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L’agression de deux policières du Service de police de la Ville de Montréal lors d’une banale intervention routière vient ajouter un nouvel épisode particulièrement grave à la dégradation du civisme observée depuis plusieurs mois dans les rues du Québec.
Dans la nuit de dimanche à lundi, deux agentes ont intercepté des individus circulant sans casque sur une même trottinette électrique, rue Mistral, dans Villeray. Selon TVA Nouvelles, les deux hommes auraient résisté, frappé les policières et l’un d’eux serait même parvenu à désarmer une agente en s’emparant de son bâton télescopique. Les deux jeunes femmes qui les accompagnaient auraient également participé à l’échauffourée.
Mohamed Mountassir, 25 ans, a été accusé d’avoir désarmé un agent de la paix, de voies de fait contre un agent et d’entrave. Samir Ben Zerraouia, également âgé de 25 ans, fait face à des accusations de voies de fait et d’entrave. Imane Chemouri, 25 ans, et Doha Sakri, 23 ans, pourraient aussi être accusées.
Les quatre suspects ont été remis en liberté.
Une violence devenue presque banale
Cette affaire ne survient pas dans le vide. Depuis plusieurs mois, les vidéos de bagarres collectives, d’altercations autour des écoles et d’humiliations publiques se multiplient.
À Charlemagne, des dizaines de jeunes avaient assisté avec excitation à l’agression d’un homme plus âgé près d’un commerce fréquenté par les élèves d’une école secondaire. Plusieurs filmaient la scène plutôt que d’intervenir. Ailleurs, des affrontements organisés prennent l’allure de véritables « fight clubs », où la violence devient un spectacle destiné aux réseaux sociaux.
L’affaire Mohamed Bekkali avait déjà révélé le même mépris de l’autorité. Lors d’une intervention routière, celui-ci avait abreuvé une policière d’insultes misogynes, affirmant notamment qu’il pourrait l’acheter et la réduire en esclavage. Il aurait ensuite multiplié les publications visant des policiers avant d’être accusé de libelle diffamatoire.
Dans tous ces cas, on retrouve la même dynamique : l’autorité est ridiculisée, la violence est valorisée et la présence d’une caméra transforme la provocation en moyen d’obtenir du prestige social.
Le facteur culturel ne peut plus être évacué
Il faut aussi avoir le courage d’aborder la dimension culturelle de certains de ces incidents.
Les deux policières agressées sont des femmes. Les principaux suspects sont issus, selon leurs noms, de communautés arabo-musulmanes provenant souvent de sociétés où les rapports entre les sexes demeurent beaucoup plus patriarcaux qu’au Québec.
Il ne s’agit pas de prétendre que tous les membres de ces communautés partagent les mêmes attitudes. Il s’agit de reconnaître que certains jeunes hommes élevés dans des milieux où l’autorité féminine est moins acceptée peuvent éprouver une résistance particulière lorsqu’une femme leur donne un ordre, les interpelle ou les sanctionne.
Les insultes lancées par Mohamed Bekkali à une policière n’étaient d’ailleurs pas seulement vulgaires. Elles reposaient directement sur une conception profondément misogyne du rapport entre les hommes et les femmes.
Une policière possède pourtant exactement la même autorité qu’un policier. Toute personne qui choisit de vivre au Québec doit accepter ce principe sans réserve.
L’intégration ne peut se limiter à apprendre le français, occuper un emploi ou respecter formellement certaines lois. Elle exige également l’adhésion aux règles élémentaires de notre société : l’égalité entre les sexes, le respect de l’autorité publique et le refus de la violence comme réponse à une contrariété.
La peur de nommer le problème
Une partie de la population a désormais l’impression que certains comportements sont tolérés ou minimisés par crainte d’être accusée de racisme.
Dès qu’un incident implique des membres d’une minorité culturelle, les institutions prennent souvent davantage de précautions pour éviter la stigmatisation que pour condamner les gestes eux-mêmes. Le contexte social, culturel ou familial ne doit pourtant jamais devenir une excuse.
Cette prudence excessive finit par créer une forme d’impunité. Elle envoie le message que les autorités hésiteront à intervenir fermement lorsque les auteurs d’incivilités appartiennent à des groupes considérés comme vulnérables.
Les premières victimes de ce laxisme sont souvent les citoyens respectueux issus de ces mêmes communautés, qui voient leur réputation collective entachée par une minorité agressive que personne n’ose confronter.
Quel message envoie la justice?
La remise en liberté rapide des principaux accusés a également suscité la colère de plusieurs policiers.
« Tu agresses sauvagement des policiers, tu les désarmes… Et ils se font libérer? C’est quoi le message que ça envoie? », a dénoncé un agent cité anonymement par TVA Nouvelles.
La question est légitime. Lorsqu’un individu accusé d’avoir frappé et désarmé une policière retrouve sa liberté dès le lendemain, la population peut difficilement croire que l’État considère réellement l’agression d’un agent de la paix comme un acte exceptionnellement grave.
L’ancien ministre de la Sécurité publique Stéphane Bergeron a lui-même dénoncé une « culture de la violence » et réclamé une réponse ferme et exemplaire.
Imposer les mêmes règles à tous
Le Québec doit rétablir des limites claires avant que les scènes de violence collective et de défi envers la police deviennent normales dans certains quartiers.
Les écoles doivent sanctionner sévèrement les élèves qui participent à des agressions ou les transforment en spectacles. Les policiers doivent être soutenus lorsqu’ils interviennent. Les tribunaux doivent envoyer un message dissuasif à ceux qui frappent ou désarment des agents.
Les organismes communautaires et les familles doivent également rappeler que les normes québécoises ne sont pas négociables. On ne peut importer ici un mépris de l’autorité féminine, une conception patriarcale des rapports sociaux ou une culture de confrontation avec les forces de l’ordre, puis invoquer la différence culturelle lorsqu’un incident survient.
Refuser de nommer ces réalités ne favorise pas l’intégration. Cela permet plutôt aux problèmes de s’enraciner.
Le respect des policiers, des femmes et des règles de la vie commune doit être exigé de tous, sans distinction d’origine et sans peur des accusations faciles.


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