Une seule séance vous manque et tout est dépeuplé. Quel poète chantera la désolation des semaines sans match ni entraînement? Le week-end de Pâques, et les vacances scolaires qui l’accompagnent mettent en pause les calendriers. Un long chemin de croix pour les juniors, et pour les pratiquants adultes qui ne sont pas en congé mais sont pareillement condamnés à prolonger de sept jours supplémentaires le carême de leur activité favorite. Les températures remontent enfin, les pelouses reverdissent déjà, le passage à l’heure d’été permet de finir les entraînements à la lumière naturelle mais non, les terrains sont fermés, alors il n’y a rien, rien que l’ennui. Un gâchis, un supplice et un vide.
Une rapide estimation personnelle: je dois être peu ou prou dans ma cinquantième année de football. A raison d’une vingtaine de matchs par saison en moyenne (il y en a davantage mais j’ai arrêté le foot six mois pour cause de mariage, effectué dix mois de service militaire et subi deux ruptures des ligaments croisés antérieurs qui m’ont éloigné à chaque fois neuf mois des terrains), cela fait 50 x 20 = 1000 matchs environ.


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