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Elle a commencé par des ménages et termine cadre de santé : Martine a travaillé 50 ans au CHU de Toulouse

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De femme de ménage à cadre de santé, Martine Huc quittera le CHU de Toulouse fin 2026 après un parcours professionnel exceptionnel de cinquante ans.

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Martine va quitter le CHU de Toulouse après plus d’un demi-siècle de carrière.

Martine va quitter le CHU de Toulouse après plus d’un demi-siècle de carrière. (©Actu Toulouse/L.F.)

Par Lucie Fraisse Publié le 13 juin 2026 à 6h04

Elle ne connaît pas encore le jour exact, mais elle sait déjà que ce sera en décembre 2026. À la fin de l’année, Martine Huc quittera l’hôpital Pierre-Paul Riquet, à Purpan, plus de cinquante ans après avoir commencé à travailler au CHU de Toulouse. De ses premières années où elle faisait le ménage dans les chambres, jusqu’à son poste de cadre actuel, en passant par ses années d’infirmière de bloc, elle a accepté de raconter à Actu Toulouse son long et joli parcours professionnel.

Calot bleu sur la tête, tenue de bloc, collier de perles et lunettes vertes, Martine Huc a le tutoiement facile et le sourire généreux. Son badge aux couleurs du CHU porte sa photo et la mention « cadre de santé ». Une fonction bien éloignée de celle qu’elle occupait quand elle a pris son premier poste à l’hôpital public. C’était en 1976, elle avait 19 ans.

« J’arrivais du Mas-d’Azil en Ariège, avec un BEP sanitaire et social. J’ai été embauchée comme agent de service hospitalier : je faisais le ménage dans les chambres à Rangueil, dans le service de chirurgie cardiovasculaire. »

École d’aide soignante

Martine débarque donc à Toulouse avec son copain de l’époque, qui deviendra son mari. Ensemble ils ont deux enfants. Un garçon d’abord en 1977, une fille ensuite, qui voit le jour en 1981.

Peu après la naissance de sa fille, Martine rentre en école d’aide-soignante, grâce au dispositif de promotion professionnelle hospitalière. Elle est ainsi payée pendant ses études et s’engage en contrepartie à travailler pour l’hôpital pendant plusieurs années. Elle enchaîne presque directement avec l’école d’infirmières, à Rangueil.

« J’ai adoré ça, se remémore-t-elle. Je me suis amusée, on s’entendait bien. Mon mari me soutenait, il était là pour les enfants. Aujourd’hui, je le dis aux plus jeunes : les études et les enfants en même temps c’est faisable, mais il faut que toute la famille soit partante. »

Au service des grands brûlés

À l’issue de sa formation, Martine est affectée au service des grands brûlés, à Rangueil. Un service dur « émotionnellement et techniquement, surtout au départ. Mais je me suis éclatée, l’équipe était formidable. »

Martine continue à gravir les échelons et passe le concours pour devenir infirmière de bloc opératoire, Ibode dans le jargon hospitalier. Retourne dix mois sur les bancs de l’école. En 1997, elle intègre le service ortho-traumato à Rangueil. C’est là qu’elle vivra l’un des moments marquants de sa carrière, un certain 21 septembre 2001.

L'explosion d'AZF, ça a vraiment été difficile. On était au bloc pour poser une prothèse de la hanche et on a ressenti des secousses. Le chirurgien a dit "on se concentre, et on termine l'opération". On ne savait pas du tout ce qui s'était passé ! Je me revois dire au patient : "l'opération s'est bien déroulée, tout va bien". Ensuite j'ouvre la porte et là, le choc : toutes les fenêtres étaient tombées. C'était dix jours après le World Trade Center, ça a été l'angoisse tout le temps où on n'a pas réussi à joindre nos proches.

« Je ne dis pas que tout le monde doit partir à 70 ans »

Depuis 2010, Martine est cadre de santé pour le pôle céphalique, à l’hôpital Pierre-Paul Riquet. « C’est une fonction complètement différente de celle d’infirmière. Je suis dans la gestion d’équipe. »

Un métier qu’elle a débuté à la cinquantaine passée, après un nouveau concours et une nouvelle formation. Et dont elle a voulu profiter jusqu’au bout.

« J’ai travaillé pour en arriver là, je voulais continuer, je n’avais pas fait le tour. J’aurais pu partir en retraite plus tôt, mais je me sentais la force de travailler. Je ne dis pas que c’est ce que tout le monde doit partir à 70 ans, mais moi ça m’a convenu. Et ma famille était d’accord avec ça. »

De la marche, du vélo…

Il faudra pourtant que Martine s’y résolve : impossible de travailler au-delà de 70 ans pour l’hôpital public. En décembre, elle quittera donc définitivement la structure. « J’ai eu plein de bons moments, eu la chance de travailler avec des bonnes personnes. Les moins sympas, on les oublie », sourit-elle.

Une fois en retraite, Martine sait qu’elle fera de la marche ou du vélo. Elle envisage aussi de s’engager dans une association « sans doute en lien avec la santé » évidemment. On ne tourne pas comme ça la page de cinquante années de sa vie.

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