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Donald Trump veut finalement financer sa salle de bal à la Maison Blanche avec des fonds publics

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L’administration fait pression sur les parlementaires pour qu’ils débloquent 400 millions pour la nouvelle aile est, alors même que Donald Trump l’avait annoncé entièrement financée par des dons.

L’attaque au dîner de gala de l’Association des correspondants de presse à Washington pourrait-elle débloquer la construction de la salle de bal de Donald Trump ? Lancés hâtivement au mois d’octobre sur l’aile est de la Maison Blanche, les travaux de ce vaste espace de réception doré font face à plusieurs obstacles. Le dernier en date : la suspension du chantier, début avril, par le juge fédéral Richard Leon, qui a remis en cause sa légalité. « Le président des États-Unis est responsable de la Maison-Blanche pour les générations futures de familles présidentielles et cela n’en fait pas de lui le propriétaire », écrivait-il dans son verdict.

La Cour d’appel a autorisé la poursuite des travaux, uniquement pour la partie souterraine, le temps de débrouiller l’affaire. Mais un dossier de 33 pages, déposé en mars dernier par la Maison Blanche, fait l’objet d’un long examen au Congrès et le camp présidentiel espère que les parlementaires donneront leur feu vert avant les prochaines élections de mi-mandat, prévues à l’automne. En attendant, les membres de l’administration Trump font actuellement pression sur le Congrès, emboîtant le pas au président américain qui, après la fusillade du 25 avril à Washington, affirmait que la construction de la salle de bal était « plus indispensable que jamais ».

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« Cet incident ne se serait jamais produit si la salle de réception classée “top secret” sur le plan militaire, actuellement en construction à la Maison Blanche, avait déjà existé », écrivait Donald Trump sur sa plateforme Truth Social quelques heures après le drame. Dans un communiqué relayé par le New York Times, le sénateur républicain Lindsey Graham, président de la commission du budget, s’est empressé de réclamer au Congrès une enveloppe de 400 millions de dollars nécessaires à la réalisation des travaux. Il a notamment souligné la nécessité de bâtir un sous-sol à la Maison Blanche avec des installations sécurisées que le président et les membres de son entourage pourraient utiliser en cas d’urgence lors des grandes réceptions officielles.

En finançant ces travaux indispensables, Donald Trump et ses successeurs pourront organiser de grands événements sans avoir à quitter la Maison Blanche

Lindsey Graham, sénateur républicain et président de la commission du budget

« En finançant ces travaux indispensables, Donald Trump et ses successeurs pourront organiser de grands événements sans avoir à quitter la Maison Blanche », a ajouté l’élu dans ce document cosigné avec deux de ses collègues du Sénat. L’avis a été partagé par d’autres représentants du parti républicain, à l’image de Lauren Boebert, figure du mouvement MAGA au Colorado, et le sénateur Rand Paul, qui ont dit préparer « une proposition de loi », selon les informations d’Artnews. Tim Sheehy, également sénateur, a qualifié de « honteux » le délai d’attente et a appelé le Congrès à un « vote rapide ». D’après le Washington Post, Donald Trump aurait, de son côté, insisté pour qu’un nouveau gala soit organisé à la Maison Blanche et non à l’hôtel Hilton de Washington, où s’est tenu le précédent. Le président espère pouvoir le « reprogrammer dans les trente prochains jours » avec un périmètre de sécurité renforcé et élargi.

Un chantier en constante évolution

Fin février, les travaux ont été approuvés par la Commission des Beaux-arts, une agence chargée depuis 126 ans de conseiller le gouvernement fédéral des États-Unis en matière « de design et d’esthétique ». Elle a rendu son verdict au terme d’une brève réunion de 45 minutes. Par quel miracle ? Probablement parce que Donald Trump a viré, dès octobre et sans ménagement, six des sept membres de cette commission pour les remplacer par des fidèles. Le projet avait ensuite été présenté à la National Capital Planning Commission, une agence qui supervise le bâti et les propriétés fédérales de Washington et du district de Columbia. Celle-ci, présidée par l’ancien avocat personnel de Donald Trump, a validé « les considérations préliminaires et conclusives » des 33 plans présentés par la Maison Blanche. Avant que le tribunal de district des États-Unis n’ordonne l’arrêt des travaux de construction à la demande du juge fédéral Richard Leon.

Donald Trump lance les travaux de sa « grande salle de bal dorée » à la Maison-Blanche

Depuis le mois d’août 2025, le projet ne cesse d’évoluer avec l’ajout, semaines après semaines, de nouvelles installations coûteuses. En plus de sa salle de bal dorée de plus de 8000 mètres carrés, destinée à accueillir environ mille convives au milieu de fenêtres cintrées et grands lustres dorés rappelant la décoration d’intérieur de la résidence de Donald Trump en Floride, l’aile est de la Maison Blanche devrait se doter d’un toit résistant aux drones, de bunkers antimissiles, de vitres blindées, d’un système de ventilation à l’épreuve d’attaques biologiques ou encore d’un hôpital.

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Interrogé par le New York Times au début du mois d’avril, un ancien membre de la National Capital Planning Commission a jugé que le calendrier du chantier n’avait aucun sens. « Un immeuble de cette échelle nécessite entre dix-huit mois et deux ans de travail préalable des équipes d’architectes et d’ingénieurs pour passer du concept originel aux documents de construction complets », expliquait-il.

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Le projet fait également débat au sein des associations de protection du patrimoine comme au National Trust for Historic Preservation où la présidente Carol Quillen a dit craindre que « la masse et la hauteur de la nouvelle salle de bal écrasent celles de la résidence exécutive ». L’organisme a alors intenté une action en justice contre l’administration Trump, arguant qu’elle n’avait pas respecté les exigences légales en matière d’évaluation, ni obtenu l’autorisation du Congrès pour de tels travaux. Depuis la tentative d’attentat de dimanche, l’administration a demandé au National Trust de retirer sa plainte devant la justice pour lever cet obstacle dans la réalisation des travaux. Mais ces défenseurs du patrimoine ont prestement répondu par la négative. La bataille se poursuivra donc devant les tribunaux, même si Donald Trump, immuable, estime qu’il « trop tard » pour faire machine arrière.

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