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Qu’ils aident des familles à garnir leur garde-manger, des personnes en situation d’itinérance à sortir de la rue ou des gens vivant avec un handicap à obtenir les services, des groupes communautaires de Québec espèrent, sans porter de lunettes roses, que les partis politiques s’engagent à aider beaucoup plus les plus vulnérables de la société.
Les trois responsables d'organismes communautaires de Québec à qui nous avons parlé tiennent un discours semblable. Ils espèrent voir le prochain gouvernement les soutenir plus financièrement, mais les trois sont aussi un peu résignés face au constat que leur cause ne semble pas attirer l’attention qu’elle devrait, selon eux.
Je ne sais pas si c'est parce que je suis rendue un peu pessimiste avec la politique, mais, étrangement, je me doutais que, tant que ce ne serait pas le feu dans les organismes communautaires, le gouvernement ne fera pas grand-chose, se désole Marie-Pier Gravel, directrice adjointe de La Bouchée généreuse, en expliquant que les promesses sont peu ambitieuses ou que les programmes mis en place sont coupés.

Marie-Pier Gravel, directrice adjointe de la Bouchée généreuse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le directeur général du CAPVISH, Dominique Salgado, se résigne à dire que le handicap n'est pas un domaine sexy. Il déplore qu’il faille encore se battre constamment pour que ça devienne une priorité.
De son côté, Benoît Côté, directeur général du PECH, avertit que, pour réduire l'itinérance, il va falloir un plan. Il n'y a pas de plan actuellement, un plan concerté, au Québec. Un plan qui va mettre en mouvement le [milieu] communautaire avec Santé Québec, surtout, pour des services.
Il faut vraiment, vraiment reprendre le travail. Presque à zéro, je dirais.
Quelles demandes aux partis?
La Bouchée généreuse aide chaque semaine 1600 familles à se nourrir à Québec. La directrice adjointe souhaiterait une vision à long terme du gouvernement. Du financement, oui, à court terme, et des solutions à long terme qui vont faire que le communautaire va être désengorgé, plaide Marie-Pier Gravel.
Depuis 2015, le PECH a permis de trouver un logement à un peu plus de 400 personnes. Benoît Côté affirme cependant que l’organisme est sous-financé. Il garde tout de même espoir que la crise de l'itinérance puisse être jugulée avec de la volonté politique transpartisane.

Benoît Côté, directeur général du programme d'encadrement clinique et d'hébergement (PECH). (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il va falloir que tout le monde travaille ensemble, juge-t-il, que la société civile s'investisse [avec la participation de mécènes]. Mais je pense qu'il faut aller doubler, tripler, les efforts dans ce sens-là pour régler le problème de l'itinérance au Québec.
Il déplore que les indexations reçues soient les mêmes, faibles, sous les besoins depuis 20 ans. Il n'y a rien qui a changé malgré nos représentations.

Le directeur général du CAPVISH, Dominique Salgado (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Dominique Salgado relate que le CAPVISH se demande si l’aide aux personnes handicapées ne devrait pas être sous la responsabilité d’un autre ministère. Trop souvent, on associe un handicap à la Santé. Le handicap devrait relever complètement d'un autre ministère, peut-être du conseil exécutif, du bureau du premier ministre, plutôt que de dépendre du système de santé qui est souvent trop souvent fragmenté.
Conscients que la campagne électorale n’est pas terminée, ils espèrent entendre davantage parler de leur cause dans le débat politique d’ici le scrutin du 5 octobre.
Avec les informations de Jérémie Camirand.


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