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Des Premières Nations privées d’un programme de transport médical

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L’Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout (SLFNHA) suspendra son programme de transport médical à Thunder Bay dès le 1er avril, faute de financement fédéral.

Véritable plaque tournante régionale, Thunder Bay accueille les membres de dizaines de communautés autochtones venant pour des soins spécialisés indisponibles chez eux.

Historiquement, ces patients comptaient sur le Wequedong Lodge pour l'hébergement et le transport.

Toutefois, l'instabilité du financement de Services aux Autochtones Canada (SAC) a forcé l'établissement à réduire ses services en avril 2024.

La SLFNHA était alors intervenue pour combler ce vide. En un an, l'organisme, qui dessert 33 Premières Nations (dont 28 isolées), a assuré environ 38 000 trajets.

C’est un coup dur. Nous savons que ce programme fonctionne et qu'il répond précisément aux besoins des gens, déplore Monica Hemeon, vice-présidente des services régionaux de la SLFNHA.

Des individus aident une personne à s'installer à l'arrière d'un véhicule.

Afin de faciliter l'accès aux soins, l'Autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout (SLFNHA) déploie cinq véhicules dans le cadre de son programme de transport médical à Thunder Bay.

Photo : soumise par la SLFNHA

Selon la SLFNHA, cette décision découle directement de l’incapacité du programme des services de santé non assurés (SSNA) et de Services aux Autochtones Canada (SAC) à financer le programme en fonction du volume réel de clients servis, ainsi qu’à couvrir adéquatement les salaires et les coûts de fonctionnement.

Ce n'est qu'après quelques mois d'activité que les SSNA et SAC nous ont informés de l'obligation de suivre leur propre modèle de financement et leurs exigences complexes en matière de rapports; et nous fonctionnons à perte, a déploré l'organisme dans un communiqué publié vendredi.

Bons de taxi pour les déplacements

À partir du 1er avril, le service de transport médical de SAC à Sioux Lookout prendra le relais en fournissant des bons de taxi limités pour les déplacements vers les rendez-vous médicaux à Thunder Bay.

Une solution qui inquiète Monica Hemeon, qui souligne que ce département est déjà surchargé.

Nos clients vont se perdre dans les rouages du système ; ce sera un véritable problème, craint-elle.

Elle souligne également la pénurie de taxis dans la ville.

Il arrive que plusieurs avions arrivent en même temps. Nous savons que les compagnies de taxi de Thunder Bay ne pourront pas répondre à une telle demande.

Elle rappelle que des patients ont déjà signalé des expériences négatives avec des chauffeurs locaux par le passé, citant un manque de sensibilité culturelle.

Le profilage racial à Thunder Bay est une réalité documentée à maintes reprises, affirme-t-elle.

L’une de nos priorités demeure la sécurité culturelle et la qualité des soins que recevront nos clients.

Contacté par CBC, Services aux Autochtones Canada n’avait pas encore répondu à une demande de commentaires au moment de publier cet article.

Inquiétudes liées aux mises à pied et à la continuité des soins

L'intégralité du personnel du programme de transport médical de la SLFNHA est issue des Premières Nations.

La suspension du service entraîne la mise à pied de plus de 20 employés.

Certains nous ont confié qu'ils cherchaient un emploi à Thunder Bay depuis des années sans jamais obtenir d'entretien avant de joindre nos rangs, souligne Mme Hemeon.

Une femme debout dans un corridor.

Selon Monica Hemeon, vice-présidente des services régionaux à la SLFNA, l'arrêt prochain du programme de transport médical a forcé la mise à pied de plus d'une vingtaine de personnes.

Photo : CBC / Marc Doucette

Au-delà de l'emploi, c’est la qualité du lien humain qui est menacée.

De nombreux membres du personnel ont tissé des relations de confiance avec les patients en s'exprimant dans leur langue traditionnelle.

Selon Mme Hemeon, cette approche permet de communiquer avec les membres de la communauté d'une manière respectueuse et adaptée à leurs besoins.

Le personnel offre également une aide logistique précieuse, notamment pour le transport des bagages.

Ils sont conscients que de nombreux patients profitent de leur passage en ville pour s'approvisionner en produits essentiels, souvent introuvables dans leurs communautés d'origine.

Sur le plan clinique, la SLFNHA mise sur l'efficacité : si un patient nécessite des tests complémentaires après un rendez-vous, l'organisme tente de les organiser le jour même. Cela évite au patient un épuisant voyage de retour vers sa communauté avant de devoir revenir à Thunder Bay plus tard.

Toutefois, cette flexibilité se heurte à la bureaucratie de Services aux Autochtones Canada (SAC), qui a manifesté son désaccord, selon Mme Hemeon.

Ils s'y opposent parce que le transport n'était pas préapprouvé, déplore-t-elle.

Nous voulons accommoder les patients, car c'est ce qu'il y a de mieux pour eux. En fin de compte, c'est aussi l'option la plus rentable pour SAC : cela évite de débourser des milliers de dollars pour organiser un second voyage, ajoute-t-elle.

Pour Mme Hemeon, il est impératif que SAC reconnaisse les avantages d'un programme de transport local centré sur l'humain.

Les gens étaient en sécurité et se sentaient à l'aise avec nos chauffeurs et le soutien reçu. Tout cela est vraiment désolant, conclut-elle.

Avec les informations de Sarah Law de CBC

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