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Politique 22/07/2026 15:22 Actualisé le 22/07/2026 16:28
La ministre de la Transition écologique a finalement accepté de rester en poste malgré le vote de la loi agricole avec laquelle elle est en désaccord.
Il aime à rappeler qu’il est le « maître des horloges ». Depuis son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron n’a cessé de prendre des décisions, parfois déroutantes, pour signifier qu’il ne se laisse pas dicter d’agenda. Parfois, il n’a pas le choix et doit subir les prises d’initiative de ses ministres, à l’image de ce matin d’août 2018, lorsque Nicolas Hulot crée la surprise en annonçant son départ soudain du gouvernement lors d’une interview sur France Inter.
Mais à plusieurs reprises dans ses deux quinquennats, il est arrivé au chef de l’État de refuser la démission de certains ministres. Pour relégitimer des proches ou pour montrer qu’il garde la main. C’est ce qu’il a fait ce mercredi 22 juillet en refusant la démission de la ministre de l’Écologie Monique Barbut qui a accepté, à la demande du président, de poursuivre sa mission malgré des déclarations acerbes sur la méthode Lecornu jusqu’à l'acmé du vote de la loi agricole.
Voici d’autres exemples depuis 2017.
Quand Collomb force vraiment la main de Macron

MICHEL EULER via Getty Images
Gérard Collomb a dû démissionner deux fois pour qu’Emmanuel Macron finisse par accepter.
Quelques jours après le départ fracassant de Nicolas Hulot, un autre ténor du gouvernement Philippe veut partir. En ce début d’automne 2018, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb se projette à la mairie de Lyon, où il compte retrouver son bureau d’édile pour mieux préparer les municipales de 2020. Fragilisé par cette ambition locale, il propose sa démission au président de la République le 1er octobre. Refus net du président qui ne veut pas se faire dicter la composition de son gouvernement. « Face aux attaques dont le ministre fait l’objet, le président de la République lui a renouvelé sa confiance et lui a demandé de rester pleinement mobilisé sur sa mission pour la sécurité des Français », explique l’entourage présidentiel. Mais la pression ne redescend pas et Gérard Collomb revient à la charge quelques heures plus tard. Sa démission est finalement actée dans la nuit du 2 au 3 octobre, Édouard Philippe assurant l’intérim jusqu’à la nomination place Beauvau de Christophe Castaner.
Élisabeth Borne pensait respecter la tradition républicaine

JOEL SAGET / AFP
Avant qu’Emmanuel Macron accepte la démission d’Élisabeth Borne en janvier 2024, il lui avait refusé une première fois en juin 2022.
Nommée à Matignon après la réélection d’Emmanuel Macron, Élisabeth Borne rejoint l’Élysée au lendemain des législatives de juin 2022. Comme de coutume (notamment pour permettre le remplacement des ministres battus), la Première ministre présente ce 21 juin la démission de son gouvernement… que le président de la République refuse. Son entourage explique alors qu’il ne veut pas d’un exécutif « empêché », qui en serait réduit à « expédier les affaires courantes ». L’Élysée poursuit en précisant que le président se chargera lui-même de mener des discussions avec d’autres forces politiques pour tenter de construire une coalition solide. Il n’y parviendra pas et annoncera un remaniement le 4 juillet avec Élisabeth Borne toujours cheffe du gouvernement. Elle présentera de nouveau sa démission, acceptée celle-ci, le 8 janvier 2024.
Darmanin veut obtenir le soutient de Macron

LUDOVIC MARIN / AFP
Ce 11 décembre 2023, Gérald Darmanin confirme sur TF1 avoir présenté sa démission à Emmanuel Macron.
Ce 11 décembre 2023, l’Assemblée nationale adresse un camouflet au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Une motion de rejet portée par les écologistes bloque la loi immigration qu’il porte depuis plusieurs semaines. Le soir sur TF1, il reconnaît un échec et confirme avoir proposé sa démission à Emmanuel Macron. « Je suis un homme d’honneur et le Parlement compte (…) Il fallait que le président de la République tranche, il a tranché », explique alors le ministre, dont on comprend qu’il cherchait surtout une relégitimation présidentielle, y compris contre la Première ministre Élisabeth Borne. Maintenu place Beauvau, il défend à nouveau le texte, qui est finalement voté le 19 décembre.
Sylvie Retailleau « obtient des garanties »

GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Sylvie Retailleau est finalement restée ministre d’Élisabeth Borne malgré le vote de la loi immigration.
Le vote de la loi immigration fin 2023 est l’un des marqueurs du second quinquennat d’Emmanuel Macron. Il agit aussi comme une cassure dans son camp et pousse le ministre de la Santé (Aurélien Rousseau, qui en faisait une question de principe) à partir. Deux ans et demi plus tard, on a oublié qu’une autre membre du gouvernement était également en désaccord avec le texte : en charge de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau protestait contre les mesures contenues dans le texte visant les étudiants étrangers. C’est pourquoi elle présente sa démission mercredi 20 décembre avant de finalement accepter sa mission. Elle explique alors qu’Élisabeth Borne et Emmanuel Macron lui ont donné des garanties, notamment à propos de la caution exigée aux étudiants étrangers. Elle quittera finalement le gouvernement après la dissolution du printemps 2024.
Gabriel Attal reste « pour la stabilité du pays »

LUDOVIC MARIN / AFP
Le soir de la défaite de son camp aux législatives anticipées, Gabriel Attal annonce qu’il démissionnera le lendemain.
En poste depuis janvier 2024, le Premier ministre est pris de court par la dissolution annoncée au soir des élections européennes de juin. Un mois plus tard, ce 8 juillet, c’est un Gabriel Attal largement battu lors des législatives qui arrive à l’Élysée pour présenter la démission de son gouvernement comme c’est l’usage après une telle défaite. Mais alors que les Jeux olympiques se profilent, Emmanuel Macron refuse de se laisser dicter le tempo et enjoint son jeune Premier ministre à rester pour « la stabilité du pays ». Pourtant, une semaine plus tard, le président de la République finit par accepter la démission, le gouvernement Attal se chargeant de gérer les affaires courantes jusqu’en septembre.


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