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Avec l’ouverture de la ligne de train léger Eglinton Crosstown dimanche, l’agence provinciale Metrolinx peut maintenant se concentrer sur ses autres projets en cours et tirer des leçons du long périple qu’a été la construction de la ligne.
Selon Matti Siemiatycki, professeur d’urbanisme à l’Université de Toronto, l’une des choses à améliorer est la communication et la transparence avec le public, et ce, tout au long des processus.
Je pense que les gens comprennent lorsqu’il y a des complications. Ce avec quoi ils ont du mal, c’est lorsqu’elles semblent durer indéfiniment et qu’il n’y a aucune explication claire de ce qui se passe, dit-il.

Selon le consultant en transport Jonathan English, pour ce genre de projet, il faut faire en sorte que toute la planification et les processus légaux avec les partenaires soient faits rapidement et avant même de commencer la construction. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yan Theoret
Plusieurs leçons sont aussi à tirer concernant le processus lui-même, ajoute M. Siemiatycki, citant notamment le rôle des appels d’offres et la manière dont les partenariats public-privé sont mis en place.
Il faut faire en sorte que toute la planification et les processus légaux avec les partenaires, que ce soit pour le réseau d’électricité, les égouts, l’installation de portes, etc., soient faits rapidement et avant même de commencer la construction, affirme le consultant en transport Jonathan English, de la firme Infrastory Insights.
Il est important d’avoir un plan clair dès le début.
Il y a aussi des enseignements sur l’engagement, sur ce à quoi ressemble le leadership de projet, sur la relation avec les entrepreneurs, et sur l’importance de s’assurer que toutes les parties gouvernementales sont alignées, ajoute M. Siemiatycki
Les différents acteurs se sont affrontés tout au long de ce processus, et je pense que cela a rendu le projet encore plus difficile, soutient-il.
M. Siemiatycki croit également qu’à l’avenir, il faudra mieux impliquer et travailler avec les communautés entourant les projets.
À bien des égards, [elles ont] subi de plein fouet les conséquences des travaux pendant toutes ces années, dit-il.
La gestion des coûts
La ligne de train léger Eglinton Crosstown a coûté 13 milliards de dollars.
Le Transit Costs Project de l’Université de New York cite Toronto comme étant un des endroits les plus chers au monde pour construire des transports publics.
Metrolinx devrait s’inspirer de projets comme le REM dans le Grand Montréal, suggère M. English.
Selon la Caisse de dépôt et placement du Québec, le coût du REM par kilomètre est de 125 millions de dollars, soit un coût largement inférieur aux meilleurs projets comparables en Amérique du Nord.
On doit voir pourquoi le REM est tellement moins cher que tous les autres projets, dit-il.
L’important, c’est l’atterrissage
Malgré tout, le professeur Siemiatycki croit que l’important, c’est le résultat. Il faut que le projet tienne ses promesses, dit-il. C’est un peu comme en ski acrobatique : le style compte, montrer comment on fait les choses, mais réussir l’atterrissage est vraiment crucial.
On s’attend à des trajets plus rapides, plus fiables, plus sécuritaires.
Si les objectifs sont atteints, alors les gens verront les bénéfices avec le temps, et ce qu’on constate généralement, c’est que les souvenirs négatifs finissent par s’estomper.
Les projets en cours
Parmi les principaux projets en cours à Toronto, la ligne Ontario devrait ouvrir en 2031.
La nouvelle ligne de métro, qui est en construction, s’étendra sur 15,5 kilomètres pour relier l’est et l’ouest de la ville en passant par le centre-ville.
Metrolinx prévoit aussi prolonger la ligne 2 du métro vers Scarborough, et y ajouter trois arrêts de la station Kennedy jusqu’à un nouveau terminus situé à l’angle de l’avenue Sheppard et de la route McCowan, visant à remplacer le train léger RT de Scarborough.

Parmi les projets de Metrolinx, trois nouvelles stations sont prévues pour le prolongement de près de huit kilomètres de la ligne 2 du métro de Toronto. (Photo d’archives)
Photo : Metrolinx
Déjà, le projet coûtera près du double de ce qui était prévu initialement pour un nouveau total estimé, en juin 2025, à 10,2 milliards de dollars.
La ligne de métro 1 sera quant à elle prolongée de huit kilomètres. Le projet vise à joindre la ligne Yonge-University à la station GO Langstaff et devrait être terminé en 2030.
La deuxième phase de la ligne orange est aussi en cours. Elle permettra aux usagers de se rendre de Scarborough jusqu’à Mississauga. La ligne devrait éventuellement relier le métro de Toronto à l’aéroport international Pearson.
Métrolinx n’a pas répondu à notre demande de commentaires pour le moment.


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