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Nommée en juin, la directrice académique de la Manche était en visite à Cherbourg ce mardi 1er septembre 2026. Elle évoque les dossiers prioritaires de la rentrée.
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Par Juliette Voisin Publié le 2 sept. 2026 à 6h00
« Bonjour les enfants ! Hello ! » C’est à l’école élémentaire bilingue Gibert-Zola à Cherbourg (Manche) que la nouvelle directrice académique a effectué sa première rentrée des classes dans le département ce mardi 1er septembre 2026. Brigitte Lacoste en a profité pour évoquer les principaux dossiers de cette rentrée et les défis qui attendent l’école.
Des enseignants dans toutes les classes
Après un été de préparatifs, Brigitte Lacoste a le sourire. « La rentrée s’annonce bien. Nous avons des enseignants dans toutes nos écoles, dans toutes nos classes. Dans les collèges et les lycées, à la marge, il reste probablement encore quelques moyens à pourvoir. »
Quelques ajustements subsistaient, notamment en espagnol dans un établissement.
Donner le goût des sciences autant aux filles qu’aux garçons
« Les filles, je compte sur vous pour être plus fortes que les garçons en mathématiques », lance Brigitte Lacoste aux élèves de CM 2.
Enjeu national, l’égalité filles-garçons fait partie de ses préoccupations. Le constat : les garçons ont de meilleurs résultats en mathématiques que les filles, tandis que les filles réussissent davantage en français.
« Et ce n’est pas normal », alerte Brigitte Lacoste.
Selon elle, un travail doit être mené aussi bien par les enseignants que par les parents : « Les enseignants doivent réfléchir à leur posture lorsqu’ils enseignent les mathématiques ou le français et qu’ils s’interrogent sur les raisons pour lesquelles les filles, petit à petit, ont moins confiance en elles. En tant que parents, nous pouvons parfois reproduire des biais avec nos propres enfants sans en être conscients. »
Elle voit dans ces enfants les ingénieurs de demain.
« Pour le Cotentin, on a besoin de garçons, mais aussi de filles ingénieures. Il faut vraiment essayer de donner le goût des sciences et des mathématiques à tous les élèves. »
Vers un territoire bilingue ?
L’école Gibert-Zola constitue également un exemple particulier. Ses 124 élèves, répartis dans six classes du CP au CM 2, bénéficient de six heures d’enseignement en anglais chaque semaine.
Je pense qu’on aurait tout intérêt à développer l’enseignement renforcé de l’anglais dans les collèges.
L’enseignement renforcé existe déjà au collège des Provinces, tandis que le lycée Victor-Grignard dispose d’une section internationale.
Pour la directrice académique, il faut aller plus loin. « Si on veut vraiment que Cherbourg soit un territoire bilingue, avec la proximité de l’Angleterre et les besoins en ingénieurs, l’anglais est aussi une compétence extrêmement importante pour les ingénieurs. »
Une réflexion doit désormais être menée avec la rectrice et les services académiques.
Baisse des effectifs et projets industriels
Autre enjeu pour Brigitte Lacoste : anticiper les évolutions démographiques de la Manche. Comme partout en France, le département doit faire face à une baisse de la natalité.
« On va perdre entre 15 et 20 % d’élèves dans les dix prochaines années. On sait donc que cela va avoir une incidence sur l’offre éducative », estime-t-elle.
Mais cette baisse des effectifs intervient dans un département qui s’apprête aussi à accueillir d’importants projets industriels et, potentiellement, de nouvelles familles. Un paradoxe auquel l’Éducation nationale devra se préparer.
« Il faut que l’école soit prête. S’il y a davantage d’arrivées, et on l’espère, nous serons en mesure d’accueillir les élèves. »
Pour cela, Brigitte Lacoste souhaite une offre scolaire « un peu modulable », capable de s’adapter aux évolutions du territoire.
Elle évoque notamment des pôles scolaires où il serait possible d’ouvrir une classe supplémentaire, mais aussi des espaces partagés avec d’autres publics.
« Il faut qu’on réfléchisse à faire des choses innovantes et qu’on ne soit pas dans la déprime », résume-t-elle. Une première réflexion doit être engagée à l’automne avec les élus.
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