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Les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis, qui auront lieu dans cinq semaines à peine, se déroulent dans un contexte de crise économique, sociale et politique extrême.
L’administration Trump en est au septième mois de sa guerre criminelle contre l’Iran, qu’elle finance, comme les réductions d’impôts pour les riches qu’elle a adoptées l’an dernier, en recourant à une dette nationale qui dépasse actuellement 40 000 milliards de dollars. Les intérêts de cette dette dépassent désormais le budget militaire et dépasseront bientôt les dépenses nettes de Medicare.
La crise budgétaire qui se profile alimente déjà les exigences de l’aristocratie financière, qui réclame des coupes massives dans les retraites, Medicare et Medicaid, ainsi que dans le peu qu’il reste des autres programmes du « filet de sécurité » social américain, pourtant tout à fait insuffisant. La semaine dernière, l’administration Trump a privé 760 000 personnes des subventions prévues par la loi sur les soins abordables (Affordable Care Act).
La seule solution qu’offre l’aspirant dictateur de la Maison-Blanche est un mélange de violence militaire à l’étranger et de répression policière à l’intérieur. Il a déclaré mardi à l’Assemblée générale de l’ONU qu’il était sur le point de décider s’il allait « anéantir » l’Iran, et que les élections américaines – c’est-à-dire le vote du peuple américain – n’auraient aucune incidence sur cette décision.
De fait, l’administration se prépare à placer le scrutin lui-même sous surveillance policière. Après avoir échoué à prendre le contrôle du vote par correspondance par l’intermédiaire du service postal américain, elle a poursuivi en justice 24 États pour obtenir leurs listes électorales, et ses plus hauts responsables de l’application de la loi ont approuvé l’envoi d’agents de l’ICE et du FBI dans les bureaux de vote, en violation d’une loi fédérale qui interdit de poster des « hommes armés » sur les lieux de scrutin. Trump prépare le terrain pour rejeter les résultats si, comme cela semble probable, le Parti républicain subit une débâcle.
L’administration est de plus en plus haïe. Des millions de personnes ont défilé lors des manifestations « No Kings » (« Pas de rois »), parmi les plus importantes de l’histoire des États-Unis. La cote de popularité de Trump s’établit à 37 pour cent dans le sondage Marquette et à 32 pour cent dans ceux de Quinnipiac et de Reuters/Ipsos, son niveau le plus bas de l’un ou l’autre de ses mandats. Quarante-neuf pour cent des personnes interrogées estiment que leur situation financière s’est dégradée par rapport à il y a un an, et seuls 19 pour cent approuvent la gestion de l’inflation par Trump, alors que le prix de l’essence dépasse désormais en moyenne 1,19 dollar le litre.
Sur l’Iran, seuls 28 pour cent approuvent la politique de Trump, tandis que 60 pour cent s’opposent purement et simplement à la guerre, ce qui constitue un record pour une guerre américaine au cours de sa première année. Quelque 74 pour cent sont opposés à l’envoi de troupes au sol, et 66 pour cent estiment que la guerre n’en valait pas la peine.
Un signe de l’état d’esprit général est apparu lorsque Trump a été bruyamment hué lors d’un match de football américain universitaire dans le Tennessee, un État qu’il a remporté avec une avance confortable lors de ses trois campagnes présidentielles. Selon un compte rendu de presse, lorsque les images de l’arrivée de Trump sont apparues sur l’écran du stade, « un grondement de huées audible par-dessus des applaudissements clairsemés » a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. En 2024, Trump a remporté la région de Knoxville, où se déroulait le match, par 59 pour cent contre 39 pour cent.
La profonde impopularité de Trump se manifeste non seulement dans les réactions du public, mais aussi dans le choix des lieux où il se montre. Ses deux prochaines étapes de campagne pour les élections d’automne sont l’Oklahoma et l’Alabama, des États où il l’a emporté largement. Le vice-président JD Vance a fait campagne au Kansas, où aucun républicain n’a perdu une élection sénatoriale depuis près d’un siècle. Si les républicains ont besoin d’aide dans ces États, c’est qu’ils vont réellement au-devant d’un désastre le 3 novembre.
Ces mêmes sondages montrent que le Parti démocrate dispose d’une avance de 8 à 13 points dans l’intention de vote générique pour le Congrès, ce qui laisse entrevoir une majorité de 20 à 40 sièges à la Chambre des représentants, malgré les efforts du Parti républicain, soutenu par la Cour suprême, pour redécouper les circonscriptions à son avantage. Le nombre de sièges au Sénat américain considérés comme très disputés est passé d’une poignée à plus d’une douzaine : des sièges républicains sont menacés en Alaska, en Floride, dans l’Iowa, au Kansas, dans le Maine, au Mississippi, au Nebraska, en Caroline du Nord, dans l’Ohio et au Texas, contre seulement ceux du Michigan, du Minnesota et du New Hampshire pour les démocrates.
Une victoire démocrate aux élections de mi-mandat, tout en démontrant l’hostilité de masse envers l’administration Trump, ne changerait rien à la crise du système capitaliste, qui est la force motrice de la politique de Trump. Le Parti démocrate, en tant que parti capitaliste et instrument des oligarques de la finance et de l’appareil militaire et du renseignement, défend les mêmes intérêts sociaux que Trump.
Ce sont ces intérêts sociaux – l’immense richesse des milliardaires, Wall Street et l’élite patronale – qui dictent la politique du gouvernement américain, que ce soient les démocrates ou les républicains qui reçoivent les ordres.
Trump n’est pas un quelconque maniaque hissé à la Maison-Blanche par hasard. Il est un authentique représentant de l’élite dirigeante américaine, un amalgame corrompu d’escroquerie, de spéculation et de vol pur et simple. Lui et sa famille ont engrangé des milliards depuis son retour à la Maison-Blanche il y a un peu plus de 20 mois. Il a bien servi sa classe, lui rendant des milliers de milliards de dollars sous forme de réductions d’impôts en 2017 et en 2025, qui ont récompensé les investissements de celle-ci dans ses campagnes.
Une nouvelle étude a révélé que la rémunération des PDG des plus grandes entreprises américaines avait augmenté de 14 pour cent en 2025, pour atteindre en moyenne 27,9 millions de dollars. L’an dernier, les PDG ont gagné 325 fois plus que le travailleur moyen. Ce n’est pas un processus qui a commencé avec Trump. Il est le produit de la crise et de la décomposition de longue date du capitalisme américain. De 1978 à 2025, la rémunération des PDG a bondi de 1 316 pour cent, alors que les salaires et avantages sociaux des travailleurs n’ont augmenté que de 28 pour cent.
Le Parti démocrate n’offre aucune alternative parce qu’il défend le système capitaliste aussi fermement que Trump, même si ses méthodes diffèrent sur certains aspects. Sa campagne électorale est axée sur l’« accessibilité financière », un mot choisi pour reconnaître la colère suscitée par les prix sans en nommer la cause : le capitalisme. La publicité du parti s’en prend aux droits de douane de Trump et aux coupes des républicains dans Medicaid. La guerre de Trump contre l’Iran, quand elle est évoquée, est critiquée parce qu’elle fait monter le prix de l’essence, et non parce qu’elle constitue un crime au regard du droit international et de la Constitution américaine.
Ce que les démocrates défendent réellement s’est révélé lors de la visite d’État de Xi Jinping. Le sénateur Chuck Schumer a reproché à Trump d’avoir accueilli le président chinois « comme un suppliant » et déclaré qu’il devait « enfin montrer du cran ». Vingt et un sénateurs démocrates ont exigé une augmentation des ventes d’armes à Taïwan.
Le sénateur Richard Blumenthal a déclaré dimanche sur Fox News :
Que le président [...] célèbre Xi alors qu’il aide l’Iran, qui cherche à tuer nos fils et nos filles, est absolument [odieux]. Et je suis choqué et profondément alarmé que le président, en fait, fasse des courbettes devant lui et ne débloque pas l’argent dont Taïwan a besoin pour se défendre.
Quoi qu’il en soit, la question n’est pas ce que les démocrates voudraient faire, même en les croyant sur parole, mais ce qu’ils peuvent faire dans le cadre du capitalisme. Quiconque dirigera le Congrès en janvier sera confronté aux mêmes 1 000 milliards de dollars d’intérêts sur la dette, au même marché obligataire, aux mêmes exigences de l’armée et au même effondrement de la domination économique mondiale des États-Unis. Aucun parti qui défend ce système ne peut mettre fin à la guerre, réduire la dette ou rétablir ce qui a été supprimé, car la guerre et la dette sont les moyens par lesquels la classe dirigeante américaine lutte pour conserver sa position dans le monde.
Les démocrates le savent, et c’est pourquoi ils préparent déjà une collaboration bipartisane. Jared Kushner a rencontré Hakeem Jeffries en privé en août pour discuter des « moyens par lesquels la Maison-Blanche et les démocrates peuvent collaborer ». La résolution qui finance la guerre jusqu’en décembre a été adoptée par 370 voix contre 48 à la Chambre des représentants et par 90 voix contre 6 au Sénat. Le premier acte d’une majorité démocrate serait un appel à l’unité sur la « sécurité nationale ».
Le choix des candidats démocrates pour les élections du 3 novembre est une expression décisive de ces projets de collaboration avec Trump. Une analyse à paraître du WSWS a établi que plus de 60 candidats démocrates à la Chambre des représentants sont directement issus de l’appareil militaire et du renseignement.
Si les démocrates réalisent des gains importants lors de ces élections, il y aura dans le groupe parlementaire démocrate bien plus d’agents du renseignement militaire et de diplômés de West Point et d’Annapolis que de soi-disant « socialistes démocrates ». Deux généraux et deux amiraux figurent parmi les favoris démocrates dans des circonscriptions très disputées, de même que des fonctionnaires de carrière du département d’État, de l’Agence de renseignement de la défense (DIA), de l’Agence de sécurité nationale (NSA) et du FBI.
Ce n’est pas que les « démocrates de la CIA » soient nécessaires comme contrepoids aux démocrates des DSA. Dans bien des cas, en particulier en matière de politique étrangère, les deux se recoupent largement. Cela découle non seulement de l’histoire des DSA en tant que tendance politique anticommuniste et pro-impérialiste, mais plus fondamentalement des forces de classe qui déterminent l’orientation du Parti démocrate dans son ensemble et de toutes ses fractions.
Ces élections de mi-mandat enregistreront la colère de la population, et le Parti démocrate tentera de l’absorber et de la détourner. Mais la crise qui a engendré cette colère s’intensifiera quel que soit le résultat, et elle poussera la classe ouvrière à entrer en lutte contre les deux partis. La tâche consiste à donner à cette lutte une forme politique indépendante : un mouvement de la classe ouvrière, organisé en comités de base et lié par-delà les frontières, dirigé contre la guerre et l’ordre social qui l’engendre.


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