Donald Trump a confirmé jeudi le départ pour «le secteur privé» de sa fidèle alliée et ministre de la Justice Pam Bondi. L’intérim de Pam Bondi sera assuré par le numéro 2 du ministère de la Justice Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump, a ajouté le président américain sur son réseau Truth social, saluant l’action de la ministre sortante contre la criminalité.
Plusieurs médias américains, dont CNN et Fox News, avaient auparavant fait état de ce limogeage. Donald Trump reprochait à Pam Bondi, âgée de 60 ans, sa gestion du dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein ainsi que de ne pas avoir suffisamment fait inculper de personnalités qu’il considère comme des ennemis personnels, affirme CNN.
Le président américain, qui annonce là le deuxième départ de ministre en quelques semaines, après celui de Kristi Noem (Sécurité intérieure), a qualifié Pam Bondi de «grande patriote» dans un message sur son réseau Truth Social. Le président américain envisageait dans un second temps de nommer au poste de ministre de la Justice Lee Zeldin, actuel directeur de l’Agence de protection de l’environnement.
Lire aussi: Remerciée par Donald Trump, la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem s’en va «enfin», salue la presse américaineLe New York Times décrit le passage de Pam Bondi à son poste comme «un mandat tumultueux de 14 mois […] durant lequel elle s’est efforcée désespérément d’apaiser un patron qui exigeait un contrôle sans entrave sur le ministère de la Justice afin de mener des enquêtes à motivation politique contre des cibles de son choix».
Après son licenciement, Pam Bondi a déclaré qu’elle «travaillerait sans relâche» pour faciliter la transition de Todd Blanche, indique le quotidien américain. Sur les réseaux sociaux elle écrit: «Avoir dirigé les efforts historiques et couronnés de succès du président Trump pour rendre l’Amérique plus sûre et plus sécurisée a été l’honneur de ma vie, et sans conteste la première année la plus marquante du ministère de la Justice dans l’histoire des Etats-Unis».
Une défense inconditionnelle de l’action du président
Pam Bondi, ex-procureure générale de Floride, s’est pourtant illustrée par une défense inconditionnelle de l’action du président républicain, notamment lors d’auditions houleuses face aux élus démocrates au Congrès. En février, plusieurs ténors démocrates l’avaient accusée d'«étouffer» l’affaire Epstein en ne respectant pas la loi obligeant l’administration Trump à faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
Lire aussi: Affaire Epstein, l’abysse américain«Vous ne montrez pas beaucoup d’intérêt pour les victimes, Madame la ministre de la Justice, qu’il s’agisse de celles du réseau d’exploitation d’Epstein ou de la violence gouvernementale meurtrière contre des citoyens américains à Minneapolis», lui avait ainsi lancé Jamie Raskin, principal membre démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.
Il faisait notamment référence à deux manifestants protestant contre la police de l’immigration (ICE) tués en janvier par des policiers fédéraux.
Les démocrates avaient par ailleurs interpellé la ministre sur les poursuites pénales téléguidées par le président contre des cibles désignées de sa vindicte, dont plusieurs ont fait long feu. La justice a ainsi annulé les inculpations de l’ex-directeur du FBI James Comey et la procureure générale de l’Etat de New York Letitia James, et des jurys de citoyens ont refusé d’inculper six élus démocrates qui avaient exhorté les militaires à désobéir aux «ordres illégaux» de l’administration.
Lire aussi: L’indépendance de la justice américaine a volé en éclats«Vous avez transformé le ministère de la Justice au service du peuple en instrument de vengeance de Trump. Trump commande des inculpations comme il commanderait des pizzas, et vous vous exécutez», avait raillé Jamie Raskin.
En septembre, Donald Trump avait publiquement fait pression sur sa ministre de la Justice, s’étonnant sur Truth Social que James Comey et Letitia James n’aient toujours pas été inculpés.
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