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Face à la dégradation des infrastructures portuaires, plusieurs intervenants demandent à Transports Canada de faire ses devoirs pour remettre à niveau le brise-lames et le quai de Paspébiac.
Le brise-lames qui protège le port de pêche de Paspébiac des assauts de la mer est en piteux état. Les roches commencent à se fissurer sur le dessus du tablier et cela amène une faiblesse au niveau du brise-lames, précise le président de l'Administration portuaire de Paspébiac, Nelson Holmes.
En 2016, un rapport rédigé par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada statuait déjà que le brise-lames avait atteint la durée de sa vie utile.
Il n'est plus possible de réparer temporairement le brise-lames. Seule une reconstruction permettrait de maintenir la protection du havre contre l'agitation, peut-on lire dans le rapport fédéral.

Le président de l'Association portuaire de Paspébiac, Nelson Holmes, demande à Transports Canada de reconstruire le brise-lames.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le président de l'Administration portuaire de Paspébiac a récemment fait parvenir une lettre à Transports Canada pour demander la reconstruction du brise-lames.
La Ville de Paspébiac a appuyé cette démarche par une résolution le 9 février. Elle demande à Transports Canada de mettre en œuvre immédiatement un plan de mise à niveau du brise-lames avant que des dommages irréparables ne surviennent.

La marina et le Lieu historique national du Canada du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac sont protégés par le brise-lames, de même que l'usine de transformation de produits marins Unipêche MDM et le quai.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La Ville de Paspébiac et l’Administration portuaire craignent pour la pérennité du havre de pêche et des importants bâtiments qui l’entourent.
S’il y avait une tempête majeure du sud-ouest, ça pourrait avoir un impact. Les vagues, en embarquant sur le tablier du brise-lames, pourraient le défaire et permettre des brèches qui feraient que la houle ou la vague pourrait commercer à rentrer à l’intérieur du havre, explique Nelson Holmes.
Sans brise-lames, c’est le cœur et l’âme de Paspébiac qui sont en danger.
Le député bloquiste de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj se dit préoccupé par la situation et demande, lui aussi, des actions rapides de la part de Transports Canada. Le brise-lames, ce n’est pas juste un paquet de rochers, c’est une infrastructure hautement stratégique, lance Alexis Deschênes.
Selon l’Administration portuaire de Paspébiac, le brise-lames devrait être reconstruit plus haut, pour faire face à la montée des eaux et aux événements climatiques extrêmes. Il devrait aussi être allongé pour mieux protéger l’intérieur du havre des vagues créées par les vents du sud-ouest.

En plus d'être endommagé, le brise-lames n'est plus assez haut pour faire face aux événements climatiques extrêmes, selon l'Administration portuaire de Paspébiac.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Un quai désormais clôturé
Au-delà du brise-lames, le quai appartenant à Transports Canada est également en déficit d’entretien.
En raison de l’état des installations, l'accès au quai a été restreint aux véhicules et à la navigation en 2022 et aux piétons en 2025 , indique par courriel Transports Canada. « Ces mesures ont été mises en place afin d’assurer la sécurité du public. »
Le maire de Paspébiac digère mal que Transports Canada ait clôturé son quai au printemps 2025 plutôt que d'investir pour le réparer. Ça empêche les gens de se réunir, ça empêche aussi des bateaux de venir s'installer.

Le maire de Paspébiac, Jérémy Laplante, souhaite que le quai de Transports Canada soit remis à niveau.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
L'endroit était d'ailleurs très fréquenté par les Paspéyas, souligne Jérémy Laplante. Ça a un impact sur la vitalité. Le banc de pêche, c’est vraiment le cœur de Paspébiac, lance-t-il.
Le fait d’avoir une infrastructure clôturée qui n’est plus en utilisation, ça fait vraiment mal au village.
Selon le maire, la situation engendre des problèmes de circulation et de manque d'espace sur le quai voisin appartenant à Pêches et Océans Canada, durant l'été.
La Ville de Paspébiac demande à Ottawa de faire ses devoirs. On demande une réfection de l’ouvrage pour que ce soit rouvert à la circulation. Il faut vraiment remettre en état les infrastructures, exige le maire.
Le député bloquiste de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine—Listuguj, Alexis Deschênes, abonde en ce sens et déplore l'inaction de Transports Canada.
Le quai de Paspébiac est toujours un port public au sens de la loi et le ministre des Transports a la responsabilité d’assurer l’entretien et la sécurité des lieux.
Autant le maire que le député fédéral font valoir que la fermeture du quai de Transports Canada prive Paspébiac d’activités commerciales, alors qu’il s’agit du seul quai en eaux profondes accessible à l’année dans le secteur.
Le quai adjacent appartenant à Pêches et Océans Canada est de plus petite taille, sans compter qu’il est occupé par des bateaux de pêche en été.

Le port de Paspébiac comprend deux quais parallèles, celui à l'intérieur du havre appartient à Pêches et Océans Canada et celui à l'extérieur est la propriété de Transports Canada.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Peu de clarifications de Transports Canada
Questionné par Radio-Canada sur ses intentions d’investir dans ses infrastructures de Paspébiac, Transports Canada offre peu de clarification dans sa réponse transmise par courriel.
Transports Canada poursuit l’analyse de différentes options, y compris la possibilité d’un transfert de propriété, indique le ministère fédéral.
Toutefois, la Ville de Paspébiac ne souhaite pas se porter acquéreur de ses infrastructures fédérales. On ne veut pas qu’elles deviennent municipales, lance le maire Jérémy Laplante. À d’autres endroits, il y a eu des cessions, mais ici, on pense que c’est vraiment important que le gouvernement fédéral s’occupe de ses propres infrastructures.
Transports Canada assure faire de la sécurité une priorité. Des inspections sont réalisées régulièrement afin d’assurer l’intégrité et la sécurité des infrastructures sous la responsabilité du ministère, souligne-t-il.


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