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Élections : nomade, Jani Bellefleur-Kaltush chez elle à QS

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Assise aux jardins de l’Anse, à Sept-Îles, Jani Bellefleur-Kaltush s’intéresse soudainement au tricot de la bénévole de son parti, assise à ses côtés. La candidate pour Québec solidaire (QS) dans Duplessis a la fibre artistique. En fait, c’est une touche-à-tout.

Après avoir étudié en psychologie et en cinéma, après avoir vécu à Rimouski, Chicoutimi, Québec et Montréal, elle est de retour dans la région pour entreprendre une nouvelle aventure, sur la scène provinciale cette fois-ci.

Mais devenir candidate pour QS est un peu un accident de parcours pour l’Innue de 41 ans originaire de Nutashkuan.

Si pour plusieurs, les raisons familiales sont invoquées pour quitter la politique, c’est plutôt le contraire qui est arrivé à Jani Bellefleur-Kaltush à son retour à Sept-Îles, il y a environ trois ans.

Cette entrevue a été adaptée pour des fins de longueur et de compréhension.

Radio-Canada : Quel a été le déclic qui a fait que vous vous intéressez à la politique?

Jani Bellefleur-Kaltush : Avant, je n'étais aucunement intéressée par la politique, aucunement. Je suis tombée enceinte de ma fille et je me suis rendu compte que je voulais un pays où elle pouvait voir que ça s'améliore avec le temps. 

C'est aussi à ce moment-là [que Québec solidaire] m'a approchée. J'avais adhéré à QS juste pour adhérer, mais je n’étais pas complètement impliquée.
C'est la commission nationale autochtone du parti qui m'a appelée, qui m'a demandé si ça me tentait de participer à ça. 

Les autres candidats m'ont beaucoup, beaucoup appris sur comment ça marchait, la politique. Je suis allée à des congrès, il y avait des rencontres [...], et j'avais toujours des réponses à mes questions. Je me sens à ma place dans le parti.

La communauté innue de Nutashkuan, sur la Côte-Nord.

La communauté innue de Nutashkuan, sur la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Alban Normadin

Radio-Canada : Quel est l’endroit sur la Côte-Nord qui vous est le plus cher?

Jani Bellefleur-Kaltush : Ah, c’est ma communauté de Nutashkuan, les galets. Toute ma famille est là. Mon père, qui est décédé, est au cimetière là-bas. C'est là que j'ai vécu une partie de ma vie. Donc, c'est l'endroit le plus cher pour moi. C'est là que je me sens en sécurité. 

Si je vais là-bas, tout le stress du monde entier tombe. Je traverse l'aréna, je continue mon chemin, je suis en sécurité, c'est chez moi. 

J'étais là quand ils ont ouvert la route 138, dans les années 1990. Ça fait que j'ai encore des souvenirs du moment où c'était encore une région éloignée, sans la route. J'ai vu toute l'évolution depuis, tous les changements. C’est fou ce que ça peut faire une route pour ouvrir à d'autres communautés.

Jani Bellefleur-Kaltush devant la baie de Sept-Îles.

Jani Bellefleur-Kaltush a été approchée par Québec solidaire pour qu'elle représente le parti dans la circonscription de Duplessis.

Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie

Radio-Canada : Si vous pouviez prendre un café avec une personne, n’importe qui, qui est-ce que ce serait?

Jani Bellefleur-Kaltush : Si je pouvais, je retrouverais de ma grand-mère, ma grand-mère maternelle, parce que c'était mon dictionnaire, mon dictionnaire à moi. Tu sais, des morceaux de puzzle de mon histoire familiale, il m'en manque un peu.

Elle est partie avec la médecine traditionnelle, elle est partie avec les connaissances du territoire, elle est partie avec le moment où les pensionnats sont arrivés. Tous ces changements qu'il y avait avant et après elle, elle a tout vu ça. J’aimerais mieux comprendre, mieux voir aussi, parce que la langue, c'est visuel aussi. 

Je lui avais demandé si on pouvait faire un film ensemble, et elle m'avait dit oui. Mais on n'a pas eu le temps. La vie a été plus rapide que moi.

Radio-Canada : Un samedi soir parfait, c'est quoi pour vous? 

Jani Bellefleur-Kaltush : Un coucher de soleil à la plage avec ma fille, ma nièce, mon conjoint. Se promener, quelque chose de bien simple. Après, on regarde un film d'horreur. 

Comme réalisatrice, c'est quelque chose que j’aimerais faire un jour, parce que c'est beaucoup de manipulation au niveau du son, du visuel, des couleurs. Ça coûte cher de faire un film d'horreur, mais si on est créatif, tout est possible. Moi, je dis toujours que tout est possible dans la vie.

Et comme il faut parler de politique… les 3 priorités de Jani Bellefleur-Kaltush :

  • donner une place aux communautés autochtones dans la politique québécoise;
  • le logement;
  • le coût de la vie.
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