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De nouvelles datations au carbone 14 apportent un éclairage sur l’histoire des pétroglyphes de Saint-Victor, dans le sud de la Saskatchewan. Les résultats indiquent que des populations autochtones fréquentaient ce site il y a plus de 2000 ans.
À l'occasion du dévoilement de nouvelles analyses au carbone 14, le président des Amis des pétroglyphes de Saint-Victor, David Munro, a guidé une visite de ce site d'art rupestre autochtone situé près d’Assiniboia.
Ce plateau rocheux protégé renferme des centaines de motifs et de symboles gravés, dont des représentations d'animaux.
La plus vaste collection d’art rupestre en Saskatchewan
Cela ne date pas directement les gravures, mais c’est un très fort indice que des personnes fréquentaient cet endroit particulier, et y réalisaient peut-être des gravures, il y a déjà 2100 ans, explique l’archéologue Tim Jones, qui a dirigé les fouilles initiales du site en 1990.
M. Jones précise que les datations proviennent de deux échantillons d’ossements prélevés dans des fosses distinctes au pied de la falaise. Le premier échantillon, recueilli à une profondeur de 10 à 20 centimètres, remonte à l’an 900 de notre ère. Le second, exhumé entre 40 et 50 centimètres de profondeur, date de 120 avant notre ère.
Tim Jones explique qu’ils ne s’attendaient pas à des dates précises et que l’importance des échantillons vient surtout de leur proximité avec les pétroglyphes de Saint-Victor.
Les archéologues s’intéressent constamment aux premières occupations d’un territoire, mais la datation de l’art rupestre n’a pas été monnaie courante en Amérique du Nord, ajoute-t-il.
Les pétroglyphes de Saint-Victor constituent le plus imposant ensemble parmi la centaine de sites d’art rupestre recensés en Saskatchewan. On compte plus de 360 gravures ici. Il s’agit d’un lieu tout à fait exceptionnel pour le patrimoine de la Saskatchewan , affirme M. Jones.

David Munro, président des Amis des pétroglyphes de Saint-Victor (à gauche), et l'archéologue Tim Jones lors d'une récente présentation des résultats de datation au carbone 14 au centre d'interprétation du site.
Photo : Radio-Canada / Camilla Faragalli
Préservation et intendance du site
David Munro, guide sur les lieux depuis plus de 40 ans, affirme que les nouvelles datations ont révélé une activité humaine plus ancienne que ce à quoi il s’attendait. Avant ces analyses, les connaissances sur l’ancienneté du site reposaient sur quelques fragments de poterie trouvés dans les ravines de ruissellement, sans chronologie précise.
Selon lui, un autre échantillon d’os, extrait à une profondeur de 60 centimètres, pourrait faire l’objet d’une prochaine analyse au carbone 14 afin de vérifier si l'occupation remonte à une époque encore plus lointaine.
M. Munro indique que plusieurs groupes des Premières Nations auraient circulé dans la région au fil des saisons, notamment en suivant les troupeaux de bisons.
Bien que réjoui par ces découvertes, M. Munro s’inquiète de la dégradation physique des lieux : Le grès est attaqué par les sels qui remontent de la pierre, explique-t-il, soulignant que ces sels fragilisent la roche et provoquent son effritement, un phénomène accentué par les racines de lichens et de mousses.
Il réclame des consultations élargies sur l’intendance environnementale du site, situé dans un parc provincial protégé et sur le territoire traditionnel visé par le Traité 4 : Il faudrait établir une entente pour déterminer ce qui peut être fait et de quelle manière.

Des dizaines de visiteurs ont assisté à une présentation spéciale dévoilant les résultats des tests de datation au carbone 14 réalisés sur le site. Une visite guidée des pétroglyphes a suivi la présentation.
Photo : Radio-Canada / Camilla Faragalli
Du passé vers l’avenir
Karin Steuber, directrice générale de la Société d’archéologie de la Saskatchewan, qualifie ces recherches d’étape majeure pour la compréhension du passé régional.
Ils investissent leur temps et leurs propres fonds pour faire progresser notre connaissance de la longue histoire de la présence humaine dans la province, souligne-t-elle à propos des bénévoles locaux.
Pour Mme Steuber, les pétroglyphes de Saint-Victor sont un rappel puissant du lien qui unit les peuples autochtones aux paysages du sud de la Saskatchewan : Cela nous ramène à la réalité que la Saskatchewan est habitée depuis des temps immémoriaux. Bien avant la colonisation européenne, des groupes vivaient sur ce territoire actuel, y prospéraient et tiraient leur subsistance de la terre.
Avec les informations de Camilla Faragalli


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