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Le passage de l'ouragan Melissa l'automne dernier laisse des régions encore dévastées en Jamaïque. Depuis un mois, des monteurs de ligne acadiens sont sur le terrain. À coups de journée de travail de 16 h, ils tentent de rebrancher ces régions au reste du pays.
Greystone Group of Companies, basée à Grand-Sault au Nouveau-Brunswick, a envoyé près de 200 travailleurs canadiens en Jamaïque, dont environ 90 de la province.
On a des gens de Moncton, Dieppe, Grand-Sault. On a des gens de la Nouvelle-Écosse. On a des gens de la Péninsule acadienne, Tracadie. On a des gens du Québec aussi qui sont ici, explique Louis Léger, membre de l'équipe de leadership de l'entreprise.

Louis Léger, à gauche, est arrivé en Jamaïque quelques jours après le passage de l'ouragan. Le monteur de lignes Roger LeBlanc, à droite, s'y est rendu à la mi-décembre.
Photo : Gracieuseté : Greystone Group of Companies
M. Léger s'y est rendu dès le mois de novembre pour organiser l'arrivée des équipes.
Tout est à reconstruire
L'ouragan Melissa, de catégorie 5, a frappé le sud-ouest de l'île le 28 octobre 2025 avec des vents atteignant les 300 kilomètres à l'heure, dévastant la région.

L'ouragan Melissa a défiguré le sud-ouest de la Jamaïque le 28 octobre 2025. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / RICARDO MAKYN
Roger LeBlanc raconte qu'à Black River, les maisons ont disparu du paysage. Les églises sont toutes tombées. Ça fait pitié. L'infrastructure est complètement à bas. Les poteaux, faut toute que ça soit reconstruit. [Le réseau de] distribution, de transmission, les logements. Moi j'ai jamais vu ça encore.
Au total, 120 000 édifices ont perdu leur toit, sans compter ceux qui ont été carrément détruits. Le réseau électrique n'a pas tenu le coup. En décembre, l'Organisation des Nations unies évaluait les dommages entre 8 et 15 milliards de dollars.
Un hôpital sans toit, sans électricité, sans eau
Parmi ses moments marquants en sol jamaïcain, Louis Léger relate celui du rebranchement d'un hôpital à Black River.
Il n'y avait pas de toit. Il y avait toujours des patients à l'hôpital avec pas d'électricité, pas d'eau, se rappelle-t-il.
L'équipe n'avait alors pas encore reçu son camion et son équipement en provenance du Nouveau-Brunswick. Elle a dû trouver des solutions.

Une rue à Black River, le 30 octobre 2025. L'ouragan a bouleversé la vie de plus de 625 000 Jamaïcains, tuant 45 personnes, selon les données du mois de décembre de l'ONU.
Photo : Associated Press / Matias Delacroix
Ils ont passé deux jours solides à bras, aucun équipement. Ils ont créé un microsystème. À 3 h du matin, le deuxième soir, ils ont branché l'électricité. C'était un moment qui était très émotionnel pour plusieurs, confie Louis Léger.
De longues journées de travail
Les monteurs de lignes enchaînent les journées de 16 heures de travail.
La tâche est colossale puisque les équipes installent de nouveaux poteaux électriques sur des milles et des milles.
[Il faut] mettre les poteaux, installer le fil, des transformateurs pour éventuellement donner l'électricité aux clients, explique Roger LeBlanc.

Parmi les défis du rebranchement, il y a le temps très chaud. Le mercure avoisine les 30 degrés Celsius et les monteurs de lignes doivent se relayer pour se protéger des températures élevées.
Photo : Facebook : Greystone Group of Companies
On fait notre petite part le mieux qu'on peut. C'est pas facile parfois, ben une journée à la fois, ajoute-t-il.
Des camions venus du Nouveau-Brunswick
Roger LeBlanc est arrivé dans l'île à la mi-décembre avec une grosse équipe partie du Nouveau-Brunswick à bord de camions de l'entreprise Greystone Group of Companies. Après avoir conduit jusqu'en Floride, un navire-cargo a pris le relais pour transporter les quelque 115 véhicules jusqu'en Jamaïque.

L'entreprise Greystone Group of Companies a envoyé quelque 115 véhicules en Jamaïque.
Photo : Facebook : Greystone Group of Companies
Greystone Group of Companies a aussi envoyé une cuisine mobile et des employées pour préparer des repas aux travailleurs.

Des employées de la cuisine mobile préparent des repas pour les équipes en Jamaïque.
Photo : Gracieuseté : Greystone Group of Companies
Rebrancher avant de reconstruire
Dans un communiqué de presse du 6 janvier 2026, le gouvernement jamaïcain estimait qu'il restait plus de 30 % des clients à rebrancher dans les régions les plus durement touchées, soit celles du sud-ouest du pays. Dans l'ensemble de l'île, il affirmait qu'il fallait rétablir le courant pour 10 % de la clientèle.
Depuis, il n'y a pas de nouvelle mise à jour gouvernementale, mais la situation s'est améliorée, selon Louis Léger. Il ajoute, par contre, qu'il reste toujours beaucoup à faire.

Deux monteurs de lignes canadiens en Jamaïque.
Photo : Facebook : Greystone Group of Companies
Dans les zones éprouvées, une fois que le réseau d'électricité sera remis en marche, [les Jamaïcains] pourront reconstruire les maisons, puis les routes et ainsi de suite, affirme Louis Léger.
C'est un marathon, c'est pas un sprint. Le travail qui reste à faire est quand même gigantesque, ajoute-t-il.
Ça fait très chaud au cœur
La résilience et la reconnaissance du peuple jamaïcain, malgré la douleur, permettent aux monteurs de lignes de garder le moral.
Quand tu peux donner de l'électricité, c'est beau de voir les enfants, les familles parce que, comme je te dis, les maisons ont toutes été détruites. Tu peux donner un service comme ça, c'est beau de voir. Ils sont très, très, heureux de nous voir, dit Roger LeBlanc.
On le sent. Les gens en parlent. Ils apprécient énormément le travail qui est fait. Ça fait très chaud au cœur le travail qui est fait ici. C'est vraiment exceptionnel, lance Louis Léger.
La Jamaïque reçoit l’aide de plusieurs pays pour la reconstruction des zones dévastées, soit de l’aide financière et de l’aide d’équipes sur le terrain, dont celles du Nouveau-Brunswick.


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