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En 2023, les élections sénatoriales du mois de septembre avaient permis le renouvellement de 170 sièges dont trois étaient revenus au Rassemblement National (RN), une première sous la Ve République. À quelques jours d'un nouveau scrutin, combien de sièges le parti d'extrême droite espère-t-il remporter? Réussira-t-il le tour de force nécessaire pour créer un groupe d'extrême droite à la Chambre haute?
«L'objectif c'est d'être présent partout, à l'occasion de ce scrutin» commence Ludovic Pajot, directeur de campagne pour le RN lors de ces sénatoriales 2026 et maire de Bruay-la-Buissière (62) dans le Pas-de-Calais. Une élection à fort enjeu donc, à moins d'un an des prochaines présidentielles.
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Vers une poussée du RN au Sénat?
Aujourd'hui encore, malgré un renouvellement de moitié tous les trois ans, le Sénat reste ancré dans une photographie politique plus ancienne. Pour preuve, les sénateur·rices Les Républicains (LR) représentent la majorité de sièges, suivi des Socialistes et affilié·es, ce qui n'est plus le cas de l'Assemblée nationale. Une différence renforcée depuis la dissolution de 2024, qui a vu entrer sur les bancs 122 député·es du RN, 139 d'extrême droite en comptant les allié·es de l'Union des droites pour la République (UDR) conduits par Éric Ciotti.
Pourtant, cet équilibre est en passe de changer: à l'issue des élections municipales de mars 2026, plus de 60 nouvelles communes ont basculé dans le giron de l'extrême droite –entendre RN et UDR de concert. Une élection qui va en marquer une autre, puisque les sénatoriales sont les seules élections en France à se dérouler suivant le suffrage universel indirect bien spécifique.
Un suffrage indirect, ancré dans les communes et départements
En effet, les électeurs et électrices qui voteront pour les élections sénatoriales le 27 septembre prochain sont des «grands électeurs». Ce collège électoral, constitué de plus de 170.000 personnes au niveau national, est composé d'élu·es de la nation à savoir: «les députés et les sénateurs […], les conseillers régionaux, les conseillers départementaux, et surtout les maires et délégués des conseils municipaux, qui représentent à eux seuls 95% des grands électeurs» peut-on lire sur le site du Sénat.
Cette année, plus de 90.000 d'entre eux seront appelés aux urnes, afin de renouveler un peu plus de la moitié des sièges du Sénat: 178 sur 348. Sur ces 178 sièges à pourvoir, 119 sièges seront désignés à la représentation proportionnelle et 59 au scrutin majoritaire. Pour les circonscriptions départagées à la proportionnelle, celles avec trois sièges ou plus en lice, un seul vote désignera proportionnellement par le pourcentage des voix obtenues. Pour le scrutin majoritaire, deux votes auront lieu (un le matin, l'autre l'après-midi) pour désigner en deux tours la liste avec le plus de voix. Voilà pour le topo.
Mais qu'en est-il du RN dans tout cela? Aux élections municipales de 2026, 61 communes élisaient à leur tête un ou une maire RN ou UDR, auxquels il faut ajouter les milliers de délégué·es des conseils municipaux affiliés à l'un de ces deux partis d'extrême droite. Soit une belle proportion qui pourrait fortement augmenter la position de cette alliance au Sénat.
Quels enjeux pour l'extrême droite?
«C'est important pour nous [NDLR: ces élections] car actuellement nous avons 3 sénateurs non-inscrits et c'est vrai que quand on est sénateur non-inscrit […] on a pas le même temps de parole, on a pas le même poids au sein de l'hémicycle, le fait d'avoir un groupe au Sénat ça va permettre à nos parlementaires et à notre mouvement politique de se faire entendre d'avantage» décrit Ludovic Pajot, directeur de campagne pour le Rassemblement National. Ce dernier nous confirmait ce vendredi 11 septembre le dépôt de 54 listes RN et 5 pour l'UDR aux sénatoriales, réparties dans les 64 circonscriptions soumises au vote, mais aussi «de façon inédite» des listes en «Outre-mer avec la Guyane et pour les Français de l'étranger».
Comme pour les élections municipales, le parti présidé par Jordan Bardella s'est donc allié avec l'UDR d'Eric Ciotti, pour proposer des listes communes. L'idée avec ce scrutin très peu suivi par l'opinion publique: obtenir plus de sept sièges afin de pouvoir former un groupe de 10 sénateur·rices et obtenir plus de poids dans l'institution. En effet, le RN est déjà fort de trois sénateurs élus en 2023, qui s'ajouteront donc à de possibles victoires fin septembre. Dans quelles circonscriptions retrouve-t-on des candidat·es RN et UDR? En voici quelques-unes.
Outre cette alliance RN-UDR, d’autres listes caractérisées comme extrême-droite sont présentées; on y retrouve neuf listes Reconquête (le parti fondé par Éric Zemmour) ainsi que des listes dissidentes. Par exemple, dans le Var, pas moins de trois listes d’extrême droite se font face, dont une déposée en dernière minute par Philippe Vitel, ancien député, exfiltré de son poste de vice-président de l’UDR.
Dans les Bouches-du-Rhône, deux listes d’extrême droite s’affrontent; dont une menée par Stéphane Ravier, sénateur réélu en 2020 passé un temps par le RN puis par Reconquête. Il a été condamné en appel en juillet 2026 à une peine d'inéligibilité d’un an, il a annoncé se pourvoir en cassation (ce qui suspend l'inéligibilité).
Vers un groupe RN-UDR au Sénat?
Pour le RN, cette élection est une opportunité de transformer l'essai: utiliser les forces élues sur tout le territoire national pour obtenir plus de poids dans les institutions du pays. Niches parlementaires, commissions, temps de parole supplémentaire: obtenir un groupe signifie gagner en poids dans l'hémicycle et «franchir une marche supplémentaire dans l'accession en responsabilité au niveau national» ajoute Ludovic Pajot, le maire de Bruay-la-Buissière dans le Pas-de-Calais. Il ne s'en cache pas, une victoire aux Sénatoriales permettrait de «renforcer notre capacité d'action pour transformer le pays lorsque nous exercerons les responsabilités gouvernementales». Sommes-nous en passe d'assister à la prochaine étape de la vague brune dans nos institutions?





























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