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Élèves en crise à l’école : un sentiment d’insécurité dénoncé

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Des voix s'élèvent à Rimouski, tant du côté de parents d'élèves que des syndicats qui représentent le personnel, pour dénoncer ce qu'ils qualifient de manque de ressources pour gérer des élèves qui se désorganisent et deviennent violents. Le Centre de services scolaire des Phares affirme, quant à lui, que toutes les ressources nécessaires sont en place pour intervenir dans ces situations.

Des inquiétudes pour la sécurité des enfants et du personnel sont soulevées, entre autres, à l'école de L'Aquarelle à Rimouski.

Éric Labbé, le père d'une élève inscrite dans l'une des classes d'adaptation scolaire dans cette école, dit craindre pour la sécurité de sa fille.

Il soutient que, lorsqu'un élève se désorganise, un code Colibri est déclenché et les autres enfants doivent parfois se confiner dans les salles de classe avec leurs enseignants. Éric Labbé estime que ce genre d'expérience peut être déstabilisante pour des enfants.

Le père dit avoir appris qu'au moins quatre situations similaires se seraient produites depuis le début de l'année scolaire.

C'est inquiétant. C'est assez pour se dire : "Ça va être quoi, le prochain? Ça va être de quelle nature? Est-ce qu'il va y avoir des enfants blessés?"

Éric Labbé affirme par ailleurs qu'il aimerait être informé de manière plus proactive par la direction de l'école lorsqu'une telle situation survient. J'ai l'impression que la direction veut mettre la main sur le couvercle de la marmite, ajoute-t-il.

Éric Labbé.

Éric Labbé, dont la fille fréquente L'Aquarelle, estime que la situation est inquiétante.

Photo : Radio-Canada

Il convient que l'école L'Aquarelle est un établissement qui réunit différentes classes d'adaptation scolaire, avec des élèves qui présentent différents besoins et qui requièrent plus d'encadrement, ce que confirme le Centre de services scolaire. Selon lui, la mixité sociale est d'ailleurs positive pour former des citoyens plus ouverts à la différence.

Par contre, Éric Labbé croit que certains enfants n'ont pas leur place dans une école régulière, puisqu'ils posent, selon lui, un danger pour les autres et auraient besoin de services plus spécialisés. Celui qui a déjà œuvré dans le monde de l'éducation ne rejette pas le blâme sur le personnel parce qu'il estime que ces derniers n'ont pas les moyens nécessaires d'intervenir.

Pas équipés, selon des syndicats

Les porte-parole des syndicats qui représentent les enseignantes et le personnel de soutien au Centre de services scolaire des Phares abondent dans le même sens.

Elles soulignent toutefois que de tels événements peuvent aussi survenir dans les autres écoles. On nomme l'école L'Aquarelle, mais il faut s'entendre que c'est une généralité. [...] Malheureusement, ce sont des situations qui sont récurrentes dans plusieurs de nos milieux, affirme la présidente du Syndicat du soutien scolaire des Phares, Marie-Ève Leblanc.

Elle explique que le personnel de soutien est limité dans les interventions qu'il est autorisé à faire pour maîtriser un élève violent.

Seuls quelques membres du personnel scolaire, comme les psychoéducateurs, sont autorisés à prendre la décision d'utiliser une mesure de contention, indique le cadre de référence sur les mesures de contrôle en milieu scolaire du ministère de l'Éducation.

Marie-Ève Leblanc.

La présidente du Syndicat du soutien scolaire des Phares, Marie-Ève Leblanc, soutient que des membres du personnel ne se sentent plus en sécurité sur leur lieu de travail.

Photo : Radio-Canada / Antoine Proulx

Marie-Ève Leblanc déplore que bien des membres du personnel ne se sentent pas en sécurité sur leur lieu de travail. J'en ai beaucoup en arrêt de travail aussi dû à ces raisons-là, à la surcharge, à la pression, à l'hypervigilance qui vont les mener à s'arrêter parce que ce n'est pas viable, ajoute-t-elle.

Il faut que ça bouge. Il faut qu'il y ait quelque chose qui se passe.

La présidente intérimaire du Syndicat de l'enseignement de la région de la Mitis, Sylvie Lefebvre, abonde dans le même sens. Lorsqu'il arrive des désorganisations [...] les enseignantes prennent soin des élèves pour que les enfants ressentent qu'ils sont en sécurité. Donc, émotivement, elles prennent la charge sur elles et ça, c'est très exigeant, explique-t-elle.

C'est important que le personnel, que les enseignantes soient soutenues, soient écoutées.

Marie-Ève Leblanc et Sylvie Lefebvre considèrent que l'ajout d'outils et de moyens permettrait de mieux soutenir le personnel et les enfants. L'ajout de classes supra-régionales, comme on en retrouve dans les grands centres, permettrait, selon elles, de regrouper les élèves qui ont les besoins les plus criants.

Des classes supra-régionales, [c'est un lieu] où tous les services peuvent être centralisés avec les ressources qu'il faut, avec l'argent qu'il faut aussi, avec la qualité de service qu'il faut, avec la rapidité d'exécution [qu'il faut], décrit la présidente du Syndicat du soutien scolaire des Phares.

Marie-Ève Leblanc soutient que de telles classes n'existent pas dans la région, puisqu'il serait ardu de réunir ces enfants en un même lieu, compte tenu des grandes distances à parcourir.

Ce n'est pas le manque de ressources, selon le Centre de services scolaire

La directrice générale adjointe du Centre de services scolaire des Phares, Christine Marquis, soutient que le personnel dispose des ressources nécessaires pour gérer les épisodes de désorganisation chez des élèves qui sont en perte de contrôle émotionnel.

Elle affirme que des intervenants, des professionnels, des aides à la classe ont été ajoutés dans les écoles au cours des dernières années pour soutenir le personnel.

On a plus de gens dans les écoles présentement que jamais dans le passé.

Christine Marquis mentionne que le Centre de services scolaire a fait énormément de démarches auprès du ministère de l'Éducation pour se doter d'une classe supra-régionale, mais que les règles en vigueur ne permettent pas sa création pour le moment.

Christine Marquis en entrevue.

La directrice générale adjointe du Centre de services scolaires des Phares, Christine Marquis, soutient que les ressources nécessaires sont en place et que la solution passe par la concertation.

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute que l'ouverture d'une telle classe est toujours souhaitée et qu'une nouvelle demande pourrait être formulée au ministère, advenant un changement dans les règles.

Ce genre de classe là fait en sorte qu'on a des ressources de plus, un financement additionnel, mais c'est la même concertation, c'est le même travail avec les partenaires de la santé, c'est la communication, les parents, etc., poursuit Christine Marquis.

Elle est là la solution, elle est dans comment on travaille tous ensemble.

La directrice générale adjointe soutient que le Centre de services scolaire compte continuer le travail déjà entamé, en s'ajustant aux nouveaux besoins des élèves.

C'est dans nos façons de faire. Il faut peut-être innover. Il faut changer. On a des contextes nouveaux. Des jeunes avec des réalités nouvelles, poursuit-elle.

Christine Marquis mentionne qu'il se fait aussi de la prévention et qu'elle passe par la formation du personnel et la mise sur pied de protocoles et de plans d'action.

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