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Les initiatives pour mieux soutenir les victimes de violences sexuelles se multiplient dans le nord de l'Ontario. Les habitants de la région d'Algoma Est ont maintenant accès à des services supplémentaires grâce à un nouveau partenariat.
Les victimes de violences sexuelles de la région peuvent désormais accéder à des soins confidentiels, centrés sur la victime et adaptés aux traumatismes, directement dans leur communauté, grâce à un nouveau partenariat entre les services policiers, le Réseau de santé de la rive nord, la municipalité de Blind River et des organismes locaux.

Selon Liane Hebner, le manque de services locaux, comme des trousses médico-légales, constituait un obstacle majeur pour les victimes.
Photo : CBC / Teghan Beaudette
Mettre fin à des déplacements « traumatisants »
Jusqu’ici, les victimes de la région devaient parcourir plusieurs kilomètres pour accéder à des soins médico-légaux, notamment à Sudbury ou à Sault-Sainte-Marie.
Ça prenait [aux victimes] deux ou trois heures de déplacement après une agression sexuelle, c’était un événement très traumatisant , indique la sergente Liane Hebner, du détachement d’Algoma Est.
Selon elle, le manque de services locaux constituait un obstacle majeur au traitement des plaintes et aux déroulement des enquêtes , d'autant plus que les cas d’agressions sexuelles sont nombreux dans le secteur.

Liane Hebner est sergente et chef d’équipe spécialiste des victimes à la PPO.
Photo : Fournie par Liane Hebner
Comme policière, j’ai fait le voyage avec les victimes plusieurs fois vers d'autres centres pour avoir accès aux trousses. J’ai directement vu que ça ajoutait aux traumatismes, alors je voulais enlever ça pour nos victimes d’Algoma. Elles méritent mieux.
La nouvelle offre de services permet d’offrir un meilleur accompagnement aux victimes de violences sexuelles. Le but est vraiment simple : offrir des soins sécuritaires, respectueux et humains pour les victimes. Le centre ici offre un endroit calme et sécuritaire, des professionnels formés, de l’aide et des ressources, résume la sergente Hebner.
Un modèle déjà en place à Sudbury
Dans le Grand Sudbury, ce type de services existe depuis plusieurs années, affirme le sergent-détective du service de police, Lee Rinaldi.
Il souligne que les victimes ont accès localement à des soins médicaux, à la collecte de preuves ainsi qu’à un accompagnement par le biais des partenaires communautaires et hospitaliers.
Nous avons tout ce qu’il faut ici, dit-il.

Lee Rinaldi est sergent-détective dans le service de Police du Grand Sudbury.
Photo : Radio-Canada / Espérance Fatuma
Nous sommes très heureux de l’annonce faite par Algoma Est concernant la mise en place de ces services dans leur région. Je pense vraiment que cela apporte aux victimes un soutien supplémentaire au sein de leur propre communauté, ajoute le sergent.
Si les victimes doivent parcourir de longues distances, parfois des heures, pour se rendre à l’hôpital [...] des preuves peuvent être perdues, le soutien à la victime peut disparaître, tout comme sa coopération.
Une réalité encore préoccupante sur le terrain
Malgré ces avancées, les besoins restent importants, estime Mireille Charlebois, directrice générale du Centre Victoria pour femmes.
La violence sexuelle est toujours plus commune dans nos communautés que la plupart des gens le pensent , affirme-t-elle.
Selon elle, l’un des principaux défis est l’accès à certains services comme aux trousses médico-légales.
L’accès ne devrait jamais dépendre de la géographie ou du code postal de la personne. Et à présent, au Canada et en Ontario, il y a encore des manquements dans plusieurs de nos communautés.

Mireille Charlebois est la directrice générale du Centre Victoria pour femmes.
Photo : Fournie par Mireille Charlebois
Même lorsque l’équipement est disponible, le manque de personnel formé peut limiter l’accès aux soins, particulièrement dans le nord de l’Ontario , précise Mme Charlebois.
Il y a tout un facteur de démystification là-dedans. Donc le plus qu’on parle de ces problématiques, plus les gens sont à l’aise d’oser en parler et de demander de l’aide , dit-elle.
À Sudbury, il existe déjà une forte collaboration entre la police, les hôpitaux et les organismes communautaires. Mme Charlebois souligne toutefois que des améliorations sont encore possibles.
Il y a toujours beaucoup de places pour trouver des améliorations afin de s’assurer que les personnes qui demandent de l’aide n’arrivent pas à des portes fermées, qu’elles aient plusieurs options devant elle , conclut-elle.


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