De temps en temps, un distributeur enhardi par quelque présentation festivalière tente de lancer en salles un film ouvertement gay, presque toujours avec le même constat: ce cinéma, surtout quand il lorgne vers des scènes sexuellement explicites, reste d’un intérêt très spécialisé. Après Pillion (mais aussi Baby, Fogo-Fátuo, L’Eté avec Carmen ou Sauvage), voici donc Drunken Noodles, de Lucio Castro, remarqué il y a 12 mois au Festival de Cannes dans la section indépendante l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Malgré l’emballement prévisible de la critique parisienne, on se montrera nettement plus réservé.
Etudiant en art, le jeune Adnan débarque à New York pour effectuer un stage dans une petite galerie de Brooklyn durant l’été, tout en occupant l’appartement d’un oncle absent. La commande d’un repas débouche sur une relation entre notre moustachu cool et le livreur portoricain Yariel, lequel s’étonnera du prix des broderies très explicites exposées. Puis, après un intertitre, nous voilà soudain en forêt où, une année plus tôt, Adnan avait fait par hasard la connaissance de Sal, l’artiste septuagénaire en question. Un peu plus tôt encore, Adnan emménageait dans une cabane non loin de là avec son partenaire Iggie, un écrivain plus âgé que lui, pour y passer leurs vacances…


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