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École d’excellence, silence d’excellence : Stanislas face à son passé pédocriminel

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Derrière les résultats scolaires et les anciens élèves prestigieux, des témoignages racontent une autre histoire.

Le collège Stanislas vend depuis des générations une promesse très bourgeoise : de bons résultats, un réseau solide, un avenir bien rangé. La devise et les traditions comptent. Les anciens élèves aussi. Mais les récits recueillis par Clémence Badault dessinent une réalité bien moins présentable : des violences sexuelles, des alertes ignorées et une hiérarchie qui, selon elle, n’aurait jamais réellement tiré les conséquences des affaires passées.

Dans son livre, la journaliste affirme avoir retrouvé, « à chaque décennie », des personnes accusées de faits de pédocriminalité parmi des surveillants, aumôniers ou responsables de l’établissement. Cette affirmation relève de son enquête et devra être appréciée élément par élément. Elle pose néanmoins une question brutale : comment une école aussi surveillée, aussi réputée et aussi connectée a-t-elle pu laisser s’installer une telle succession de silences allégués ?

Jean-Yves Amoros, une condamnation établie

Un fait, lui, est judiciaire : l’éducateur Jean-Yves Amoros a été condamné en 2003 pour viol. Selon l’entretien accordé par Clémence Badault à RTL, des petits-neveux du général de Gaulle figureraient parmi ses victimes. Ce détail pulvérise au passage une idée confortable : les prédateurs ne choisiraient que des familles isolées ou sans relations. Même les noms les plus installés ne protègent pas automatiquement les enfants.

La journaliste résume son constat ainsi : « l’excellence, elle doit d’abord être dans la protection de nos enfants ». Une évidence. Pourtant, dans les institutions obsédées par la réputation, l’évidence devient parfois une gêne administrative. On traite les victimes comme un problème de communication, les faits anciens comme une poussière embarrassante, et les questions comme une attaque contre la maison.



Une enquête administrative déjà accablante

En 2023, Stanislas avait déjà fait l’objet d’une enquête administrative après plusieurs témoignages publiés dans la presse. Le rapport évoquait notamment un climat sexiste et homophobe. L’enquête de Clémence Badault, présentée dans son livre publié chez Michel Lafon, élargit le tableau à la question des abus, du poids de l’Église et de l’influence supposée de réseaux religieux conservateurs.

L’établissement conteste la méthode de la journaliste. Sa direction de la communication a soutenu auprès de RTL avoir proposé une transparence totale et dénoncé une « enquête à charge ». Clémence Badault répond qu’on lui aurait surtout proposé d’envoyer des questions écrites et de visiter les bâtiments. Deux versions irréconciliables, mais un sujet qui ne peut pas être évacué avec une belle brochure et quelques photos de façade.

Le problème dépasse Stanislas. Dès qu’une institution accumule prestige, argent, influence et anciens élèves bien placés, la tentation est grande de défendre la marque avant de chercher la vérité. Or une école n’est pas un club privé pour adultes puissants. Sa première obligation n’est pas de préserver son aura. C’est de protéger les enfants.



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