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Des drones facilitent la marchandise illicite dans les pénitenciers

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De la méthamphétamine en cristaux, du haschich, de la marijuana, de la cocaïne, des pilules identifiées comme étant du « speed », du tabac, des papiers à rouler, un briquet, une arme tranchante ainsi que des téléphones cellulaires et des accessoires, c’est ce qui circule régulièrement dans les établissements de détention fédéraux grâce aux drones.

À Drummondville ou à Cowansville, où deux pénitenciers à sécurité moyenne existent, des milliers de dollars en marchandise illicite sont saisis chaque mois.

Durant le mois d’octobre, trois saisies totalisant 400 000 $ ont été réalisées à Drummondville, alors que deux autres ont eu lieu à Cowansville pour 198 000 $.

Selon le directeur de l’établissement de Cowansville, Martin Fontaine, l’utilisation de drones complique la tâche des pénitenciers depuis plusieurs années.

Depuis l’arrivée des drones, on voit une augmentation des saisies au niveau des drogues à l’établissement. Ça ne change pas nos façons de fouiller, à proprement parler. C’est sûr que ça amène de nouvelles méthodes pour la contrebande à l’établissement, indique-t-il.

À l’échelle régionale ou nationale, il y a des détecteurs de drones qui ont été mis à la disposition des établissements. Il y a aussi des appareils qui détectent les cellulaires.

Pour le syndicat des agents correctionnels du Canada, Frédéric Lebeau, ces saisies ne sont que la pointe de l’iceberg. Les pénitenciers n’ont pas assez de personnel pour gérer la situation.

« On a des postes qui ont été coupés aux deux établissements. [...] C’est sûr que ce qu’on va saisir, on va être chanceux. Ce qu’on ne saisit pas, malheureusement, ça se retrouve dans l’établissement. Ça vient chambouler l’écosystème. Ça vient créer plus de violence, plus de dettes, plus de contrebande », déplore-t-il.

Dans une déclaration écrite, le Service correction du Canada (SCC) reconnaît que cette situation peut entraîner un recours accru aux heures supplémentaires obligatoires afin d'assurer le maintien sécuritaire des opérations.

Afin de combler les postes vacants et de réduire autant que possible le recours aux heures supplémentaires, le SCC poursuit activement ses efforts de recrutement dans l'ensemble de la région du Québec, écrit-on.

Moins fréquent ailleurs

Pour les prisons provinciales, les drones causent moins de problèmes, notamment à la prison Talbot à Sherbrooke.

Comme ce genre d’établissement accueille des prisonniers avec des peines de moins de deux ans ou en attente de leur procès, c’est davantage des enjeux d'interactions entre les détenus et de surcharge des agents qui posent problème.

Toutes ces technologies doivent prendre des effectifs aussi. C’est beau de savoir qu’un drone est en approche. C’est beau de savoir qu’un drone va venir livrer, mais il faut avoir les effectifs pour intervenir rapidement, témoigne néanmoins le président national du Syndicat des agents de la paix en service correctionnel du Québec, Mathieu Lavoie.

J’entends souvent les politiciens nous dire qu’il y a du recrutement qui se fait, mais il faut garder les gens au service. Il faut réussir à les retenir dans nos rangs, ajoute-t-il.

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