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Des chercheurs sur le Covid-19 ont trouvé une équation pour prédire le risque de mourir de la maladie

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Des scientifiques ont défini de nouveaux marqueurs biologiques permettant d’établir un « nouveau score de gravité de la maladie », appelé « Corimuno-Score ».

Des chercheurs ont défini les marqueurs biologiques permettant de prédire la gravité du Covid-19, rapporte l’Inserm ce mercredi 28 janvier. (Photo d’illustration d’un tube contenant un test sanguin pour le Covid-19)

majorik0207 / Getty Images

Des chercheurs ont défini les marqueurs biologiques permettant de prédire la gravité du Covid-19, rapporte l’Inserm ce mercredi 28 janvier. (Photo d’illustration d’un tube contenant un test sanguin pour le Covid-19)

EN BREF Des scientifiques de l’Inserm et de l’Université Paris Cité ont développé le « Corimuno-Score », un outil prédictif de la mortalité à trois mois chez les patients atteints de Covid-19.
Trois marqueurs rénaux et inflammatoires ont été identifiés comme indicateurs clés.
Le rein est suggéré comme organe sentinelle pour de futures études sur le Covid-19 et au-delà.

La pandémie de coronavirus a débuté il y a six ans, mais bien des mystères entourent encore le virus du Sars-Cov-2. Il est notamment encore très difficile pour les professionnels de la santé de prédire l’évolution et la gravité du Covid-19, la maladie ne générant aucun symptôme chez certains patients, mais pouvant aussi en tuer d’autres.

Afin de permettre aux médecins de se concentrer sur les personnes ayant le plus de risque de mourir d’une infection au coronavirus, des scientifiques français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l’Université Paris Cité ont défini des indicateurs biologiques permettant de prédire la mortalité à trois mois chez les patients hospitalisés pour une pneumonie de Covid-19.

Leurs résultats, publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation Insights et résumés dans un communiqué mis en ligne par l’Inserm ce mercredi 28 janvier, établissent un « nouveau score de gravité de la maladie appelé Corimuno-Score ».

Trois marqueurs identifiés

Pour définir ce score, les chercheurs et chercheuses ont étudié l’évolution du coronavirus chez 196 patients hospitalisés atteints d’une pneumonie modérée à sévère, et ce pendant trois mois. « Des échantillons cliniques ont été récoltés et 41 médiateurs immunitaires et marqueurs de lésions rénales, endothéliales et vasculaires ont été mesurés dans le sang des patients dans les 48 heures suivant leur hospitalisation », explique l’équipe de scientifiques.

L’étude des échantillons et le suivi de ces patients ont permis de relever en particulier trois marqueurs rénaux et inflammatoires prédictifs du risque de mourir : deux marqueurs rénaux (KIM-1 ou kidney injury molecule-1 et LCN2 ou Lipocalin-2) et un marqueur anti-inflammatoire (l’interleukine 10).

Grâce à la concentration dans le sang de ces marqueurs, couplée à l’âge des personnes malades, les chercheurs ont pu « identifier les patients les plus exposés (2 à 3 fois plus susceptibles) à des complications mortelles », détaille l’Inserm. Et ils ont donc aussi profité de ces résultats solides pour créer le « Corimuno-Score ».

Le « Corimuno-Score » est considéré comme très fiable. Sa capacité de prédiction de la survenue d’une forme mortelle du virus « rivalise avec ou surpasse la plupart des tests de laboratoire et des prédicteurs existants basés sur des données cliniques ou d’imagerie », soulignent les chercheurs. Pierre-Louis Tharaux, directeur de recherche à l’Inserm et auteur de cette étude, insiste aussi sur le fait que jusqu’à présent très peu d’études permettaient de « prédire la mortalité ou même le risque de transfert en soins intensifs ».

Le rein, un organe sentinelle

Les travaux suggèrent également que le rein est un organe sentinelle qui devrait faire l’objet de davantage d’attention dans de futures études, « au-delà du coronavirus ».

« Tous les patients qui décèdent du Covid-19 ne présentent pas de lésions rénales, mais c’est le cas de la majorité d’entre eux », explique à cet égard Pierre-Louis Tharaux, précisant toutefois qu’« il est toutefois impossible de dire si ces lésions sont la cause ou la conséquence de la détérioration de l’état de santé des patients ».

En plus d’avoir permis la mise au point d’un outil extrêmement utile au corps médical, cette étude, via la découverte de nouveaux marqueurs, ouvre également la voie à une meilleure compréhension de la progression de maladies infectieuses graves, comme la grippe.

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