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École anglophone à Dieppe : « Ce serait un énorme avantage pour ma fille »

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Des parents anglophones de Dieppe attendent depuis des années une nouvelle école dans leur communauté. C’est le cas de Sheldon Drover, qui espère que le projet verra le jour avant que sa fille termine ses études.

Le débat sur la construction de cet établissement a été relancé de plus belle cette semaine par la publication d’une lettre ouverte signée par plus de cent francophones. Ces derniers, parmi lesquels on compte plusieurs juristes, sociologues et linguistes, sonnent l’alarme.

Ils craignent que l’emplacement proposé pour cette école – sur la rue Pélagie, dans un secteur historiquement francophone – attire de nouvelles familles anglophones et accélère l’anglicisation de Dieppe.

Le cul-de-sac de la rue Pelagie à Dieppe avec un parc municipal. Si le projet de l'école anglophone va de l'avant, la rue sera prolongée jusqu'au boulevard Dieppe.

Le cul de sac de la rue Pelagie à Dieppe avec un parc municipal. Si le projet de l'école anglophone va de l'avant, la rue sera prolongée jusqu'au boulevard Dieppe.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

De son côté, le District scolaire anglophone Est défend le projet et argumente que les besoins sont criants et que la nouvelle école permettra à des centaines de familles de Dieppe d’envoyer leurs enfants dans une école située dans leur communauté.

Des familles comme celle de Sheldon Drover. Ce courtier immobilier originaire du Labrador demeure à Dieppe depuis 13 ans. Lui et son épouse ont deux enfants, dont une fille de 9 ans nommée Willow.

Cette dernière est atteinte d’une maladie génétique très rare et a une santé particulièrement fragile. Elle se déplace en fauteuil roulant. Tous les matins, ses parents la transportent, à bord d’un véhicule adapté, à l’école Lou MacNarin. Cet établissement est la seule école anglophone de Dieppe et elle est pleine à craquer.

Parce que les élèves sont entassés, on doit réduire le nombre de jours qu’elle passe en classe, pour la protéger. [...] Pour les autres, un rhume normal peut entraîner une couple de jours de congé. Mais pour notre fille, ça peut vouloir dire un voyage à Halifax et un séjour aux soins intensifs, dit-il.

Dans un an et demi, leur fille devra fréquenter une école intermédiaire à Moncton. Puis, dans quelques années, elle ira à l’école secondaire Moncton High, située dans le nord de Moncton, dans le secteur d’Irishtown.

Sheldon Drover charge le fauteuil roulant de sa fille dans un véhicule.

Pour Sheldon Drover, une école anglophone près de chez lui à Dieppe simplifierait la logistique familiale.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Avec ses besoins spéciaux, ça pourrait représenter un défi [de devoir la transporter plus loin], dit-il.

La possibilité qu’une nouvelle école anglophone soit construite à Dieppe, plus près de leur domicile, l’enchante. Cela changerait leur quotidien et simplifierait grandement leur vie.

Non seulement Willow passerait-elle moins de temps dans un véhicule chaque jour, mais elle irait à l’école plus près de chez elle. Cette proximité rassurerait beaucoup Sheldon Drover.

S’il y a une urgence médicale, on pourrait se rendre à l’école en 5 ou 10 minutes, au lieu de devoir conduire pendant 25 à 30 minutes. Ça pourrait faire une énorme différence, dit-il.

Sheldon Drover pose pour la photo dans une quartier résidentiel de Dieppe.

Sheldon Drover se dit déçu par le débat entourant le projet d'école anglophone à Dieppe.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Il raconte d’ailleurs que son fils aîné – un joueur de hockey de 15 ans qui poursuit présentement son développement aux États-Unis – a lui aussi dû s’adapter lorsqu’il allait à l’école à Moncton.

S’il voulait participer à certaines activités avec ses amis des écoles francophones [de Dieppe], il fallait aller le chercher à l’école 30 ou 40 minutes avant la fin des classes en raison du temps de transport, raconte-t-il.

C’est un peu décevant

Lorsque l’on demande à Sheldon Drover s’il a suivi le débat qui fait rage en ce moment sur la place publique sur le projet d’école anglophone, il répond que oui.

Cet anglophone confie que tout cela le déçoit un peu. J’ai entendu certaines choses à propos de ça. Et la première chose qui m’est venue en tête, c’est de la déception. C’est juste que nous sommes ici depuis 13 ans et la communauté de Dieppe nous a toujours accueillis à bras ouverts.

Il précise que lui et le reste de sa famille se sentent chez eux à Dieppe et qu’ils apprécient beaucoup la culture acadienne et le caractère francophone de la ville. Il est un peu surpris de voir des gens s’opposer à la construction d’un nouvel établissement anglophone.

C’est quelque chose qui amènerait tant de choses à de nombreuses personnes ici, dit-il.

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