NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Par un beau jour de mai, Dynalie Brisson-Stuart confie son jeune bébé à son amoureux et s'avance à la barre de la salle d'audience du palais de justice de Rivière-du-Loup.
La jeune femme, qui fait face à la justice après des gestes commis en juin 2024, attend le verdict de la juge.
Dans la salle, l'émotion est palpable. Dynalie a parcouru un long chemin parsemé d'embûches avant d'en arriver là.
L'absolution inconditionnelle est la peine la plus appropriée dans votre parcours, tranche la juge Luce Kennedy.

« Je dis toujours qu’une sentence doit faire comme un gant. Celle-ci est la vôtre, parce que c'est dans votre intérêt véritable et sans préjudice pour la société », indique la juge Kennedy.
Photo : Radio-Canada / Véronique Duval
La jeune femme reçoit sa peine la tête droite, fière, le visage illuminé par un sourire. La scène est pour le moins inusitée pour une salle d'audience : la procureure, l'avocate de la défense et les constables spéciaux versent une larme, et malgré le caractère solennel du moment, l'air est à la célébration.
Cette absolution, c’est le résultat du travail constant et profond de Dynalie, depuis février 2025, soutenu par l’équipe d’intervenants du Programme d'accompagnement Justice-Santé mentale (PAJ-SM), que l’on nomme affectueusement PAJ dans le milieu.
Qu’est-ce que le PAJ-SM?
Le Programme d’accompagnement Justice-Santé mentale offre un parcours de justice alternatif adapté aux accusés vulnérables. Il comprend un plan d'intervention qui vise à soutenir la réinsertion et réduire les récidives. Il est actuellement offert dans plus de 40 établissements de justice à travers le Québec.
C'est un virage à 180 degrés dans ma vie, témoigne Dynalie à la barre, alors que tous l’écoutent attentivement, émus.
J’ai appris à m’aimer. Je m’étais entourée de chaînes et je ne savais pas comment m’en débarrasser. Je suis capable de reconnaître mes fautes maintenant.
Je vais être reconnaissante toute ma vie d’avoir eu le PAJ, même si je n’y croyais pas au départ.

« C'est un privilège d'être un juge, un intervenant au PAJ-SM. C'est des privilèges pour tout le monde. Même les constables se chicanent pour être dans notre salle d'audience », affirme l’honorable juge Luce Kennedy.
Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross
Après un bref discours de Dynalie, la juge Luce Kennedy se lève de son siège, descend sur le parquet, s’approche de Dynalie et lui remet le certificat qui atteste sa réussite du programme.
Dans la salle, un tonnerre d’applaudissements s’élève, alors que la juge étreint Dynalie.
Réhabiliter plutôt que punir
Dynalie a complété le PAJ-SM en un peu plus d’un an.
Le programme vise à réhabiliter les auteurs de crimes mineurs, mais n’est pas une partie de plaisir, précise la criminologue Marie-Pier Rioux.
Seules les personnes ayant commis des infractions dites sommaires peuvent être admises au PAJ-SM. On parle notamment de voies de fait simples, de vols ou de fraudes de moins de 5000 $, d’alcool au volant et de harcèlement criminel.
Il ne faudrait pas que la séance d’aujourd’hui soit vue comme une fête de quelque chose de facile. Le PAJ-SM, ce n’est pas un passe-droit ni une sentence-bonbon.
À preuve, l'absolution inconditionnelle n'est pas un aboutissement automatique à l'issue du PAJ-SM. La peine finale est plutôt une décision soigneusement adaptée à la jurisprudence et à l'évolution propre à chaque participant.

« La beauté de tout ça, c'est que ça amène à une baisse du risque de récidive. C'est des gens qui se reprennent en main et qui vont être fonctionnels », se réjouit Pascale Gaudette, avocate à la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Photo : Radio-Canada / Veronique Duval
Au cours de ce programme qui peut durer de 12 à 18 mois, Dynalie a été convoquée en salle d'audience presque tous les deux mois.
Lors de ces rencontres, le décorum propre aux salles d’audience demeure, mais l’ambiance est différente, plus familiale, estime la juge.
Moi, ce que je veux dans ma salle quand c’est le PAJ-SM, c'est que les gens se sentent bien, se sentent chez eux, se sentent capables de me faire des confidences qu'elles ne me feraient pas si j'étais dans une salle régulière, explique la magistrate.
Le processus, lui, demeure cependant rigoureux.

Tous les intervenants, comme la criminologue Marie-Pier Rioux (au centre) et l'avocate à la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) Pascale Gaudette (à droite), ont témoigné devant l’audience de la persévérance, de l’assiduité et de l’engagement de Dynalie.
Photo : Radio-Canada / Véronique Duval
Offrir un accompagnement adéquat à des personnes qui présenteraient autrement un risque élevé de récidive permet de s'attaquer à la racine de leurs comportements, fait valoir Marie-Pier Rioux.
Elle estime que cette approche axée sur la réhabilitation est bénéfique pour l'ensemble de la société et démontre qu'il est possible de prévenir la criminalité grâce à un soutien approprié.
On humanise le système de justice. On remet l'humain au centre de toutes les préoccupations, et on traite les vulnérabilités qui ont amené un agir délictuel.
Ce diplôme-là, c’est ma fierté
Et Dynalie en témoigne : ce processus l’a complètement transformée.
On va dans notre passé, on va dans nos traumas, le côté obscur que tu ne veux pas ouvrir. C'est très difficile à réaliser, c'est un travail vraiment intensif. Ce diplôme-là, c’est ma fierté.

Pour Dynalie Brisson-Suart, ce premier diplôme est bien plus qu'une simple certification, c'est une réussite précieuse qui marque un tournant dans sa vie.
Photo : Radio-Canada / Véronique Duval
La jeune femme de 26 ans avait toutefois amorcé le programme avec une certaine ambivalence.
Dans ma vie, j'ai été vraiment brisée. J'avais l'impression qu'on m'attaquait, que ce n’était pas pour mon bien, qu'on faisait tout ça pour me nuire. Il a vraiment fallu que je me parle et que Me Claveau me parle, parce que je n’aurais sûrement pas accepté, raconte Dynalie.
Les candidats potentiels du PAJ-SM sont d’ailleurs soigneusement dépistés par les avocats de la défense.
Je dirais que c'est moins de 30 % de nos clients qu’on recommande au PAJ-SM. Comme avocat, c'est difficile de dépister. Des fois, c'est super flagrant, on le sait que la personne va aller vers là, des fois il faut réussir à la convaincre, parce qu'on est plus convaincu qu'elle, estime Marie-Alex Claveau, avocate de Dynalie.
La prison, c'est la voie facile à prendre, c'est moins confrontant, c'est fait plus rapidement, remarque-t-elle.
Mais quand la personne ressort de prison ou complète ses conditions, elle est dans la même situation qu'avant. Il n’y a aucun changement. Alors, même si le PAJ-SM est un long processus, je pense qu’il vaut la peine d’être entamé quand c’est possible.

«On crée un lien de confiance. On est vraiment super proches. C'est comme un lien thérapeutique. Je me sens privilégiée d'avoir pu avoir accès à ça. On apprend à comment intervenir, comment mieux accompagner», témoigne Marie-Alex Claveau, avocate.
Photo : Radio-Canada / Véronique Duval
Cette forme de justice réparatrice permet aussi de réaliser des économies dans le système de justice en évitant certaines incarcérations, selon Mme Rioux. Selon les données les plus récentes du ministère canadien de la Justice, le coût d'incarcération dans les prisons provinciales se situait en moyenne autour de 75 000 $ par année par détenu.
On en a sauvé des 100 000 $, calcule Marie-Pier Rioux. Le PAJ-SM enregistre un taux de récidive après deux ans de 15 % à l’échelle de la province, alors que lors d’un processus de probation régulier, ce taux s’élève à 45 %, souligne la criminologue.
La famille PAJ-SM
Dans la salle d'audience, après que Dynalie eut obtenu son absolution, son conjoint William se lève avec leur bébé dans les bras.
Tu es une maman et une conjointe extraordinaire. Tu as vraiment changé. Ça fait du bien. Je suis énormément fier de toi. Je suis là pour t’aider. Tu m’as motivé à changer des choses dans ma vie, déclare haut et fort William Bélanger à son amoureuse.

William Bélanger, Dynalie Brisson-Stuart, et leur fille née pendant le PAJ-SM.
Photo : Gracieuseté de Paul Émond
Le jeune papa, qui a aussi commis un acte criminel mineur, a été inspiré par le parcours de Dynalie. Alors qu’il voulait faire son temps en prison il songe maintenant à participer au programme de réhabilitation.
Ça m'a vraiment donné le goût. Ça m'a motivé à changer des aspects de ma vie.
Admis au PAJ-SM, il commence son parcours le jour où Dynalie reçoit son diplôme.
Après celui du PAJ-SM, Dynalie souhaite maintenant obtenir d’autres diplômes. Elle compte reprendre son parcours scolaire, terminer ses études secondaires, et elle rêve même d’amorcer des études supérieures en droit.
J’espère vous voir comme avocate ou stagiaire avant ma retraite, confie la juge à la jeune femme.


1 month_ago
33



























.jpg)






French (CA)