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Le ministre de l’Éducation nationale doit détailler ce jeudi ses « premières mesures concrètes » dans le journal de 20h de TF1. Devant des députés, il a indiqué vouloir donner la priorité aux « élèves des classes à examen ».
Charlotte Murat - Aujourd'hui à 18:30 | mis à jour aujourd'hui à 18:30 - Temps de lecture :
« On a un plan d’urgence », a annoncé ce jeudi le ministre de l’Éducation nationale à propos des non-remplacements de professeurs absents, l’une des préoccupations au cœur de la mobilisation des lycéens. Édouard Geffray doit détailler ses « premières mesures concrètes » dans le journal de 20h de TF1. Mais il a déjà évoqué quelques pistes lors de son audition, mercredi, devant la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale. Aux députés présents, le ministre a indiqué vouloir donner la priorité aux « élèves des classes à examen », soit les élèves de permière et de terminale. « J’ai demandé à tous les recteurs d’académie une cartographie de tous les établissements confrontés à une situation anormale ou préjudiciable pour les élèves », avec la « consigne de traiter l’intégralité de ces situations sous huit jours », a-t-il indiqué.
« Pour avoir des remplacements, il faut des remplaçants », réagit Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat SNES-FSU, qui se dit « dubitative ». « J’ai un peu de mal à voir comment le ministre va pouvoir annoncer quelque chose de complètement nouveau, sauf peut-être à redéployer des remplaçants disponibles pour des classes de seconde vers des classes de première et de terminale. Mais ce n’est pas non plus une solution », poursuit-elle.
Les professeurs absents, c’est une réalité. Selon la DEPP, le service de statistiques du ministère de l’Éducation nationale, près de 10 % des heures de cours n’ont pas été assurées dans les collèges et les lycées pendant l’année 2023-2024, dont 7,5 % dues au non-remplacement de professeurs absents, soit 15,4 millions d’heures perdues pour les élèves. Quant à cette rentrée 2026, il manquait au moins un professeur dans 53 % des collèges et des lycées, révèle une enquête du SNSES-FSU. « Le volume d’absences a augmenté à cette rentrée du fait du caractère rétroactif du congé de naissance », a reconnu Édouard Geffray.
Les courtes absences les plus difficiles à remplacer
Ce congé, d’un ou deux mois, correspond pour l’Éducation nationale à une absence de longue durée, c’est-à-dire supérieure à 15 jours. Dans ce cas, les académies font appel à des titulaires sur zone de remplacement (TZR) mais aussi à des contractuels. Les remplacements des absences de courte durée (inférieure à 15 jours) sont en revanche gérés au sein des établissements, dans le cadre du Pacte enseignant. Contre rémunération, un professeur de collège ou de lycée peut assurer les heures de cours de l’un de ses collègues absents. « Mais ce n’est pas un remplacement poste pour poste », précise Sophie Vénétitay. « Si un professeur d’anglais remplace un professeur de français, il fait de l’anglais, pas du français. Cela permet surtout de ne pas laisser de trous dans l’emploi du temps », poursuit-elle.
Ce sont ces courtes absences qui sont les plus difficiles à remplacer. Selon un rapport parlementaire déposé le 29 septembre à l’Assemblée nationale par le député RN Anthony Boulogne, le taux de remplacement des absences de courte durée est inférieur à 12 %, alors qu’il est supérieur à 94 % pour les absences de longue durée.


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