Le président russe a rejeté, jeudi, l’idée d’un arrêt mutuel des frappes à longue portée avec l’Ukraine, en réponse à des propositions formulées par Kiev et Washington.

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Le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 1ᵉʳ octobre 2026. - PAVEL BEDNYAKOV/AP Le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 1ᵉʳ octobre 2026. PAVEL BEDNYAKOV/AP

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Kiev et Bruxelles s’accordent sur le financement de 2026-2027, sans nouvelle aide de l’UE

Kiev et Bruxelles ont trouvé jeudi un accord sur les modalités du financement de l’Ukraine en 2026 et 2027, sans nouvel engagement financier de l’Union européenne (UE) à ce stade. « Nous avons identifié les moyens de couvrir les besoins budgétaires et de défense de l’Ukraine pour 2026 » et les étapes nécessaires pour garantir leur versement, ont indiqué les deux parties dans un communiqué commun.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a assuré qu’un accord avait été trouvé sur « le format, le calendrier et les étapes nécessaires » pour 2026 et 2027. Son ministre des affaires étrangères, Andriï Sybiha, a évoqué plusieurs pistes, dont le versement anticipé d’aides prévues pour 2027, des prêts bilatéraux et une contribution accrue de pays non européens.

L’UE a déjà accordé à Kiev un prêt de 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027 et n’entend pas, à ce stade, augmenter son engagement, a-t-on expliqué à Bruxelles. L’Ukraine estime pourtant son déficit budgétaire à 20 milliards de dollars cette année et cherche 53 milliards de dollars d’aide étrangère supplémentaire pour 2027.

Pour 2026, Bruxelles souligne que des fonds restent disponibles dans le cadre du prêt, à condition que Kiev mette en œuvre les réformes convenues.

Pour 2027, les deux parties se sont dites prêtes à « avancer rapidement » sur le versement de la deuxième tranche de 45 milliards d’euros et à identifier d’éventuels besoins supplémentaires.

Elles ont surtout appelé les autres alliés de l’Ukraine à accroître leur contribution. « Les autres partenaires devraient également honorer leurs engagements financiers et intensifier leurs efforts », selon le communiqué. Leur participation, attendue à hauteur de 45 milliards d’euros en complément de l’aide européenne, reste pour l’heure très inférieure à cet objectif, selon la Commission.

Vladimir Poutine réaffirme l’objectif d’une Ukraine neutre et se dit prêt à négocier

Le président russe, qui avait auparavant rejeté un arrêt mutuel des frappes à longue portée entre Moscou et Kiev, a réaffirmé que la neutralité de l’Ukraine restait l’un des objectifs de la Russie, tout en assurant vouloir mettre fin au conflit « le plus rapidement possible » par la négociation.

Il a affirmé que l’avancée des forces russes s’accélérait, revendiquant la prise de 1 301 kilomètres carrés en septembre. Selon lui, Kiev ne contrôlerait plus qu’environ 11 % de la région de Donetsk, dont Moscou revendique l’intégralité. Ces affirmations contrastent avec les évaluations de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), selon lequel les gains russes restent lents et limités. Le centre de réflexion américain estimait à la mi-septembre que les forces ukrainiennes avaient contenu les gains nets russes à un niveau proche de zéro depuis mars, tout en menant plusieurs contre-attaques. L’ISW avait estimé au début de septembre que, au rythme d’avancée observé en août dans la région de Donetsk, il faudrait aux forces russes jusqu’en 2032 pour en prendre le contrôle total, si elles y parvenaient.

M. Poutine a également affirmé que Moscou avait accepté les propositions américaines discutées à Anchorage. Celles de Donald Trump comportent des décisions « difficiles » pour la Russie, a-t-il reconnu, tout en estimant qu’elles allaient « dans la bonne direction ».

La Russie veut des garanties de sécurité et les conditions d’une paix durable, a-t-il ajouté, citant notamment le statut de la langue russe et de l’Eglise en Ukraine parmi les questions à régler.

Vladimir Poutine menace l’OTAN, les Européens sonnent l’alarme sur des attaques russes… Le point sur la situation, jeudi 1ᵉʳ octobre, à 21 heures

  • Le président russe rejette l’idée d’un arrêt mutuel des frappes à longue portée entre la Russie et l’Ukraine, proposé par Kiev et Washington. Il affirme que les attaques ukrainiennes contre les raffineries ont coûté à la Russie « environ 1 % du PIB ».
  • Vladimir Poutine menace aussi d’utiliser « tous les types d’armes », y compris nucléaires, en cas d’attaque de l’OTAN contre Kaliningrad.
  • Volodymyr Zelensky annonce la première utilisation au combat du FP-7, missile balistique tactique ukrainien développé par Fire Point, dont la portée serait de 300 kilomètres.
  • Une frappe russe contre une usine d’armement dans un pays européen de l’OTAN relèverait de l’article 5, estime le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius.
  • Kiev revendique de nouvelles frappes en profondeur, dont une contre une cible en mer Noire. Le Kremlin dénonce des « actes terroristes » ukrainiens rendant, selon lui, la navigation dans cette zone moins sûre.
  • La Russie a lancé 97 drones contre l’Ukraine entre 6 h 30 et 18 heures, dont 66 engins à réaction, selon l’armée de l’air ukrainienne, qui affirme en avoir neutralisé 78.
  • Washington a sanctionné le réseau financier russe A7, soutenu par le Kremlin, le classant parmi les « importantes organisations criminelles transnationales » et l’accusant notamment d’aider l’Iran à contourner les sanctions.

Washington classe le réseau russe A7 parmi les organisations criminelles transnationales

Les Etats-Unis ont sanctionné jeudi le réseau financier russe A7, soutenu par le Kremlin, dans le cadre d’une nouvelle série de mesures visant principalement l’Iran, le qualifiant d’« importante organisation criminelle transnationale » et l’accusant notamment d’aider Téhéran à contourner les sanctions.

Créé en 2024 par l’oligarque moldave en fuite Ilan Shor avec Promsvyazbank (PSB), une banque publique russe liée au secteur de la défense, A7 a développé A7A5, une cryptomonnaie adossée au rouble permettant d’effectuer des paiements internationaux en dehors des circuits financiers occidentaux.

Selon Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), A7 affirme avoir traité plus de 7 000 milliards de roubles de transactions en onze mois. Sa cryptomonnaie A7A5 aurait de son côté enregistré environ 79 milliards de dollars de transactions depuis son lancement.

Le Trésor américain a inscrit A7 sur sa liste noire, mentionnant des activités en Russie, au Kirghizstan, au Nigeria et au Zimbabwe, et l’accusant également d’avoir aidé le régime iranien à contourner les sanctions. Vladimir Poutine avait participé en septembre 2025, par visioconférence, à l’inauguration d’une agence du groupe à Vladivostok.

Un cargo à destination de l’Estonie immobilisé par la Russie, puis relâché

Les gardes-frontières russes ont immobilisé jeudi dans le golfe de Finlande un cargo à destination du port estonien de Sillamäe, avant de le laisser reprendre sa route quelques heures plus tard, selon les autorités estoniennes.

Le Västerbotten (IMO : 9019200), battant pavillon chypriote, avait traversé les eaux territoriales russes, où les navires disposent d’un droit de passage, rapporte la radio-télévision publique estonienne ERR. La police et les gardes-frontières estoniens ont confirmé son immobilisation. Selon le site de suivi maritime Marinetraffic, le cargo a repris sa route vers Sillamäe vers 17 heures.

La Russie, l’Estonie et la Finlande ont conclu un accord autorisant les navires à emprunter cette route, jugée plus sûre pour les grands bâtiments que le passage entre les hauts-fonds situés dans les eaux estoniennes.

« Chaque Etat a le droit de contrôler les navires dans ses eaux territoriales, et l’administration russe a apparemment jugé nécessaire d’inspecter ce navire lors de son passage », a déclaré Are Piel, responsable de la gestion du trafic maritime au sein de l’administration estonienne des transports. Il a souligné que le droit de passage inoffensif dans les eaux territoriales d’un Etat n’empêchait pas celui-ci de procéder à des contrôles. Les autorités estoniennes ont dit ne pas avoir reçu d’explication de Moscou sur les raisons de l’immobilisation.

En mai 2025, la Russie avait déjà intercepté le pétrolier Green Admire après son départ de Sillamäe, premier incident de ce type. L’Estonie avait ensuite décidé de faire passer les navires à destination et en provenance du port par ses propres eaux territoriales afin d’éviter de nouveaux contrôles russes.

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Pour le commissaire européen à la défense, une attaque russe contre une usine d’armement en Europe relèverait de l’article 5 de l’OTAN

Une frappe russe contre une usine d’armement située dans un pays européen membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) relèverait de l’article 5 sur la défense collective, a estimé jeudi le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius. « Je dirais que si la Russie frappait nos usines sur le territoire européen, ce serait l’article 5 », a-t-il déclaré à la chaîne polonaise TVP World, en marge d’une réunion de la commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen à Bruxelles. L’entourage de M. Kubilius a précisé à Politico que ses déclarations concernaient spécifiquement une attaque aérienne ou de missiles contre une usine.

Ses propos interviennent au lendemain d’un avertissement de la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, selon laquelle « les usines d’armement des pays européens qui produisent des armes pour l’Ukraine sont des cibles militaires potentielles pour la Russie ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a averti jeudi, lors de la remise du Prix de la paix de Westphalie à l’OTAN, que l’Europe « n’est pas en paix aujourd’hui », face à la multiplication des actions hybrides attribuées à Moscou. « Nos propres pays sont des cibles », a-t-il déclaré, citant cyberattaques, sabotages, incendies criminels, violations de l’espace aérien et incidents impliquant des drones. A ses côtés, le chancelier allemand Friedrich Merz a de son côté affirmé que l’Allemagne se préparait à des attaques hybrides « majeures, y compris graves » et y répondrait « rapidement et très clairement ».

L’article 5 prévoit qu’une attaque armée contre un membre de l’OTAN est considérée comme une attaque contre l’ensemble des alliés, chacun étant toutefois libre de prendre les mesures qu’il juge nécessaires. L’Alliance entretient volontairement une ambiguïté sur les circonstances précises de son déclenchement.

Un réseau de propagande prorusse démantelé en Macédoine du Nord

Les autorités de la république de Macédoine du Nord ont annoncé jeudi avoir mis au jour un réseau de propagande servant, selon elles, les intérêts russes et utilisant des dizaines de sites Internet et de comptes sur les réseaux sociaux pour attiser « la haine ethnique et nationale ».

L’Agence de sécurité nationale a ouvert une enquête visant un ressortissant macédonien soupçonné d’entretenir des liens avec des acteurs étrangers à l’origine de ce réseau. Son domicile a été perquisitionné le 18 septembre et du matériel saisi. « Les véritables acteurs de ce réseau de propagande, qui sert les intérêts russes, se dissimulent derrière des pseudo-portails clonés enregistrés sous un nom de domaine macédonien », a affirmé l’agence.

Selon elle, ces sites, liés à des structures politiques régionales prorusses, diffusaient de fausses informations destinées à « saper la confiance dans les institutions », alimenter les tensions identitaires et entraver le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne (UE).

Les contenus exploitaient notamment le différend historique et identitaire entre la Macédoine du Nord et la Bulgarie. Sofia considère le macédonien comme issu du bulgare et revendique plusieurs figures historiques également considérées comme macédoniennes par Skopje.

Des médias locaux citent notamment de fausses informations selon lesquelles des centaines de milliers de Macédoniens auraient payé pour obtenir la nationalité bulgare, suscitant ensuite de nombreux commentaires nationalistes.

Candidate à l’UE, la Macédoine du Nord a ouvert des négociations d’adhésion en 2022, mais le processus reste bloqué, notamment par un différend avec Sofia sur la reconnaissance de la minorité bulgare dans la Constitution. Membre de l’OTAN depuis 2020, le pays s’est également aligné sur les sanctions européennes contre la Russie depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.

Vladimir Poutine prêt à restituer les actifs d’Auchan, de Nestlé et Leroy Merlin en Russie en cas d’accord avec l’Occident

Le président russe a affirmé jeudi que les actifs d’entreprises occidentales placés sous contrôle de l’Etat russe, notamment Auchan, Nestlé et Leroy Merlin, pourraient leur être restitués en cas d’accord avec Moscou.

Interrogé lors du forum de Valdaï sur leur restitution en cas de « scénario favorable » avec les Occidentaux, M. Poutine a répondu : « Oui, ils les récupéreront. » « Nous ne prenons rien à personne, nous ne volons rien et nous ne nationalisons rien », a-t-il assuré, affirmant que les filiales russes concernées avaient seulement été placées « sous administration externe ».

Ces dernières semaines, les autorités russes ont placé sous « administration temporaire » les actifs des distributeurs français Auchan et allemand Metro, de l’enseigne française de bricolage Leroy Merlin et du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, invoquant leur appartenance à des pays jugés « inamicaux » par Moscou.

M. Poutine a parallèlement dénoncé le « pillage » des actifs russes en Occident, jugeant « tout à fait inacceptable » le gel des réserves de la Banque centrale russe et l’utilisation des revenus qu’elles génèrent pour financer l’Ukraine. Il a également cité les actifs à l’étranger des géants russes Gazprom, Rosneft et Lukoil.

Plusieurs centaines de milliards d’euros d’actifs russes sont gelés en Europe depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février 2022, une mesure que Moscou juge illégale.

Vladimir Poutine rejette la proposition d’arrêt mutuel des frappes à longue portée entre Russie et Ukraine

Le président russe a rejeté jeudi l’idée d’un arrêt mutuel des frappes à longue portée avec l’Ukraine, en réponse à des propositions formulées par Kiev et Washington. « On nous dit : “Qu’ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires.” C’est tout simplement ridicule », a déclaré M. Poutine lors du forum de Valdaï, rendez-vous annuel de politique internationale réunissant en Russie responsables et experts. Interrogé à nouveau sur la réponse de Moscou à cette proposition, il a répondu : « Non. »

Les deux pays ont intensifié leurs frappes en profondeur. Moscou vise notamment des infrastructures énergétiques, des entrepôts, des installations portuaires et des navires liés au commerce ukrainien, ainsi que, plus récemment, des centres de données et des opérateurs de télécommunications.

Kiev cible, de son côté, des raffineries et des dépôts pétroliers russes, mais aussi des sites industriels, des entrepôts et des navires en mer Noire.

Selon M. Poutine, les attaques ukrainiennes contre les raffineries ont coûté à la Russie « environ 1 % du PIB » et contribué à une crise du carburant cet été.

Les frappes russes ont, de leur côté, lourdement affecté la métallurgie et les exportations agricoles ukrainiennes. Kiev redoute, en outre, de nouvelles attaques contre son réseau énergétique à l’approche de l’hiver, après celles menées par la Russie lors des précédentes saisons froides.

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Explosion dans une usine d’explosifs et de munitions près de Moscou

Une explosion s’est produite jeudi dans l’usine chimique de Krasnozavodsk [🚩], dans la région de Moscou, provoquant un important incendie et une épaisse colonne de fumée, selon des informations diffusées sur les réseaux sociaux. Le feu aurait touché l’atelier no 4 du site, tandis que la route menant à l’usine a été fermée et que plusieurs ambulances étaient dépêchées sur place.

L’usine chimique de Krasnozavodsk (KHZ) est l’une des entreprises du complexe militaro-industriel russe spécialisées dans les explosifs et les munitions. Des données officielles russes mentionnent parmi ses activités la fabrication d’armes, de munitions et de substances explosives.

Selon la base « War & sanctions » du renseignement militaire ukrainien (HUR), l’usine produit notamment des ogives thermobariques destinées aux drones d’attaque Shahed, baptisés « Gueran » par la Russie. L’Union européenne, qui a placé l’entreprise sous sanctions, la décrit de son côté comme un fournisseur du complexe militaro-industriel russe produisant notamment des explosifs et des composants de munitions, sans mentionner spécifiquement les drones Shahed.

En juillet 2025, l’usine avait été prise pour cible. « L’entreprise produit des pièces pyrotechniques et des munitions, notamment des ogives thermobariques pour les drones de type Shahed », avait affirmé l’état-major ukrainien sur Telegram.

A Valdaï, Vladimir Poutine menace d’utiliser « tous les types d’armes », y compris nucléaires, en cas d’attaque de Kaliningrad par l’OTAN

Le président russe a averti jeudi que Moscou pourrait utiliser « tous les types d’armes », y compris nucléaires, en cas d’attaque de l’OTAN de l’enclave russe de Kaliningrad, tout en assurant que la Russie n’avait « pas l’intention d’attaquer qui que ce soit ».

M. Poutine a aussi dénoncé jeudi les « exercices militaires successifs en mer Baltique » et les « tentatives d’interception » de navires russes. « Tout cela constitue une escalade », a-t-il affirmé. « Nous n’avons pas l’intention d’attaquer qui que ce soit (…). Mais si nous sommes confrontés à une agression, nous riposterons », a-t-il ajouté.

Le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 1ᵉʳ octobre 2026. Le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 1ᵉʳ octobre 2026.

Ces déclarations surviennent au lendemain de la révélation par Reuters d’un document adressé par Moscou à l’OTAN, dans lequel la Russie se disait prête à employer tout son arsenal, y compris nucléaire, si l’Alliance atlantique tentait d’isoler Kaliningrad, territoire russe fortement militarisé situé entre la Pologne et la Lituanie.

L’OTAN, qui a mené plusieurs exercices militaires dans la région de la Baltique, a assuré qu’aucune de ses activités ne menaçait le territoire russe et dénoncé une « rhétorique nucléaire irresponsable » de Moscou.

Volodymyr Zelensky annonce une première utilisation au combat du missile balistique FP-7

L’Ukraine a annoncé, jeudi, avoir procédé à la première utilisation au combat du FP-7, présenté comme une arme balistique tactique de conception ukrainienne. « Balistique tactique ukrainienne. FP-7. Première utilisation au combat », écrit Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, remercie les équipes pour ce « résultat » et affirme que la prochaine étape sera la production.

Le 20 septembre, M. Zelensky avait fait état de l’utilisation d’une arme baptisée Pelican lors de frappes contre la région de Moscou, certains médias ukrainiens l’ayant alors identifiée comme le FP-7 sans que cette correspondance soit officiellement établie.

Développé par l’entreprise ukrainienne Fire Point, le FP-7 avait été dévoilé en septembre 2025 et ses premiers tirs d’essai rendus publics en février. Selon son fabricant, il peut emporter une charge militaire de 150 kg et atteindre une cible jusqu’à 200 km, voire 300 km selon la configuration, à une vitesse maximale annoncée de 1 500 mètres par seconde. En août, Fire Point avait expliqué viser une première utilisation au combat à la fin de septembre.

Friedrich Merz appelle à l’unité face à la Russie et met en garde contre la montée de l’AfD

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a appelé jeudi à l’unité dans le soutien à l’Ukraine face à la Russie, au sein de l’OTAN, en Europe et en Allemagne, où le parti d’extrême droite AfD progresse.

« La sécurité de l’Europe (…) se joue en Ukraine », a déclaré M. Merz lors de la remise du Prix de la paix de Westphalie à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). « Si nous échouons à arrêter Moscou, la machine de guerre russe se tournera tôt ou tard contre nous, contre l’Otan elle-même », a-t-il averti.

Selon lui, « l’unité et la force restent les conditions préalables à des négociations fructueuses avec Moscou », appelant à garder les Etats-Unis aux côtés des Européens dans leur soutien à Kiev.

Le chancelier a également appelé à l’unité en Allemagne : « Nous ne nous laisserons pas diviser », a-t-il lancé, dénonçant les « attaques hybrides », les bots « contrôlés par Moscou » et les « slogans de l’AfD et de ses soutiens russes ». L’AfD réclame notamment l’arrêt de l’aide à l’Ukraine et la levée des sanctions contre la Russie.

M. Merz a dit souhaiter, « le moment venu, entretenir des relations stables et prévisibles avec la Russie », tout en appelant à poursuivre le soutien militaire à Kiev. Une paix « dictée » par Moscou ferait, selon lui, de l’Europe « un continent en insécurité ».

Guerre en Ukraine et au Moyen-Orient : les Etats-Unis appellent l’Europe à augmenter l’offre de diesel

Les Etats-Unis ont appelé jeudi l’Europe à augmenter l’offre de diesel, dont les prix flambent sous l’effet des perturbations provoquées par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient.

Selon les agences de presse Reuters et Bloomberg, l’administration Trump demande notamment à la France et à l’Allemagne de puiser dans leurs réserves stratégiques et menace de restreindre les exportations américaines de diesel en cas de refus. Washington souhaiterait que l’Union européenne mette sur le marché 120 millions de barils au cours des six prochains mois. « Vous entendrez bientôt des annonces de nos amis européens », a assuré mercredi le ministre de l’énergie américain, Chris Wright.

Paris affirme qu’aucune demande de ce type n’a été formulée lors de la récente rencontre de Donald Trump et d’Emmanuel Macron. Le président français prévoit toutefois de réunir le G7 pour discuter d’une éventuelle libération coordonnée des stocks stratégiques, en lien avec l’Agence internationale de l’énergie.

Vladimir Poutine défend la guerre et sa vision d’un monde postoccidental à Valdaï

S’exprimant lors de la réunion annuelle du club de réflexion de Valdaï, l’un des instruments de diffusion du discours et de la propagande du Kremlin, Vladimir Poutine a dénoncé jeudi le recul, selon lui, de l’influence occidentale dans le monde et repris son argumentaire pour justifier l’invasion de l’Ukraine.

« La vérité concernant l’Ukraine, c’est que ce n’est pas la Russie qui a commencé la guerre, mais qu’on a commencé à faire la guerre à la Russie », a affirmé M. Poutine, selon l’agence publique TASS. Il a assuré que Moscou avait été placé dans une situation où il était « contraint de se défendre les armes à la main ». Autant d’affirmations qui contredisent les faits établis : la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février 2022.

Il a également estimé que la situation internationale s’améliorerait à mesure que disparaîtrait ce qu’il qualifie d’« hégémonie occidentale », jugeant que l’influence réelle de l’Occident était en recul. Il a appelé à éviter les scénarios susceptibles de conduire l’humanité « au bord de la survie », notamment face aux capacités de destruction offertes par les nouvelles technologies.

Vladimir Poutine a par ailleurs plaidé pour une réforme de l’Organisation des Nations unies (ONU) afin d’accorder davantage de poids à l’Asie, à l’Afrique et à l’Amérique latine, estimant que les institutions internationales créées après 1945 ne reflétaient plus les rapports de force mondiaux actuels. Il a enfin mis en garde contre un possible « totalitarisme numérique » lié au développement de l’intelligence artificielle.

Un couple letton arrêté pour espionnage au profit du renseignement militaire russe

L’agence du renseignement de la Lettonie a annoncé, jeudi, l’arrestation et le placement en détention d’un couple de ressortissants de ce pays balte, soupçonnés d’espionnage, visant notamment l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), pour le compte du renseignement militaire russe (GRU).

Les deux suspects ont été arrêtés le 28 juin lors d’une opération menée en coopération avec le renseignement militaire (MIDD), a déclaré le service de sécurité de l’Etat letton (VDD), dans un communiqué.

Le couple aurait transmis au GRU des informations sur le système de défense letton, les activités de l’OTAN et les modes d’aide à l’Ukraine.

Il est soupçonné d’avoir recueilli des informations sur la base aérienne des forces armées lettones à Lielvarde, près de Riga, les systèmes de radar et les mouvements d’aéronefs militaires.

Un des deux mis en cause « a conduit des opérations de reconnaissance de la base militaire Adazi [qui abrite l’OTAN] et pris des clichés aériens [de la base] à bord d’un petit avion privé pour le compte du GRU », détaille le communiqué. La Lettonie, Etat membre de l’OTAN et de l’Union européenne, frontalier de la Russie, a renforcé ses mesures de contre-espionnage depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

Près de 100 drones russes lancés contre l’Ukraine dans la journée, selon l’armée de l’air ukrainienne

La Russie a lancé 97 drones contre l’Ukraine entre 6 h 30 et 18 heures jeudi, dont 66 drones à réaction, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne.

Selon un bilan provisoire, la défense aérienne ukrainienne affirme avoir abattu ou neutralisé 78 appareils, dont 55 drones à réaction. Les attaques comprenaient également des drones Gerbera et d’autres types d’appareils.

Vers 18 heures (heure locale), une dizaine de drones d’attaque étaient encore présents dans l’espace aérien ukrainien, selon la même source.

L’armée ukrainienne revendique des pertes russes record en septembre

Les forces russes ont subi en septembre leurs plus lourdes pertes mensuelles depuis le début de l’année 2026, avec 46 230 soldats tués ou blessés, selon un bilan publié jeudi par l’état-major ukrainien, des chiffres invérifiables par une source indépendante.

Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Mykhailo Drapaty, près de Lyman (Ukraine), le 30 septembre 2026. Le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Mykhailo Drapaty, près de Lyman (Ukraine), le 30 septembre 2026.

Selon Kiev, les pertes russes sont passées de 31 710 hommes en janvier à 46 230 en septembre, soit une hausse de près de 46 %. Le précédent pic de l’année avait été enregistré en juillet, avec 42 860 pertes, devant août (42 020).

Dans le même temps, le recrutement militaire russe ralentit. Selon Janis Kluge, chercheur à l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (SWP), environ 234 000 nouveaux contrats militaires ont été signés en Russie au cours des huit premiers mois de 2026, contre 260 000 sur la même période en 2025, d’après les données budgétaires régionales. Le rythme était d’environ 1 000 recrutements par jour en août, quelque 20 % de moins qu’un an auparavant, malgré l’augmentation des primes d’engagement.

L’Ukraine revendique avoir touché une cible en mer Noire, Moscou dénonce des « actes terroristes »

Volodymyr Zelensky a revendiqué jeudi de nouvelles frappes en profondeur contre des cibles russes. Selon lui, les forces ukrainiennes ont touché une cible en mer Noire, sans donner davantage de précision.

De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé que la mer Noire était désormais « peu propice à une navigation sûre en raison des actes terroristes de Kiev ». Il a, par ailleurs, déploré l’absence de dialogue entre Moscou et les Européens et assuré que la Russie travaillait à des voies alternatives pour ses exportations de céréales.

Les attaques en mer Noire perturbent fortement les exportations de céréales russes, poussant Moscou à chercher des routes alternatives. Cinq ports de substitution n’ont exporté que 1,3 million de tonnes entre juillet et septembre, contre une capacité d’environ 12 millions de tonnes pour les principaux ports russes de la mer Noire, selon Kpler, rapporte l’agence de presse l’aganece de presse Bloomberg. Les itinéraires alternatifs, notamment par la Baltique, restent plus longs et plus coûteux. La Turquie et l’ONU préparent de nouvelles discussions avec la Russie et l’Ukraine au début d’octobre pour tenter d’obtenir une trêve en mer Noire et de sécuriser les exportations de céréales, toujours selon Bloomberg.

Un pilote ukrainien mort après que son MiG-29 a été abattu par un missile russe

Le capitaine Marat Mambetov, pilote ukrainien de MiG-29, est mort jeudi après que son appareil a été touché par un missile lors d’une mission de combat, annonce l’armée de l’air ukrainienne.

Le pilote, âgé de 25 ans, effectuait des tirs de missiles et de bombes contre les forces russes sur un secteur du front non précisé lorsque son avion a été abattu par un missile russe. Il est parvenu à s’éjecter mais n’a pas survécu, selon la même source.

Marat Mambetov était commandant d’une patrouille au sein de la 40ᵉ brigade d’aviation tactique « Fantôme de Kiev », a précisé l’armée de l’air, qui rend hommage au pilote et a présenté ses condoléances à ses proches.