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Par E.H
Publié le 05/10/2026 à 17h06

FIGAROVOX/TRIBUNE - Les pancartes parsemées de fautes d’orthographe brandies par les lycéens viennent rappeler que la violence se nourrit de l’illettrisme, de l’incapacité de mettre des mots sur la souffrance et de l’absence de sens, analyse la professeur de littérature.
Emmanuelle Hénin est professeure de littérature comparée et spécialiste de la littérature de la Renaissance.
Depuis une semaine, nous assistons avec sidération à l’embrasement des lycées. Derrière la confusion des mots d’ordre, on devine le mal-être d’une génération qui perçoit confusément qu’elle a été flouée : malgré un budget colossal, en hausse constante pour atteindre 64 milliards d’euros cette année, malgré un taux de réussite au baccalauréat de 90 %, malgré les quelque 12 000 heures passées sur les bancs de l’école entre la maternelle et la terminale, l’Éducation nationale n’est plus en mesure de garantir aux élèves le niveau minimal de maîtrise de la langue, de la logique et du calcul, qui permettrait que la massification de l’enseignement supérieur ne soit d’abord une massification de l’échec – plus de 50 % en première année.
Cet effondrement, documenté d’année en année par les enquêtes PISA, trouve une illustration éclatante dans la rédaction des pancartes brandies par les…


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