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Des corps policiers et des équipes de sauvetage du pays se tournent vers le Centre de formation continue de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) pour former leurs maîtres-chiens. Des équipes de l'Alberta et de l'Ontario y suivent en ce moment une formation de détection de restes humains.
Cette formation était suivie aux États-Unis jusqu'à tout récemment, mais les tensions avec nos voisins du Sud ont quelque peu changé les choses. Il y a beaucoup d’agences qui ont voulu disons limiter le voyagement à cause du coût, mais surtout de la complexité maintenant à traverser la frontière, explique l’anthropologue judiciaire et coordinatrice du site de recherche REST[ES] à Bécancour, Élisabeth Cuerrier-Richer.
Devant la forte demande, deux formations ont été conçues jusqu’à maintenant. Elles sont ouvertes à tous pour les policiers et les équipes de sauvetage civil, explique-t-elle.
Tina Andreatos est une des onze maîtres-chiens participants pour cette première cohorte. Elle est bénévole depuis six ans, avec sa chienne Raider, pour l’équipe de sauvetage civil ontarienne, appelée Ottawa Valley Search and Rescue Dog Association.
Pour elle, faire la route jusqu’à Trois-Rivières pour suivre cette formation ne posait aucunement problème, au contraire. Si on est capable de faire l'entraînement chez nous au Canada, on préfère toujours ça, dit-elle.
On espère qu’il va y en avoir plus parce qu’on préfère rester au Canada quand on peut.

Tina Andreatos et Raider sont bénévoles sur une équipe de sauvetage de l'ontario depuis six ans.
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Une odeur déstabilisante pour les chiens
Chercher des restes humains n’est pas une tâche facile. Les maîtres-chiens et leurs compagnons ont l’habitude de se pencher sur des cas de personnes vivantes. La recherche d’un corps mort représente toutefois un autre défi.
Après une courte période de temps, l’odeur de la personne va changer. Il va vraiment y avoir l’odeur plus de nécrose, de la décomposition des tissus qui va entrer en ligne de compte, explique Élisabeth Cuerrier-Richer.

Élisabeth Cuerrier-Richer est anthropologue judiciaire et coordinatrice du site de recherche REST[ES] à Bécancour.
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Cette forte odeur pourrait influencer le comportement des chiens, d’où l’importance de la formation. Les contacts répétitifs avec l’émanation d’un corps permettront aux chiens de mieux travailler en contexte de recherche.
Yannick Caron et son chien Quinn travaillent ensemble depuis deux ans sur l'escouade canine de la police de Calgary. Alors que nous regardons les autres chiens faire l’exercice de formation, il explique que ceux qui sont nouveaux sur des équipes de recherche ne savent pas quoi faire lorsqu’ils sont près de l’émanation. Ils savent que c’est l’odeur avec laquelle ils doivent s'entraîner, mais ils n'ont jamais eu autant de stimuli, donc ça les déstabilise parce que le chien n'est pas capable de comprendre la senteur qu’il détecte, mentionne-t-il.

Yannick Caron et son chien Quinn travaillent ensemble depuis six ans.
Photo : Radio-Canada / Kassandra Lebel
Pour les habituer, la formation se déroule sur trois jours. Des exercices de recherche sont expérimentés dans plusieurs scénarios à l’intérieur des bâtiments, en espaces clos et à l’extérieur.
On commence avec des petits morceaux d’os ou de chair parce que c’est souvent comme ça si on a des dossiers de personnes disparues ou d’homicides, raconte Yannick Caron. On veut chercher ce qui est plus petit et, surtout, parce que les plus petits morceaux sont souvent les plus difficiles à trouver.
Un laboratoire à ciel ouvert
La dernière journée de formation, samedi, se déroule à Bécancour sur le site REST[ES]. Il s’agit d’un site extérieur de recherches en sciences thanatologiques expérimentales, le seul en son genre au Canada.
Dans l’enceinte clôturée, on a plusieurs corps en décomposition, indique la coordonnatrice du site, Élisabeth Cuerrier-Richer. Les chiens auront donc à faire un exercice dans l’enceinte où plusieurs odeurs de nécrose y sont perceptibles. On veut voir comment ils vont réagir dans cette condition-là.
Cette portion de la formation sert principalement à représenter un drame de masse. On ne souhaite pas que ça arrive, mais si un désastre de masse survient ou qu’on doit chercher quelqu’un de précis dans un grand accident et bien on veut que les chiens puissent travailler dans ces conditions-là, explique-t-elle.
Seuls treize sites comme celui de REST[ES] existent dans le monde. Celui de Bécancour, dix aux États-Unis, un en Australie et un aux Pays-Bas.

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Le reportage de Kassandra Lebel
Photo : Radio-Canada / Kassandra Lebel


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