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Face aux suppressions de postes annoncées pour 2026, les syndicats dénoncent une dégradation des conditions d’enseignement. La mobilisation de ce mardi pourrait aussi marquer le début d’un bras de fer autour des choix budgétaires à venir.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 07:42 | mis à jour aujourd'hui à 07:42 - Temps de lecture :
Ce mardi 31 mars, certaines classes resteront portes closes. Et ce, en raison d’un appel à la grève d’une intersyndicale de l’Éducation nationale (réunissant la FSU, l’Unsa, la CFDT, la CGT et SUD) pour protester contre les suppressions de postes et les fermetures de classes en 2026. « On estime que 30 % des enseignants du premier degré du public pourraient être en grève, avec des écoles fermées, y compris celles qui n’ont pas l’habitude de se mobiliser », a annoncé ce lundi Aurélie Gagnier, la secrétaire générale du SNUipp-FSU. La mobilisation devrait être toutefois très disparate selon les départements. Dans le second degré (collèges et lycées), l’ampleur du mouvement reste difficile à anticiper, les enseignants ne se déclarant grévistes que le jour même. « Le mouvement devrait être assez suivi dans certaines académies (Aix-Marseille, Lille, Créteil…) », indique Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU.
Au cœur de la contestation, la suppression annoncée de 3 256 postes d’enseignants à la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré et 1 365 dans le second, auxquels s’ajouteront 762 suppressions dans le privé sous contrat. Une décision justifiée par la baisse démographique par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Ce dernier a maintes fois répété que le gouvernement aurait pu supprimer 8 000 à 9 000 postes s’il avait strictement suivi la courbe démographique, mais qu’il avait fait le choix de limiter les coupes.
« Il s’agit de poser les jalons pour 2027 »
Des arguments qui ne convainquent pas les syndicats. « Il faut s’attendre à au moins 2 100 fermetures de classes dans le premier degré », explique Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la CFDT Éducation. Une situation qui pourrait fragiliser certains territoires ruraux : « Des villages risquent de perdre leur école, obligeant les familles à se réorganiser et les enfants à emprunter des transports scolaires », souligne Aurélie Gagnier.
Au collège, les syndicats craignent une augmentation du nombre d’élèves par classe. « Cette baisse démographique est utilisée comme un alibi, alors qu’elle devrait être une opportunité pour nous donner de l’air », a fustigé Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa Éducation. Autre inquiétude : les répercussions de ces suppressions de postes sur l’offre de formations. « Elles vont conduire à un rabougrissement de l’offre de spécialités ou d’options dans les lycées », redoute Sophie Vénétitay.
Si les syndicats savent qu’ils ne pourront plus avoir d’impact sur des mesures gouvernementales qui ont été déjà actées, ils veulent utiliser leur mobilisation pour préparer l’avenir : « Il s’agit de poser les jalons pour 2027. Il est hors de question que le budget 2027 sacrifie encore le service public d’éducation, il y va de l’avenir de nos élèves », prévient Sophie Vénétitay.


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