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Une épave d’un sous-marin nucléaire soviétique, une “bombe à retardement” ? : un risque de “contamination effroyable”

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En 1989, le sous-marin nucléaire soviétique, le Komsomolets a coulé au large des côtes norvégiennes et, déjà à l'époque, l'épave était considérée comme un risque. En effet, des projets étaient considérés pour confiner le plutonium toxique contenu dans les torpilles et le Komsomolets était une préoccupation internationale.

D'ailleurs, 4 ans après que le sous-marin a pris feu et qu'il coule à 1,6 kilomètre des côtes norvégiennes, un activiste de Greenpeace avait comparé l'épave à une bombe à retardement : "Le Komsomolets est une bombe à retardement qui fait tic-tac au fond de la mer de Norvège. Et à moins que des mesures ne soient prises, et rapidement, nous sommes tous en danger", comme l'avait expliqué Dimitri Litvinov dans un reportage de la BBC en 1993.

À l'époque, une mission avait donc été menée pour essayer de limiter les dégâts. En effet, alors que le Komsomolets avait atteint le fond de la mer, une explosion a retenti et a déchiré la coque de pression en titane du sous-marin. L'eau de mer est donc entrée en contact avec les torpilles nucléaires.

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Une mission pour réduire les risques

Les deux torpilles à ogives nucléaires pouvant corroder avec l'eau salée et donc risquer de libérer 4 kg de plutonium… Les scientifiques étaient donc partagés sur ce qu'il fallait faire pour limiter les risques mais néanmoins convaincus qu'il fallait tenter quelque chose : "D'ici une dizaine d'années, les deux ogives nucléaires présentes à bord du navire seront entièrement corrodées par une réaction électrochimique provoquée par l'eau de mer… et le plutonium hautement toxique s'échappera des torpilles endommagées pour se répandre dans l'environnement", comme s'était confié un scientifique russe à l'Institut naval des États-Unis.

Et selon les environnementalistes de l'époque, si ce scénario arrivait, les 42 personnes décédées dans le naufrage ne seraient pas les seules victimes : "La vie de bien d'autres personnes serait alors menacée, car les riches zones de pêche de cette région seraient alors exposées à une contamination effroyable". Cette déclaration avait été démentie par un rapport paru en 1993 affirmant qu'il y avait peu de risque.

Cependant, des opérations avaient été menées en 1995 et en 1996 pour colmater les fissures afin de confiner les matières radioactives.

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Un produit qui ne dure que 30 ans

Sauf que 30 ans plus tard, des enquêtes menées par le gouvernement norvégien ont révélé que le sous-marin présentait des fuites et que le produit utilisé pour colmater ne durait que 30 ans…

Un rapport a d'ailleurs indiqué, en mars dernier, que bien que les torpilles restent hermétiques, le réacteur, lui, se dégrade. Ce qui libère dans la mer norvégienne des matières radioactives, de manière sporadique.

Heureusement, l'équipe de l'Autorité norvégienne de sûreté radiologique et nucléaire estime que les niveaux qui s'échappent ne sont pas nocifs : "Les rejets radioactifs provenant du réacteur… ont eu peu d'impact sur l'environnement marin environnant".

Cependant, cela pourrait changer. En effet, selon le directeur du Nuclear Information Project au sein de la Fédération des scientifiques américains, le réacteur et les torpilles posent problème. Selon lui, la corrosion du Komsomolets pourrait avoir un impact sur les niveaux de rayonnement radioactifs comme il l'a confié à la BBC : "Cela dépend d'autres facteurs, tels que la teneur en oxygène de l'eau de mer autour et à l'intérieur de l'épave du sous-marin, ainsi que l'état du mastic d'étanchéité".

Selon le scientifique, des travaux supplémentaires devraient être menés. Mais cela ne se fera pas de sitôt : "La profondeur à laquelle se trouve le sous-marin, près de 1 700 m, rend difficile la mise en œuvre de toute mesure d'atténuation, et nous n'avons pas connaissance de projets de ce type pour le moment." Et pourtant, l'homme estime que c'est nécessaire : "Au minimum, une nouvelle expédition devrait être menée pour déterminer l'état actuel du sous-marin. Avec une demi-vie de 24 000 ans, le plutonium des ogives restera un danger potentiel indéfiniment, à l'échelle humaine."

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