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Le Conseil de la culture de l'Abitibi-Témiscamingue souhaite davantage d'autonomie pour les régions, en cette campagne électorale provinciale, mais les candidats de la région prennent peu d'engagements concrets en matière de culture.
Depuis plusieurs années, le milieu culturel réclame davantage de financement pour les artistes, organismes et lieux de diffusion de la région, avec les coûts qui ont explosé, surtout depuis la période pandémique. Cette réalité fait partie des points que le Conseil de la culture de l'Abitibi-Témiscamingue (CCAT) veut faire valoir auprès des candidats aux élections.

La directrice générale du Conseil de la culture de l'Abitibi-Témiscamingue, Audrey Desrochers.
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin
Tout coûte plus cher, donc nous, si on est en région éloignée en Abitibi-Témiscamingue, c'est certain que ça coûte plus cher de faire venir des artistes, de faire circuler des œuvres, le coût de transport pour les marchandises, pour les expositions, ça nous touche encore plus, souligne Audrey Desrochers, directrice générale du CCAT.
Le Réseau Culture 360°, dont fait partie le CCAT, révélait dernièrement que la proportion du budget de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) réservé à chaque région était sous la barre du 1 %. Qu'est-ce qui revient à l'Abitibi-Témiscamingue, alors qu'on est une terre de cinéma, de métiers d'art? Ça veut dire qu'on ne reçoit vraiment pas beaucoup, ajoute Audrey Desrochers.

Manon Barbe va défendre les couleurs de la CAQ et du gouvernement sortant dans Abitibi-Est au scrutin du 5 octobre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
La candidate de la Coalition avenir Québec dans Abitibi-Est, Manon Barbe, est consciente de cet enjeu. Je veux travailler directement avec le milieu pour m'assurer que les programmes gouvernementaux tiennent réellement compte de notre réalité, parce qu'un organisme culturel en Abitibi-Témiscamingue, ça ne travaille pas dans les mêmes conditions qu'un organisme à Montréal, avance-t-elle.
France Marion, qui porte les couleurs de Québec solidaire dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, a assisté à plusieurs événements à saveur culturelle depuis le début de la campagne. Elle a rencontré les acteurs du milieu culturel et dit avoir entendu leurs doléances. C'est difficile pour les organismes, les artistes, d'avoir accès au financement. Ils doivent se tourner vers des programmes et le financement est difficile, rapporte-t-elle.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, en compagnie de la candidate dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, France Marion, à l'Agora des Arts. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir
Le CCAT rappelle également que les sorties scolaires en milieu culturel et le programme d'achat de livres dans les écoles ont échappé à l'hécatombe annoncée l'an dernier, mais que tout n'est pas rassurant pour autant. Les coupures n'ont pas eu lieu, sauf que l'argent a été fondu dans des budgets avec le loisir et le sport. On est un peu inquiets, est-ce que les budgets qui sont vraiment alloués à la culture vont aller là?, soulève Audrey Desrochers.
Ce qu'on aimerait, c'est que ces sommes-là soient protégées et soient gérées par le ministère de la Culture et des Communications pour que l'argent qui est censé aller en culture aille vraiment en culture.
Tant Québec solidaire que le Parti québécois s'engagent à maintenir, voire à bonifier les programmes culturels dans les écoles, mais les candidats interrogés, France Marion et Sébastien D'Astous, n'ont pas formulé d'engagements spécifiques à l'Abitibi-Témiscamingue dans ce dossier s'ils sont élus le 5 octobre.
Le Vieux-Palais d'Amos
Le candidat du Parti québécois dans Abitibi-Ouest est d'ailleurs le seul à avoir mentionné un dossier spécifique à sa circonscription lorsque questionné sur ses priorités C'est sûr que bon, j'ai mon petit bébé qui est le Vieux-Palais que je vais suivre dans le futur, parce que c'est un dossier qui est rendu municipal pour la Ville d'Amos, mais ça reste qu'il y a tellement de beau potentiel là-dedans que je vais le suivre avec envie et avec intérêt, indique Sébastien D'Astous à propos des 18,5 M$ annoncés plus tôt cette année.

Sébastien D'Astous est candidat pour le Parti québécois dans Abitibi-Ouest. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Quant à la candidate du Parti libéral du Québec dans Abitibi-Témiscamingue, Leanne Loney, elle considère qu'il faut soutenir les artistes de l'Abitibi-Témiscamingue afin qu'ils ne quittent pas la région pour exercer leur discipline dans les grands centres. Quand je vois tous les événements qui sont en ville présentement, chaque fin de semaine il y a une autre chose à faire, un autre spectacle. Il faut essayer de garder ça en ville et dans notre région, dit-elle.

La candidate du Parti libéral du Québec dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Leanne Loney, a participé à une causerie électorale organisée à Lorrainville, le 21 septembre.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le Parti conservateur du Québec a pour sa part répondu à notre demande d'entrevue par courriel. Le Parti conservateur du Québec assurera le financement de la culture. Cependant, toutes les dépenses publiques doivent être revues, à la lumière de la situation économique actuelle et de la pertinence de chaque programme gouvernemental. Tous devront faire leur part au moment où nous peinons à financer les missions essentielles de l’État, comme la santé et l’éducation, a-t-on écrit.


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