Etre professionnel·le, est-ce savoir laisser sa vie personnelle à la porte du bureau? Nous aimons à croire que vie privée et vie professionnelle forment deux sphères distinctes. Pourtant, les effets d’une maladie, d’une séparation, d’un épuisement ou d’un deuil ne s’arrêtent pas au seuil de l’entreprise. Que signifie être professionnel·le quand une épreuve personnelle affecte notre concentration, notre capacité à accomplir notre travail ou nos relations avec les collègues? L’environnement professionnel peut-il laisser une place à la fragilité sans enfermer la personne dans sa vulnérabilité?
Le congé payé permet de faire face à l’urgence. Il ne dit rien de la durée réelle du bouleversement. Lorsqu’elle reprend le travail, la personne qui traverse une épreuve peut vouloir reprendre au rythme d’avant, sans en avoir encore l’énergie ou la concentration. Elle peut vivre des journées presque ordinaires, et se sentir totalement démunie le lendemain. La reprise marque une étape importante, mais ne signifie pas nécessairement la fin du bouleversement. La responsabilité de l’entreprise est ici de ne pas confondre la fin d’une absence avec la fin de ses effets.


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