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Sale année pour l'industrie européenne du cycle. Le numéro un continental du secteur, le groupe néerlandais Accell, a été déclaré en faillite le 11 août, entraînant dans sa chute des marques emblématiques comme Lapierre, Raleigh, Batavus ou Babboe. Dans le même temps, en Normandie, l'usine de Saint-Lô qui assemble les vélos électriques Solex, Matra et d'autres marques du groupe Rebirth, fait face à une procédure d'expulsion pour loyers impayés, révélant les fragilités structurelles du marché du vélo.
Nicolas Laperruque - Aujourd'hui à 17:04 | mis à jour aujourd'hui à 17:51 - Temps de lecture :
Fondé aux Pays-Bas, Accell Group s'est imposé comme le premier fabricant de vélos d'Europe en volume, avec un portefeuille de marques couvrant tous les segments : ville, trekking, cargo, VTT et route.
Parmi ses fleurons figurent Lapierre (Dijon), Raleigh (Royaume-Uni), Batavus et Sparta (Pays-Bas), Koga, Haibike et Ghost (Allemagne), ainsi que Babboe, spécialiste des vélos cargo.
Un marché qui s’effondre
Le déclin du groupe trouve ses racines dans l'année 2022, lorsque les fonds d'investissement américains KKR et Teslin ont racheté Accell pour environ 1,56 milliard d'euros, le retirant de la bourse. Le groupe se retrouvait alors avec une dette colossale d'environ 1,4 milliard d'euros.
La cause ? Le marché du vélo s'est brutalement effondré après la pandémie, laissant Accell avec d’énormes stocks d’invendus. Dans le même temps, les revendeurs, également acculés, ont multiplié les demandes de remise. Ajoutons à cela des taux d'intérêts qui augmentent et vous obtenez un scénario catastrophe pour les fabricants de vélos.
Des rappels coûteux
Comme si cela ne suffisait pas, le groupe a dû faire face à d’autres problèmes. Malgré plusieurs restructurations ayant ramené la dette à environ 800 millions d'euros au printemps 2026, la charge financière est devenue insoutenable.
En cause, des pertes exceptionnelles dues, entre autres, à un coûteux rappel des vélos cargo Babboe. Accell ne pouvant plus honorer ses obligations, elle s’est retrouvée en procédure de faillite devant un tribunal d’Amsterdam.
Les derniers vélos français menacés
Cette faillite entraîne avec elle le fabricant français Cycles Lapierre, installé à Dijon depuis 1946 et un des derniers assembleurs français de vélos.
La marque a déposé le bilan le 5 août 2026 et recherche désormais un repreneur. Mais ce n’est pas le seul fleuron français du cyclisme à se retrouver dans la tourmente cet été.
Solex, Gitane, Peugeot Cycles, en difficulté
A l’autre bout de la France, à Saint-Lô en Normandie, une autre histoire illustre les difficultés de la filière. Depuis 2013, le groupe Easybike (devenu Rebirth) développe une activité d'assemblage de vélos électriques.
L’histoire était belle avec la relocalisation en France dans une nouvelle usine de 4000 m2, financée en partie par un prêt de 3,9 millions d'euros des collectivités.
Après un redressement judiciaire dès 2019 pour dettes (URSSAF, loyers), le groupe Rebirth, qui détient les marques Solex, Matra, Gitane, Peugeot Cycles, Angell et Cowboy, a multiplié les projets de réindustrialisation.
Mais depuis décembre 2025, Saint-Lô Agglo, propriétaire des murs, ne reçoit plus de loyers. Au 4 mai 2026, le préjudice financier pour la collectivité s’élève à 122 665€. Dernière étape, une procédure d’expulsion de l’usine avec plusieurs visites d’huissiers. Pas de quoi rassure...


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