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Depuis la rentrée scolaire, plusieurs mobilisations de lycéens ont eu lieu aux Antilles et à la Réunion. Le mouvement s’amplifie désormais.

RICHARD BOUHET / AFP
Des policiers français en tenue anti-émeute interpellent un manifestant lors de protestations étudiantes à Saint-Pierre, sur l’île française de La Réunion, le 2 octobre 2026.
« Notre avenir n’est pas négociable ». Alors que la colère des lycéens grandit dans l’hexagone et se manifeste par plusieurs blocus d’établissements, pancartes et marches, la mobilisation est aussi suivie dans les Outre-mer. Le mouvement avait même commencé des semaines plus tôt aux Antilles, avec des manifestations dès la rentrée de septembre.
À Mayotte, le lycée du Nord est ainsi été bloqué depuis cinq semaines. Élèves, parents et professeurs ont entamé une grève pour dénoncer des locaux mal équipés, un manque de professeurs et des classes surchargés. Et pour cause : ce lycée, conçu à l’origine pour environ 900 élèves, en accueille aujourd’hui près de 2 300, rapporte Mediapart.
En Guyane, les élèves du lycée Félix Éboué ont aussi devancé le mouvement en transmettant une vingtaine de revendications dès le 7 septembre, souligne Outre Mer La 1re. Ils réclamaient des conditions d’apprentissage dignes, et dénonçaient des salles de classe vétustes et sans ventilation, ou encore des emplois du temps surchargés.
D’autres établissements se sont mobilisés depuis aux Antilles, dénonçant également l’état matériel des écoles mais aussi l’algorithme de Parcoursup, jugé pénalisant pour les candidats souhaitant étudier dans l’Hexagone. Sur l’île de La Réunion, les jeunes exigent aussi « plus de profs », « des moyens » et une « meilleure organisation du temps scolaire ».
Manifestations et heurts à La Réunion
À La Réunion, 1 500 manifestants ont été recensés sur l’ensemble du département mardi 6 octobre, selon la préfecture. Dans le sud de l’île, à Saint-Pierre, un rassemblement de 300 jeunes selon la police, et 800 selon les organisateurs, a eu lieu dans le calme. En revanche, de brefs affrontements ont éclaté dans l’ouest et le sud, dans les communes de Saint-Paul et Saint-Louis.
Ces heurts ont conduit à 22 interpellations, dont 21 mineurs, effectuées à la mi-journée par les forces de l’ordre, avant un retour au calme. Au total, 387 policiers et gendarmes ont été déployés.
Le climat s’était déjà tendu lundi et vendredi dans le chef-lieu, Saint-Denis, où des caillassages et des feux de poubelles avaient fait sept blessés parmi les agents, conduisant à 18 arrestations. Dans la nuit de lundi à mardi, l’entrée d’une salle d’un lycée de Saint-Benoît, dans l’est, a par ailleurs été incendiée par un tir de cocktail Molotov.
La justice a également ouvert une enquête après une interpellation d’un adolescent, qui a été plaqué au sol par les forces de l’ordre dans la commune du Tampon. L’Union des femmes réunionnaises (UFR) a dénoncé une « violence inacceptable » à la suite de la diffusion d’une vidéo montrant un jeune menotté, maintenu au sol par des gendarmes lors de cette arrestation.
Une vingtaine de lycées perturbés aux Antilles
Aux Antilles, une vingtaine de lycées étaient perturbés ce lundi 5 octobre. La Martinique est particulièrement concernée : seize établissements ont été touchés, dont deux ont dû fermer et basculer en cours à distance sur internet, selon le rectorat.
En Guadeloupe, au moins sept lycées se sont mobilisés. Des palettes ont bloqué les accès du lycée Baimbridge, l’un des plus grands de l’archipel, où un jeune soupçonné d’avoir lancé un projectile a été interpellé.
Les élèves fustigent des infrastructures inadaptées aux fortes chaleurs tropicales. « Nous avons souvent des coupures d’eau, nos toilettes sont non mixtes, elles ne ferment pas, il n’y a pas de papier », détaille à l’AFP Noema Gane, élève en terminale à Baimbridge. Elle évoque aussi l’absence de climatisation et des attentes allant jusqu’à « 1 h 30 en plein soleil pour pouvoir manger » à la cantine.
À l’issue d’un conseil académique réuni lundi, le recteur de la Guadeloupe Gabriele Fioni a reconnu devoir « s’améliorer sur le remplacement des professeurs », tandis que le président de la région Guadeloupe Ary Chalus a rappelé que la collectivité investissait « des millions d’euros » pour rénover les bâtiments.


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