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Quatre membres supplémentaires de l’équipe de soccer féminin iranienne qui avaient demandé et obtenu l’asile en Australie ont décidé de rentrer en Iran, après une première joueuse cette semaine.
« Je suis très inquiète pour elle », a déclaré Nimâ Machouf, membre des conseils d’administration de l’Association des femmes iraniennes de Montréal et d’Amnistie internationale Canada francophone. « Une fois rendues au pays, ces femmes ne seront pas des femmes libres. »
« Trois membres de l’équipe iranienne de soccer féminin ont pris la décision cette nuit de rejoindre le reste de l’équipe et de retourner en Iran », a annoncé le ministre australien de l’Intérieur, Tony, Burke dans un communiqué. Quelques heures plus tard, la capitaine de l’équipe a également retiré sa demande d’asile.
Les athlètes iraniennes ont été mises sur le devant de la scène internationale deux jours après les frappes israélo-américaines en Iran : juste avant d’affronter l’équipe sud-coréenne lors de la Coupe d’Asie, elles sont restées silencieuses alors que retentissait l’hymne iranien. Elles l’ont ensuite chanté lors des rencontres suivantes.
Cette attitude a été interprétée comme un acte de rébellion, et un présentateur de la télévision d’État a désigné les joueuses comme des « traîtres en temps de guerre » représentant le « summum du déshonneur ».
En Iran, sous la République islamique, la trahison peut être passible de longue peine de prison, ou même de la peine de mort.
Cinq joueuses se sont échappées de leur hôtel dans la nuit de lundi à mardi et ont demandé l’asile en Australie, craignant un risque de persécution à leur retour en Iran. Mardi soir, une joueuse et une membre de l’encadrement de l’équipe l’ont demandé à leur tour. Elles ont toutes reçu un visa du gouvernement australien.
« Les familles en otages »
Plusieurs organisations de défense des droits de la personne ont accusé les autorités iraniennes de faire pression sur les athlètes en menaçant leurs proches ou en saisissant leurs biens si elles ne reviennent pas au pays ou tiennent des propos hostiles à la République islamique.
« Le gouvernement [iranien] l’a pris comme un affront », estime Nimâ Machouf, en référence au silence de joueuses pendant l’hymne iranien. La femme politique canadienne explique que le régime iranien a « souvent pris les familles en otages […] pour qu’une personne vienne se livrer au gouvernement ». Dans le cas des familles des joueuses, « soit ils les ont menacées, soit ils les ont emprisonnées », ajoute-t-elle.
Mme Machouf s’inquiète du sort qui attend les joueuses à leur retour au pays. « Le gouvernement pourra faire pression sur elles pour leur faire dire n’importe quoi, n’importe quand, sous peine de les mettre en prison, de confisquer tous leurs biens ou de les tuer carrément », déplore-t-elle.
Au moment où ces lignes étaient écrites, seules deux des sept femmes qui avaient initialement obtenu l’asile ont maintenu leur choix de rester en Australie. Toutefois, Nimâ Machouf est convaincue que le gouvernement iranien arrivera à les faire changer d’avis.
Avec l’Agence France-Presse


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