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Les juges en chef de l'Ontario tirent la sonnette d'alarme après une cyberattaque dans les systèmes de différents tribunaux de la province et indiquent que des renseignements personnels pourraient avoir été consultés sans autorisation.
Le 2 septembre, par voie de communiqué, le juge en chef de l'Ontario, Michael H. Tulloch, le juge en chef de la Cour supérieure de justice de l'Ontario, Patrick J. Boucher, et la juge en chef de la Cour de justice de l'Ontario, Sharon M. Nicklas, ont précisé que la brèche concernait une plateforme de gestion des dossiers en ligne appelée C-Track, qui appartient à Thomson Reuters Canada Limitée.

La Cour d'appel de l'Ontario, la Cour supérieure de justice de l'Ontario et la Cour de justice de l'Ontario utilisent toutes la plateforme C-Track. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / CBC
La Cour d'appel de l'Ontario, la Cour supérieure de justice de l'Ontario et la Cour de justice de l'Ontario utilisent toutes la plateforme C-Track pour conserver et gérer leurs documents et dossiers judiciaires.
L'entreprise a détecté une activité non autorisée dans l'un de ses environnements infonuagiques le 30 juin. Elle a contacté les forces de l'ordre et a lancé sa propre enquête, laquelle a permis de déterminer que la brèche avait débuté des mois plus tôt, en mars, et que des dossiers rattachés à la Cour d'appel de l'Ontario, à la Cour supérieure de justice de l'Ontario et à la Cour de justice de l'Ontario avaient été obtenus par une partie non autorisée.
L'entreprise souligne que les données des tribunaux ont été touchées, mais que l'incident n'a pas été causé par les réseaux ou la sécurité des données des tribunaux eux-mêmes.
Des renseignements sous scellés pourraient avoir été consultés
Certains renseignements confidentiels, caviardés ou sous scellés pourraient avoir été touchés au sein de certains tribunaux visés, indique l'entreprise sur un site Web mis sur pied pour l'incident.
Des noms et d'autres renseignements personnels ont potentiellement été consultés, indique-t-elle, sans toutefois préciser la nature exacte de ces renseignements ni le nombre de dossiers touchés. Elle n'indique pas non plus le moment où la consultation des dossiers visés a eu lieu.
Des mesures de cybersécurité supplémentaires sont désormais en place pour mieux protéger les systèmes et les données deC-Track, a affirmé l'entreprise.
Nos produits et services demeurent pleinement opérationnels et peuvent être utilisés en toute sécurité , a déclaré l'entreprise dans un communiqué transmis à CBC News.

Thomson Reuters Canada Limitée dit avoir détecté une activité non autorisée dans l'un de ses environnements infonuagiques le 30 juin. (Photo archives)
Photo : Shutterstock / wk1003mike
Un porte-parole de la société n'était toutefois pas disponible pour une entrevue. En plus du site Web, un centre d'appels a été mis en service pour répondre aux demandes de renseignements, et un service de surveillance du crédit est offert aux personnes touchées.
L'entreprise n'a pas fourni d'estimation du nombre d'Ontariens susceptibles d'avoir été affectés par cette cyberattaque.
La déclaration des juges en chef indique qu'il subsiste une incertitude quant au contenu exact des fichiers qui pourraient avoir été consultés.

Selon les juges en chef ontariens, l'étendue exacte des documents compromis demeure inconnue pour l'instant. (Photo archives)
Photo : Radio-Canada / Jason Viau
Toutefois, si des personnes ont été impliquées dans des procédures judiciaires ou ont pu être mentionnées dans des documents de la cour, il est possible que certains renseignements personnels les concernant aient été touchés par l'incident, indique le communiqué des trois juges.
Des tribunaux américains également touchés
Les trois tribunaux ontariens ne sont pas les seuls touchés par cet incident de cybersécurité. Les systèmes judiciaires utilisant C-Track en Alabama, en Pennsylvanie, au Kentucky, au Montana, au Nevada, dans le Dakota du Nord, en Caroline du Sud, au Tennessee, en Ohio, au New Hampshire et au Wyoming ont également été touchés, tout comme les Îles Vierges américaines.
Un site Web mis en place aux États-Unis pour les personnes touchées indique que certains des renseignements personnels ayant pu être consultés comprennent des numéros de permis de conduire, des numéros d'assurance sociale et des renseignements médicaux.
Une déclaration publiée par les autorités du New Hampshire indique que les dossiers touchés dans son système couvrent une période allant de 2002 à 2015.


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