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Les enfants de réfugiés de Gaza ne peuvent pas être scolarisés gratuitement dans les écoles publiques en Alberta tant que leurs parents n’auront pas obtenu leur permis de travail. Et dans le cas des réfugiés palestiniens, cela prend généralement plusieurs mois d’attente.
Selon Saima Jamal, cofondatrice de la Calgary Immigrant Support Society, les délais d’attente sont trois fois plus longs qu'auparavant.
Pendant le temps qu’ils passent à patienter, ces parents ne peuvent pas travailler, ce qui affecte terriblement leurs enfants, qui ne peuvent pas aller à l’école, comme le constate Saima Jamal.
Contrairement à la Colombie-Britannique et à l’Ontario, qui autorisent les enfants à fréquenter l’école si leur famille réside dans la province, quel que soit le statut migratoire de celle-ci, l’Alberta exige un permis de travail ou d’études valide pour l’inscription scolaire.

Yousef Zaid, qui montre fièrement ses nouvelles bottes de neige, attend de réaliser un rêve qu'il n'a pu accomplir à Gaza : aller à l'école.
Photo : Radio-Canada / Elise Stolte/CBC
Des défenseurs des droits de la personne affirment que, depuis 2 ans, les conseils scolaires ont commencé à appliquer cette règle de manière plus stricte.
Ainsi, les parents en attente de leur permis de travail ne peuvent pas inscrire leurs enfants à l’école. Et si ces derniers sont inscrits et que le permis d’immigration de leurs parents arrive à expiration, ils sont désinscrits, et ce, même si le nouveau permis est en cours de traitement.
Par conséquent, la seule option qu’il reste est de payer les droits de scolarité réservés aux étudiants étrangers, soit 13 500 $ par enfant et par an.
À Calgary, Saima Jamal et les membres de la communauté palestinienne affirment avoir vu des familles attendre jusqu’à 7 mois pour obtenir leur permis de travail.

Le jeune Nasser Yaghi est, quant à lui, scolarisé depuis novembre 2025.
Photo : Radio-Canada / Elise Stolte/CBC
Le plus dur, c’est d’attendre de se faire des amis
Et dans cette attente, le plus dur pour Nasser Yaghi, 11 ans, était de ne pas avoir d’amis.
Le jeune garçon, qui vit avec ses parents dans le quartier de Royal Oak, à Calgary, passait le plus clair de son temps à regarder des films en anglais plutôt qu’en arabe pour, dit-il, entraîner son oreille à cette langue.
Il passait également beaucoup de temps à dessiner, et, quand il se sentait déprimé, il regardait des comédies avec sa maman.
J’étais triste parce que je n’avais personne avec qui jouer.
Après trois mois et demi d’attente, les membres de sa famille ont obtenu le précieux sésame, et Nasser a pu enfin intégrer une classe de 5e année, en novembre 2025. Je suis heureux à l’école parce que j’ai des amis avec qui jouer.
Rajab Yaghi, le père du jeune Nasser, était comptable et possédait un magasin de pneus à Gaza. Sa maison, son commerce et tout ce qui s’y trouvait ont été réduits à néant dans un bombardement, obligeant la famille à émigrer.
M. Yaghi dispose désormais d’un permis de travail de 2 ans et travaille comme chauffeur pour Uber.

Rajab Yaghi et son fils Nasser dans leur appartement situé au nord-ouest de Calgary.
Photo : Radio-Canada / Elise Stolte/CBC
Ziad Mohammed, Yasmin Talal et leurs deux enfants sont, quant à eux, arrivés à Calgary il y a trois semaines. Ils ont trouvé un appartement à louer à l’extrême nord de la ville.
Yasmin Talal raconte que, pendant le vol vers le Canada, la conversation tournait entièrement autour du fait que leur fils de 8 ans, Yousef Zaid, allait enfin pouvoir aller à l’école, une chance qu’il n’avait pas pu avoir à Gaza.
Toutefois, à son arrivée dans son nouveau pays d’accueil, la famille a été choquée de découvrir que son garçon allait devoir attendre avant de pouvoir réaliser ce rêve.
Il a besoin de se lier d’amitié avec des enfants de son âge. Il a besoin de sortir et de se promener. Il a besoin d’apprendre la langue.
Pour l’instant, le jeune Yousef suit toujours le même cours en ligne d’une demi-journée qu’il suivait en Égypte et pour lequel il se réveille aux aurores en raison du décalage horaire.
Malgré cette situation difficile, la famille Zaid s’est dite heureuse d’être au Canada. Même en sachant qu’il ne pourrait pas aller à l’école tout de suite, j’aurais quand même pris la décision de venir ici, confie Mme Talal.
Le plus dur, c’est d’attendre de se faire des amis, souligne Yousef.

La famille Zaid se dit malgré tout heureuse d’être au Canada.
Photo : Radio-Canada / Elise Stolte/CBC
Une différence de traitement
Par ailleurs, selon Saima Jamal, le processus d’immigration des réfugiés de Gaza diffère de celui que d’autres réfugiés, notamment ukrainiens, afghans et syriens, ont connu avant eux.
Pour les Ukrainiens, dès leur arrivée à l’aéroport, on leur remettait un visa de visiteur de trois ans et leur permis de travail. Tout était déjà prêt.

Saima Jamal, de la Calgary Immigrant Support Society, est arrivée au Canada il y a 30 ans en tant qu’étudiante étrangère, en provenance du Bangladesh. (Photo d'archives)
Photo : Capture d'écran
Pour comprendre les raisons de cette différence de traitement, CBC/Radio-Canada a contacté Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Dans une déclaration écrite, Anahita Beladi, porte-parole d'IRCC, explique que la procédure applicable aux Palestiniens est différente, car chaque crise est différente.
Elle a toutefois refusé de fournir des estimations concernant la durée d’attente des familles, précisant que celle-ci variait selon chaque demande.
Les réfugiés palestiniens se voient également proposer des visas temporaires, mais le gouvernement fédéral a plafonné le nombre à 5000. Ils peuvent également demander la résidence permanente, et là aussi, les places sont limitées.
En juillet 2026, Ottawa a modifié le programme afin de leur permettre de demander une prolongation à l’expiration de leur permis de travail.
Par ailleurs, les réfugiés nouvellement arrivés de Gaza seront dispensés des frais liés à leur permis de travail ou d’études. Le programme doit prendre fin en décembre 2027.
Avec les informations (nouvelle fenêtre) d’Elise Stolte


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