tensions sont montées d’un cran ce week-end. Avec des scènes inimaginables. Depuis que le premier ministre centriste, Donald Tusk, défend bec et ongles de nouveaux juges nommés au Tribunal constitutionnel contre l’avis du président Karol Nawrocki, un historien nationaliste soutenu par le PiS (Droit et Justice), le pays s’enfonce dans une crise politique aiguë. Les partisans de Nawrocki accusent Donald Tusk d’avoir orchestré un «coup d’Etat» vendredi soir en déployant des policiers antiémeutes pour bloquer l’accès au tribunal et protéger les nouveaux juges qui y officient. Ils fustigent également le ministre de la Justice, qui a demandé la levée de l’immunité du président de l’instance, Bogdan Święczkowski, et de son vice-président, nommés par le PiS.
Cette crise préoccupe largement au-delà des frontières de la Pologne. La Commission européenne prend la défense du premier ministre Tusk, appelant le président à reconnaître ces juges. Mais des politiciens d’extrême droite sont également entrés dans la danse. Sur X, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle française, dénonce ainsi une «prise de contrôle forcée d’une institution constitutionnelle». «On ne restaure pas l’Etat de droit en donnant le sentiment de s’affranchir soi-même des règles qui le fondent. La multiplication de ces coups de force au sein même de l’UE commence à sérieusement interroger», écrit-elle.


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