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En hissant à 2 000 m un ballon d’hélium de 60 m chargé de 12 turbines, les Chinois ont littéralement branché le ciel de Yibin sur leur réseau électrique

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Yibin, dans la province du Sichuan, a vu monter en janvier 2026 un ballon d’hélium de 60 m de long, bourré de 12 turbines, jusqu’à 2 000 m d’altitude. Là-haut, le vent fait tourner les turbines, et l’électricité redescend par le câble d’attache jusqu’au sol, où elle peut entrer dans le réseau. Cette altitude équivaut à un peu plus de 6 fois la tour Eiffel empilée sur elle-même.

Le bilan de l’essai tient en 385 kWh, produits en 30 minutes.

À retenir

  • Un ballon d’hélium de 60 m a atteint 2 000 m d’altitude à Yibin en janvier 2026.
  • L’essai a produit 385 kWh en 30 minutes.
  • Le vent d’altitude est environ 6 fois plus énergétique qu’au sol entre 100 et 2 500 m.

Sommaire

  1. Pourquoi grimper si haut quand le sol offre déjà du vent
  2. Un ballon qui joue les centrales
  3. Ce que 30 minutes ont donné
  4. Reste à tenir dans la durée

Pourquoi grimper si haut quand le sol offre déjà du vent

Près du sol, le vent est freiné par le relief, les arbres et les bâtiments. Plus haut, il souffle plus fort et plus régulièrement, ce qui explique que les éoliennes s’installent sur des mâts toujours plus élevés. Au lieu de construire une tour démesurée, Beijing Lanyi Yunchuan Energy Technology a opté pour un aérostat chargé de capter les vents stables d’altitude. Selon ZME Science, entre 100 et 2 500 m, la densité de puissance du vent, c’est-à-dire l’énergie réellement récoltable, est multipliée par environ 6.

La physique explique cet écart : la puissance d’un vent croît avec le cube de sa vitesse. Un vent 2 fois plus rapide transporte donc 8 fois plus d’énergie.

Le choix du site se défend. Yibin est bien à l’intérieur des terres, si bien que le prototype n’y affronte ni typhons ni tempêtes océaniques, relève Hackaday. Le même site remarque que le mot « stratosphère » dans le nom du système est un peu ambitieux, puisque 2 000 m représentent environ un dixième du chemin.

Un ballon qui joue les centrales

Le S2000 mesure 60 m de long pour 40 m de diamètre. Ses 12 turbines sont logées à l’intérieur d’une double coque. Un canal d’air formé entre l’enveloppe principale et une aile annulaire comprime et accélère le vent avant qu’il atteigne les turbines. Hackaday se demande toutefois quelle turbulence les structures métalliques placées dans ce passage peuvent créer.

Un câble unique retient le ballon et ramène le courant au sol.

Porté par l’hélium, l’engin n’a pas besoin de fondation massive. C’est l’écart majeur avec une tour, qui exige une assise profonde et reste en place pour des décennies. Hackaday admet que des éoliennes plus grandes tournent déjà dans les parcs, mais juge que, à 60 m sur 40 m, le S2000 garde de la marge avant de toucher une limite ou un record pour un aérostat.

Son nom complet, Stratosphere Airborne Wind Energy System, se contracte en SAWES. Il appartient à la famille des éoliennes aéroportées, où ballons et cerfs-volants se disputent depuis des années la même idée : remplacer la tour par du vide.

Ce que 30 minutes ont donné

L’essai a livré 385 kWh. Réparti sur 30 minutes, cela fait une puissance moyenne d’environ 770 kW, soit à peu près 25 % de la capacité du prototype. Les 3 MW annoncés sont une puissance de pointe, pas ce que l’engin a débité pendant le vol.

CNN rapporte que 385 kWh suffisent à alimenter un foyer américain moyen pendant environ 13 jours. Face à un parc éolien, c’est modeste : une turbine de 3 MW tournant à pleine puissance produirait la même énergie en moins de 8 minutes.

Reste une zone grise sur le chronométrage. Interesting Engineering, qui cite le Global Times, indique que la plateforme a mis environ 30 minutes à monter. D’autres sources présentent ces 30 minutes comme la durée du vol producteur. Selon le temps réellement passé à produire, la moyenne de 25 % ne dit pas la même chose, et un essai unique ne permet pas de trancher.

Reste à tenir dans la durée

Le S2000 succède au S1500, conçu pour 1 500 m. Les systèmes à ballon doivent acheter et conserver de gros volumes d’hélium et encaisser les contraintes structurelles d’une grande enveloppe. Power Technology note que le scepticisme demeure sur les puissances du mégawatt en conditions réelles.

Les usages envisagés restent à confirmer. Des comptes rendus évoquent des sites isolés hors réseau, comme des postes-frontières, ou un appui aux parcs éoliens au sol pour superposer plusieurs couches de production.

Une demi-heure ne dit rien de ce que donnerait une année.

Pour le S2000, le courant remonte au réseau par un câble conducteur, avec une puissance nominale de 3 MW. Les systèmes à cerf-volant, eux, s’appuient sur des matériaux proches de la voile, moins chers, avec des cycles de remplacement moins coûteux. Pour Power Technology, l’enjeu du S2000 tient moins à la preuve que ça marche qu’à la démonstration d’un modèle économique viable pour un gros système aéroporté intégré.

Sources : researchgate.net | power-technology.com

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