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Des documents de la CIA contredisent Trump sur les élections vénézuéliennes

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Lors de son discours sur l’état de l’Union prononcé jeudi 16 juillet, le président américain Donald Trump a affirmé que des documents déclassifiés de la CIA (Agence centrale de renseignement) apportaient la preuve d’une prétendue fraude électorale par voie électronique au Venezuela sous les gouvernements d’Hugo Chávez et de Nicolás Maduro. Or, ces documents, déclassifiés par la Maison Blanche, contredisent cette accusation.

Trump a déclaré que son discours visait à renforcer la confiance des citoyens américains dans le système électoral de leur pays. Cependant, plusieurs médias américains ont estimé qu’il avait consacré une bonne partie de son discours à discréditer les élections américaines. De même, les affirmations de Trump concernant le système électoral vénézuélien étaient en contradiction avec le contenu des dossiers auxquels il faisait référence.

La note de la CIA, datée du 29 juin, reconnaît que « d’autres facteurs expliquent mieux les résultats électoraux » au Venezuela et que ses sources étaient limitées (capture d’écran)

Au cœur de cet ensemble de documents déclassifiés figure une note de la CIA datée du 29 juin 2026, qui analyse les informations recueillies pendant près de deux décennies concernant la capacité du gouvernement vénézuélien à s’ingérer dans les élections par le biais des machines à voter. Entre 2004 et 2020, ces rapports faisaient état de « préoccupations persistantes » concernant la manipulation des systèmes de vote électronique, sans qu’aucune vérification n’ait été effectuée, note le Washington Post.

Ce que le rapport reconnaît

Concernant ces soupçons, la CIA « n’a pas confirmé de manière définitive qu’une fraude électronique à grande échelle ait été menée à bien lors d’élections vénézuéliennes spécifiques », et son évaluation de base indiquait que « d’autres facteurs expliquaient mieux les résultats électoraux ». Le document attribuait toutefois aux responsables vénézuéliens « une certaine capacité à manipuler les systèmes de vote électronique », sans preuve que cette technologie — principalement mise au point par la société Smartmatic — ait été utilisée pour fausser une élection quelconque.

Le rapport ajoutait que les allégations concernant des techniques avancées provenaient de « sources limitées » et que les vulnérabilités détectées restaient théoriques.

La presse américaine dément le récit présidentiel ; le Washington Post qualifie d’« obsession » ce que Trump présente comme une fraude, et que sa propre CIA reconnaît ne pas avoir confirmé (capture d’écran)

La CIA s’est également penchée sur les élections en dehors du Venezuela et a écarté la possibilité que Caracas puisse s’ingérer dans des élections à l’étranger. « Ni Smartmatic ni le gouvernement vénézuélien n’avaient la capacité — c’est-à-dire le niveau de contrôle ou d’accès requis — de manipuler le résultat d’une élection en dehors du Venezuela », indique le document. Cela répond à une théorie selon laquelle le Venezuela aurait truqué les élections américaines, théorie que l’entourage de Trump ne cesse de répandre depuis qu’il a perdu sa candidature à la réélection face à Joe Biden en 2020.

Cette théorie a vu le jour au lendemain des élections américaines de 2020, lorsque les avocats Rudy Giuliani et Sidney Powell ont accusé les fabricants de machines à voter Dominion Voting Systems et Smartmatic d’être en réalité, en secret, des entreprises vénézuéliennes dont l’objectif était de manipuler les votes en faveur du commandant Chávez, affirmant que ces sociétés avaient favorisé la victoire de Joe Biden grâce à une programmation cachée. Le Washington Post a souligné que ni Trump ni ses alliés n’avaient à ce jour fourni de preuves d’une ingérence du Venezuela dans une élection américaine.

Cette absence de preuves a été constatée au sein même des services de renseignement américains. Un rapport de 2021 concluait qu’« aucune information ne suggère que le régime vénézuélien actuel ou les régimes précédents aient été impliqués dans des tentatives visant à compromettre l’infrastructure électorale américaine ». Ce rapport a été rédigé par John Ratcliffe, le directeur du renseignement national nommé par Donald Trump lui-même.

Trump contredit la CIA

Jeudi, Trump a réitéré sa théorie, pourtant démentie. Il a affirmé avoir publié « des documents montrant que la CIA avait obtenu des informations concernant un complot spécifique visant à manipuler les résultats » en faveur du gouvernement du président Nicolás Maduro. Il en a conclu que « c’est exactement ce qui s’est passé » lors des élections vénézuéliennes de 2020, affirmant que des méthodes avaient été mises au point pour altérer le décompte des voix sans laisser de traces. Le New York Times a qualifié ces affirmations de déformation des conclusions de sa propre agence de renseignement.

Alors que le document fait état de soupçons non confirmés, le discours de Trump proclame des certitudes. Là où la CIA écarte toute preuve, Trump prétend en détenir. Une accusation maintenue pendant six ans, réfutée par les documents censés la prouver, s’avère n’être que de la propagande.

Trump a appliqué cette même théorie à d’autres gouvernements. Dans ce même discours, il a qualifié la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord d’« adversaires » et leur a attribué la capacité de compromettre l’« infrastructure électorale » des États-Unis.

La réponse de la Russie fait écho à l’essence même de l’affaire vénézuélienne. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Trump s’appuyait sur « des informations anonymes et infondées » provenant des services de renseignement et que plusieurs enquêtes menées par les services de renseignement américains avaient conclu que la Russie « n’avait exercé aucune influence » sur les élections américaines. Il a souligné que Moscou n’intervenait jamais dans les affaires intérieures d’autres pays, un traitement qu’elle attend des autres nations.


Source : Telesur

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