«Ce n’est pas un fait divers migratoire de plus. C’est la première attaque hybride algorithmique de grande ampleur menée contre une frontière extérieure de l’Union. En un mot, c’est la démonstration que la désinformation ciblée peut désormais produire, en moins de vingt-quatre heures, un choc humain et politique équivalent à celui d’une opération de force». C’est la thèse défendue par Thierry Breton dans Le Grand Continent à propos des événements survenus à Ceuta. L’ancien commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique lance un avertissement: l’Union européenne (UE) doit désormais protéger non seulement ses frontières physiques, mais aussi ses «frontières informationnelles».
Il n’en démord pas: pour lui l’afflux de près de 70 000 migrants en quelques heures seulement dans l’enclave espagnole de Ceuta, à la frontière avec le Maroc, ne correspond pas à un épisode de type «guerre des migrants» telle que Minsk et Moscou l’ont conduite depuis 2021 aux frontières de la Pologne, de la Lituanie et de la Finlande. Mais à une version 2.0 augmentée, «plus rapide, plus virale, plus démultipliée et moins attribuable», dans laquelle les réseaux sociaux deviennent un multiplicateur de force.


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