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Des électeurs et des élus gaspésiens dénoncent le manque d'intérêt des principaux partis politiques pour la région durant cette campagne électorale, malgré des enjeux importants dans l’une des régions les plus dévitalisées du Québec.
Croisée sur la rue à Gaspé, Lyne Cloutier, de Chandler, dit se sentir comme une citoyenne de seconde zone.
C'est poche, c'est comme si on n’existait pas, c'est comme si la Gaspésie n'existait pas!

Lyne Cloutier et Arthur Lejeune, de Chandler, s'expliquent mal la visite d'une seul chef de parti en Gaspésie, considérant que la MRC du Rocher-Percé, où ils habitent, est encore l'une des plus dévitalisées au Québec, frappée dans le passé par la fermeture de la papetière Gaspésia et de plusieurs usines de pêche.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
En Gaspésie, la seule visite du chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon ne passe tout simplement pas chez les électeurs rencontrés. Le conjoint de Lyne Cloutier, Arthur Lejeune, souligne que les enjeux comme la précarité d’emploi et le chômage sont encore bien présents en Gaspésie.

Le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre-Plamondon, mercredi, lors de sa visite éclair d'une journée qui l'a aussi amené à Rouyn-Noranda et Baie-Comeau.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Je trouve que ça n’a pas beaucoup évolué depuis les années 1980, 1990, estime-t-il. On a tout perdu, tout ce qui était usines de transformation de poissons de fond notamment, beaucoup de travailleurs sur l’assurance-emploi. L'économie dégringole et je trouve ça ordinaire que personne ne soit venu voir ce qu'on vit en ce moment.
Hélène Verreault, de Gaspé, dit suivre la campagne de 39 jours avec attention dans les médias locaux et nationaux. Elle dit noter la quasi absence des enjeux qui touchent la Gaspésie.
Et pourtant, il y en a beaucoup! Moi je trouve ça ordinaire et je trouve qu'on est des oubliés aussi. Ce n'est pas parce qu'on est dans une région éloignée qu'on mérite d'en avoir juste un qui vient.

Hélène Verreault, qui dit suivre la campagne depuis le jour 1, trouve regrettable qu'un seul chef de parti ait visité la région.
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Moi, je n'ai jamais vu ça en plus de 20 ans d’implication politique dans la région, lance le maire de Gaspé Daniel Côté, soulignant lui aussi le passage d’un seul chef de parti.
Les élus gaspésiens estiment, dans ce contexte, qu'il est difficile de vendre les enjeux de la région pour qu'ils trouvent écho dans les plate-formes et les priorités des partis.
Au final, quel est l'intérêt de la politique nationale pour les régions? On se gratte sérieusement la tête. Là, on a au moins un chef qui nous montre de l'intérêt et je le salue et je le remercie, mais les autres chefs, j'aurais aimé les voir sur le terrain.
Il admet que les candidats locaux peuvent renseigner leur chef sur les enjeux prioritaires dans les circonscriptions gaspésiennes, mais il croit qu’il n’y a rien de mieux qu’un bain de foule, avec des électeurs, pour réellement avoir le pouls de la population.
Maire de Sainte-Anne-des-Monts, la troisième municipalité en importance de la Gaspésie, Simon Deschênes plaide que les enjeux régionaux sont pourtant des enjeux nationaux qui préoccupent tous les Québécois.
Nos réalités territoriales augmentent année après année au niveau du plan climat, de l'érosion côtière, notre enjeu caribou, ici aussi, en Haute-Gaspésie. Je pense à la santé, à l’éducation, bref, ça devient très difficile de positionner nos enjeux auprès des principaux partis politiques, croit l’élu annemontois.

Simon Deschênes rappelle ainsi les 133 jours de découverture en obstétrique à l'hôpital de Sainte-Anne-des-Monts qui illustre la fragilité des soins de santé en région.
Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel
Les enjeux régionaux écartés de cette campagne
Le professeur en science politique à l’Université du Québec à Rimouski, Yann Fournis, estime que les enjeux régionaux et l’occupation du territoire québécois ne font plus partie des priorités électorales des principaux partis.
On peut conclure que la question régionale, que la question de la diversité du territoire et de son développement n'a vraiment pas été au centre de cette campagne.
Une première bataille à cinq partis change la donne politique, au détriment des régions, croit le professeur de l’UQAR, avec ce qu’il appelle une nouvelle configuration partisane. Les bastions et château-fort traditionnels ne sont plus dans l’équation politique dans plusieurs régions du Québec.

Le professeur Yann Fournis ajoute que la forte présence des médias sociaux incite les partis politique à viser une approche "clientélisme" à court terme, au lieu de présenter des projets de société qui toucheraient les régions du Québec.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Les bases se transforment et ça veut dire que les partis doivent être attentifs à des territoires différents de leurs anciens territoires de prédilection, ajoute le spécialiste. Donc, ça veut dire qu'on pouvait être un territoire important parce qu'on était un territoire charnière, il y a une dizaine d'années, et, là, comme ce n'est plus le cas, les partis estiment que ce n'est plus important de venir te courtiser.
En ce sens, il souligne tous les comtés de la couronne sud de la région de Québec et de la Beauce, historiquement plus stables dans les intentions de vote, qui sont plus imprévisibles avec la présence de cinq partis.
Et qu'en disent les chefs?
Le chef du parti libéral a notamment réagi et se défend d'abandonner la Gaspésie et les régions qu’il n’a pas visitées durant cette campagne, expliquant que chaque parti doit faire des choix.

Le chef libéral Charles Milliard lors d'un arrêt à Montréal le 30 septembre 2026.
Photo : Radio-Canada / JOHN JARAMILLO
J'étais avhttps://images.radio-canada.ca/https://images.radio-canada.ca/v1/ici-info/16x9/charles-milliard-chef-liberal-montreal-79524.jpgv1/ici-info/16x9/charles-milliard-chef-liberal-montreal-79524.jpgec vous à Chibougamau et à Val-d'Or cette semaine, on m'a reproché aussi de ne pas être assez souvent à Montréal, pourtant ça fait deux jours que je suis ici, alors la vie est une suite de choix.
À l'exception du chef du PQ, Paul Saint-Pierre Plamondon, c'est la solidaire Ruba Ghazal qui s'est approchée le plus près de la Gaspésie, avec un arrêt le 7 septembre à Métis-sur-Mer.


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