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Deux nouvelles espèces de pycnogonides découvertes dans la mer des Salish

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Des scientifiques de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont récemment découvert deux nouvelles espèces de pycnogonides, des espèces marines qui ressemblent à des araignées, dans la mer des Salish.

Nous avons utilisé la morphologie de leur corps ainsi que des données génétiques pour distinguer ces espèces de toutes celles identifiées par le passé, explique Cormac Toler-Scott, auteur principal de la recherche parue dans Organisms Diversity & Evolution (en anglais (nouvelle fenêtre)). Il a mené ces travaux dans le cadre de sa maîtrise en zoologie à l’UBC.

Selon Antoine Flandroit, doctorant en sciences à l'Université de Mons en Belgique, qui n’a pas participé à cette recherche, il est inhabituel de découvrir deux nouvelles espèces de pycnogonides en même temps.

C'est toujours intéressant de voir la diversité augmenter, puisque ça montre qu’on a encore plein de choses à découvrir.

L’équipe de chercheurs a également créé un document rassemblant toutes les informations connues sur les pycnogonides présents dans la mer des Salish.

Que sont les pycnogonides?

Ils sont un groupe distinct de la famille des arthropodes, comme les crabes, les limules, les araignées, les scorpions et les insectes, mais ils sont strictement marins.

Leurs traits en rafale

  • Ils respirent par leur peau.
  • Ils ont un tout petit corps et leurs organes s'étendent dans leurs pattes.
  • Ils ont entre 8 et 12 pattes.
  • Quand ils se font attaquer, ils peuvent laisser tomber une de leurs pattes.
  • Ce sont les mâles qui s'occupent des œufs et des larves.
  • De nombreux pycnogonides sont endémiques (ils n'existent nulle part ailleurs).
  • Leur taille varie de moins d'un centimètre à plus de 70 centimètres.
  • Les plus gros sont des prédateurs et les plus petits sont des parasites.
Une araignée de mer de 20 mm sur du sable noir.

Un pycnogonide de 20 mm en Indonésie.

Photo : iStock / RibeirodosSantos

Les pycnogonides sont souvent associés, à tort, aux araignées de mer dû au nom qu’ils portent en anglais : sea spiders.

Pourtant, en français, les araignées de mer sont une sorte de crabe, ce qui n’a rien à voir avec les pycnogonides, précise Antoine Flandroit.

Les noms courants reflètent souvent l'apparence des choses pour qu’ils soient plus faciles à retenir, d’où la confusion entre pycnogonides (sea spiders), araignées (spiders) et araignées de mer (spider crabs).

Tanystylum kiixin

La première espèce découverte, Tanystylum kiixin, tire son nom d'un ancien village autochtone situé près de l'endroit où elle a été trouvée pour la première fois.

Nous avons découvert des populations comptant des centaines d'individus et dans divers endroits, détaille Cormac Toler-Scott.

Les scientifiques ont donc pu observer ses différents stades de vie.

L'une des choses fascinantes que nous avons apprises est que les nouveau-nés, qui ressemblent à de petites boules dotées de griffes énormes, possèdent des pattes couvertes de duvet.

Comme les larves sont élevées par leurs parents pendant une longue période, l'équipe pense que leurs pattes velues constituent un mécanisme leur permettant de se fixer à eux, un peu comme du Velcro.

C'est un phénomène que nous n'avons jamais vu chez d'autres larves de pycnogonides.

Ce pycnogonide a également un hôte très spécifique sur lequel il vit, une espèce particulière d’hydrozoaire (Plumularia setacea), c'est un peu comme du corail.

Finalement, les scientifiques ont découvert de petits parasites vivant sur Tanystylum kiixin. Ils sont tellement petits qu'ils se mesurent en micromètres (µm). C’est comme un écosystème au sein d'un écosystème au sein d'un écosystème.

Un tout petit parasite.

Parmi les échantillons prélevés sur « Tanystylum kiixin », les chercheurs ont fréquemment constaté qu'elle était couverte de minuscules parasites qui lui étaient propres. Ils sont tellement petits qu'ils se mesurent en micromètres (µm).

Photo : Cormac Toler-Scott / UBC

Callipallene pilosuspedes

La deuxième espèce découverte a été nommée Callipallene pilosuspedes, un jeu de mots signifiant pieds poilus.

Les chercheurs n’ont trouvé qu’un seul spécimen de cette espèce. Cela donne une idée de sa rareté.

Un tout petit pycnogonide (ressemble à une araignée) avec de gros yeux et une trompe.

« Callipallene pilosuspedes » arbore des yeux rouges, une courte trompe munie de griffes pour saisir la nourriture avant de la mordre, ainsi qu'une bouche triangulaire à trois lèvres couverte de filaments sensoriels. Cette espèce mesure environ un centimètre.

Photo : Cormac Toler-Scott / UBC

Elle a été trouvée dans un environnement assez unique sur la côte ouest de l'île de Vancouver, près de Bamfield.

Il y a une péninsule où un côté est protégé dans le détroit de Barkley, tandis que l'autre est exposé à l’océan. Plus nous nous rapprochions, plus la diversité était grande, car le courant est plus fort et davantage de nutriments circulent à cet endroit.

L'importance des pycnogonides dans les écosystèmes

Contrairement à l'idée reçue, les parasites constituent une composante très importante des écosystèmes marins.

Ils transfèrent de l'énergie entre différents niveaux du réseau trophique, c’est-à-dire l’ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d'un écosystème, explique Cormac Toler-Scott.

Ils sont également moteurs de l'évolution. L'hôte et le parasite évoluent en permanence pour tenter, en quelque sorte, de prendre l'ascendant l'un sur l'autre.

Et ils maintiennent les populations sous contrôle, puisqu'ils vont empêcher leur hôte de supplanter d'autres espèces.

Par contre, les pycnogonides peuvent devenir des espèces envahissantes, comme c’est le cas de Ammothea hilgendorfi, une espèce qu’étudie Antoine Flandroit en Belgique.

Un tout petit pycnogonide.

L'« Ammothea hilgendorfi », une espèce de pycnogonide qu’étudie Antoine Flandroit, est devenue une espèce envahissante en Belgique.

Photo : Antoine Flandroit

Comme on ne connaît rien du tout sur sa biologie, il devient très compliqué de savoir si elle est dangereuse pour l'environnement et l'écosystème, explique-t-il.

Il est important de comprendre cette diversité, afin de pouvoir examiner l'impact de nos actions, qu'elles soient d'ordre physique ou liées aux changements climatiques, sur ces communautés marines.

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