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Kim Chamberlain déplore le climat d’hostilité auquel les élus sont souvent confrontés, qui va bien au-delà des réseaux sociaux et qui a eu un impact très concret sur sa propre vie. Après avoir été suivie par un inconnu dans une épicerie, la mairesse de Bathurst n'a désormais plus d'autre choix que d'être sur ses gardes lorsqu'elle est en public.
En septembre 2025, elle et son mari Michael faisaient les courses dans une épicerie en prévision d'un barbecue qu'ils organisaient. À un moment donné, la mairesse s’est retrouvée seule dans une allée du magasin. Son mari a vu un inconnu qui la suivait. Il a eu un mauvais pressentiment.
Le mari de Kim Chamberlain a confronté l'homme qui la suivait, mais celui-ci s'est enfui. La mairesse explique que son mari a été secoué par l’attitude de l'individu.
Mon mari fait l’épicerie avec moi maintenant, explique-t-elle, ajoutant qu'il lui a demandé de toujours être sur ses gardes quand elle est dans un magasin.

Michael, le mari de Kim Chamberlain, a été bouleversé par l'attitude de l'homme qui suivait sa femme.
Photo : Gracieuseté de Kim Chamberlain.
La mairesse de Bathurst croit, tout comme son mari, que l'homme voulait s'en prendre à elle. Elle pense que les réseaux sociaux y sont pour quelque chose.
La réalité c’est que les médias sociaux, surtout Facebook, il y a tellement de choses qui est dit [...]. Tu as des gens qui croient tout ce qui est dit, puis des fois, ça crée une rage, une haine, déplore-t-elle.
Elle explique que la situation avec les réseaux sociaux est à ce point problématique qu'elle a un impact sur ses enfants.
Une de mes filles m’avait contactée, elle pleurait parce qu’il y avait tellement de méchancetés qui étaient dites contre moi sur les médias sociaux, se souvient-elle.
Kim Chamberlain explique qu’elle a été à deux doigts de retenir les services d'un agent de sécurité personnel après cet incident.
Un second incident
Madame Chamberlain se souvient d’une autre situation qui aurait, selon elle, pu mal tourner. Il y a quelques années, le centre destiné à l'accueil des itinérants à Bathurst débordait.
Le Havre de l'espoir, un ensemble de logements de transition, existe aujourd'hui, pour remédier à cette difficulté. Mais, à l'époque, selon la mairesse, des réflexions étaient encore en cours pour tenter de trouver des solutions lorsque certains se sont impatientés et ont estimé que la municipalité était responsable de nourrir les itinérants sept jours par semaine, trois repas par jour, de leur donner notre centre de gymnase.
La mairesse indique que son refus d'obtempérer lui a valu une pléthore d’attaques sur les réseaux sociaux.
Les gens ont complètement tourné contre moi. Je suis toujours rentrée [dans l'édifice municipal] par la porte en avant et sortie par la porte en avant. Je ne pouvais plus rentrer par la porte en avant et je ne pouvais plus sortir par la porte d'en avant, raconte-t-elle.
Un jour, affirme-t-elle, alors qu'elle tentait de pénétrer dans l'hôtel de ville pour se rendre à une réunion de travail, un itinérant s'est mis à s'agiter devant son véhicule.
Il me disait de sortir. J'ai pas appelé la police, j'ai pris ma sacoche. Je suis sortie, j'ai pris le risque [...] Il m'a crié après tout le long, mais il ne m'a pas touchée et je suis entrée dans l'hôtel de ville.
Mme Chamberlain déplore le fait que nombre de personnes s'expriment sur les réseaux sociaux sans mesurer la portée de leurs propos et sans comprendre les exigences de la machine municipale.
On était en train d'essayer de trouver des pistes de solutions et ça ne se fait pas du jour au lendemain, explique-t-elle.
Être femme en politique
Kim Chamberlain n'est pas la seule à avoir vécu ce genre de situation. L'hostilité à laquelle les élus sont régulièrement confrontés était d'ailleurs l'un des sujets à l'ordre du jour du plus récent congrès de l'Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick.
Au-delà des élus en général, les femmes, lorsqu'elles se lancent en politique, plus encore lorsqu'elles deviennent des élues de proximité, font souvent l'objet d'attaques extrêmement virulentes. Il y a quelques années, des attaques de ce type avaient visé Dawn Arnold - ancienne mairesse de Moncton - des attaques dont elle avait publiquement partagé des extraits.
Mme Chamberlain estime que ce genre d'atmosphère peut faire hésiter à se lancer en politique et pense qu'il faut vraiment avoir sa communauté à cœur pour faire ce métier, puisque, selon elle, ça peut devenir très dangereux.

Kim Chamberlain refuse de se laisser intimider.
Photo : Gracieuseté de Kim Chamberlain
Elle explique que la colère des citoyens qui lui en voulaient dans le dossier du refuge pour sans-abris a fini par se calmer. Madame Chamberlain affirme qu'elle se porte bien en ce moment, mais pense qu’il suffirait d’un dossier clivant pour que les choses dégénèrent de nouveau. Elle refuse néanmoins de céder à l'intimidation.
Rien ne va m'arrêter dû à la peur, l'intimidation, peu importe. J'ai de l'énergie, je vais continuer à donner à ma communauté et donner à ma municipalité pour avancer. [...] Je suis peut-être pas grande, oui, je suis une femme, je suis petite, mais je tiens à ma place et y a pas personne qui va m'arrêter, conclut-elle.


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